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Ecologie et capitalisme : la réponse est non, incompatible !

Fête de Garavet

La fête champêtre de Garavet-Allassac garde son esprit authentique. Les berges de la Vézère ont accueilli sympathisants et militants communistes autour d’une tablée chantante qui conserve l’art du débat où la question de la compatibilité entre écologie et capitalisme était posée.

Ils sont tous bien conscients ces militants PCF venus partager un repas et des idées le temps d’un dimanche. Conscients que les enjeux de proximité sont directement liés aux enjeux nationaux voire au-delà. Conscients que les valeurs défendues par le PCF comme ses conquêtes sociales sont niées tant dans les programmes scolaires que dans les médias. «J’ai vu un reportage sur France 2 à propos de la Libération de Paris. Et bien, on fait le tour de force de parler de la Libération de Paris sans les résistants et sans Rol-Tanguy !» mentionne Bernard Grandjean, militant PCF à Brive, au cours de sa prise de parole dans laquelle il aura pris soin de répondre à la question de la compatibilité entre écologie et capitalisme.Thème du débat «Une question à la fois incongrue et inconcevable. Jamais le capitalisme ne pourra faire d’écologie. C’est incompatible ! Il s’agit de gagner du fric alors on peut sacrifier les vies des hommes et des femmes. Ça s’est fait et ça continue !». Une réponse nette, claire et précise parmi un vaste argumentaire où le militant observe « Tous les jours on nous raconte les «exploits» de Macron. J’ai même entendu V. Pécresse déclarer à Brive que Macron était extrêmement dangereux car il était véritablement un président de gauche ! Certains travailleurs finissent par le croire. Ça les intéresse de dire ça car elle apparaît comme un recours contre Macron et l’extrême droite».

Laurent Duplessis, de la section PCF d’Allassac-Donzenacavait auparavant balayé large pour présenter à la fois les problématiques des territoires et celles plus nationales en concluant que la «surexploitation des sols et sous-sols avec l’agriculture intensive [étaient] responsables des catastrophes climatiques actuelles et permettent d’affirmer aujourd’hui que capitalisme est incompatible avec l’écologie».

L’EAU, UN ENJEU MAJEUR

La question de l’eau a évidemment ressurgi chez beaucoup d’intervenants. Un habitant de Gimel-les-Cascades témoigne de ses craintes de voir sa gestion échapper à la régie de sa commune. «La SAUR et compagnie sont prêts à nous récupérer. On a encore une maison à Saint-Viance. Lorsqu’on y vient, on descend notre eau de Gimel car on sait ce qu’on boit. À Gimel, c’est de l’eau de source. À Saint- Viance, l’eau est imbuvable. Merci La SAUR ! Et le prix. Nous vivons à l’année à Gimel. On consomme
donc très peu à Saint-Viance. Et bien l’abonnement seul nous coûte plus cher à Saint-Viance qu’à Gimel, l’abonnement et la consommation, sur l’année. Merci la SAUR !» répète-t-il. Un retour d’expérience personnelle qui soulève des questions d’intérêt général et de santé publique. Laurent Duplessis de rappeler le rôle majeur des barrages de Corrèze pour éviter la sécheresse sur le secteur d’Argentat et interpelle sur la dangereuse ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques. Chacun de convenir qu’un rassemblement de la Gauche est nécessaire pour exercer une force d’opposition notoire face au libéralisme.
Nonobstant les embrouillaminis entre les uns et les autres. Le risque étant que la bataille s’opère uniquement entre libéraux.

Martine Contie, élue à Brive, invite à penser que l’idée de rassemblement peut s’opérer autour de projets. L’eau peut justement en être un, à porter aux prochaines municipales. «Actuellement c’est la SAUR qui s’occupe de l’eau à Brive. Le contrat arrive à échéance. Le groupe communiste pense que la gestion de l’eau en régie est un projet que l’on doit porter très fortement» illustre-t-elle.

En amont, elle a abordé la mobilité en annonçant la vente de la ligne POLT à l’Allemagne. «Ça a été acté puisqu’on a vu passer des documents. C’est donc l’Allemagne qui va exploiter cette ligne en 2021. C’est vraiment problématique. On est en train de mettre en place une expérience qui a été catastrophique en Angleterre qui, actuellement, renationalise ses lignes. On ne tire aucune leçon de ce qui se passe dans les autres pays» observe Martine Contie qui poursuit en relatant les futurs licenciements prévus à la SNCF «Dans les gares, il y a d’énormes problèmes du fait d’un manque de personnel très important. En 2025, la majorité des agents qui travaillent en gare ne savent pas où ils vont atterrir. Le train est plus écologique que la voiture ou les cars. Ces cars Macron largement subventionnés. Mais là où les subventions ne tombent plus, on les supprime. Le Limousin risque de se retrouver fortement desservi» informe-t-elle.

Pour autant, Martine Contie et Laurent Duplessis d’encourager à continuer «à se battre pour faire avancer les choses». Les batailles syndicales gagnées dernièrement sont la preuve que l’opposition doit demeurer. «Au CH de Brive, les grévistes ont obtenus le recrutement de 20 agents même s’il manque 60 personnes en réalité».

Sabine Parisot