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Les salariés de Blocfer en grève

Social

Cela n’était pas arrivé depuis des décennies... Les salariés de l’entreprise Blocfer à Argentat se sont mis en grève reconductible ce mardi, après l’échec des Négociations annuelles obligatoires (NAO).
Le mouvement est d’ampleur et très bien suivi. Il a commencé par un débrayage lundi matin, «pendant cinq heures pour la partie production et pendant deux heures et demi pour le service administratif», précise Yannick Mielvaque délégué CGT. «Car nos revendications concernent l’ensemble du personnel».
Les employés demandent une augmentation de salaire de 60 euros brut par mois, trois jours de plus sur le compteur épargne temps, la prime du samedi en équivalent de nuit, le respect du protocole des 35 heures et une meilleure organisation de l’atelier avec moins d’intérimaires.
Les salariés ont revu leurs exigences à la baisse après deux premières réunions avec la direction. Au départ, ils demandaient une hausse de 150 euros brut. De son côté, l’entreprise offre une augmentation de 0,7% et «les samedis travaillés payés en heures supplémentaires le mois en cours au bout du troisième samedi». La troisième entrevue n’a pas abouti non plus à un accord.
A la suite du débrayage, «la direction a proposé de reprendre les négociations si on cessait le mouvement. Elles se dérouleraient ce jeudi lors d’une réunion avec le directeur industriel et le directeur des ressources humaines du groupe sur le site. Nous, on souhaite négocier tout en restant mobilisés», explique le délégué CGT. La grève a donc succédé au débrayage avec un rassemblement devant le site. Du jamais vu à l’entrée de la ville depuis très longtemps.
Les salariés de Blocfer estiment que leurs efforts n’ont pas été récompensés. En 2015, ils ont renoncé aux NAO et l’année dernière ils ont obtenu 10 euros brut en plus à la fin du mois. «Depuis début janvier on est à huit heures par semaine alors que l’on devrait être à sept. Le protocole n’est pas respecté», souligne Daniel Dayre, le délégué FO. Les ouvriers sont toujours prêts «à revenir les week-ends, faire des heures supplémentaires». En échange, ils attendent des encouragements.
Filiale du groupe Deya basé à Niort, Blocfer est spécialisé dans le bloc porte bois technique. Le site d’Argentat compte 197 personnes. «Nous avons du travail mais notre usine perd de l’argent comme d’autres sites du groupe. Le matériel a vingt ans d’âge, on ne voit plus venir d'investissements», indiquent les délégués syndicaux qui «se posent des questions». «Nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir. Cela reste vague».  La grève se poursuit aujourd’hui. Ce matin, la direction reçoit les syndicalistes.

Karène Bellina