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L'humanitaire dépasse l'intention d'aider

Débat

«Je veux faire de l’humanitaire». Cette phrase, Michel Dias, professeur de philosophie au lycée collège Eugène-Jamot d’Aubusson, l’a souvent entendue de la bouche de ses élèves. Mais que représente l’humanitaire ? Y a-t-il une disposition humanitaire en l’homme ? Quelles sont les raisons qui motivent l’homme à s’inscrire dans cette voie ? Les réponses, qui peuvent paraître évidentes, sont plus complexes. «C’est un sujet à polémique» rappelle même Michel Dias. Le professeur de philosophie ainsi que trois scientifiques plus ou moins liés au secteur et les classes de 1ère et de terminale littéraire du lycée d’Aubusson ont  échangé, débattu sur le sujet .
«Qui s’intéresse au bien de l’humanité, qui cherche à améliorer la condition de l’homme». Cette définition du mot «humanitaire», tirée du dictionnaire, a été la base d’une réflexion plus poussée, notamment par Michel Dias. L’homme a tenu à la préciser : «L’humanitaire a un caractère indéterminé: on ne sait pas qui va bénéficier de notre aide, de notre secours. Il y a quelque chose d’abstrait. On veut favoriser l’homme, l’humain mais on ne sait pas qui». Ce n’est pas tout : «L’humanitaire est un engagement qui se veut désintéressé : on ne cherche pas à en tirer du profit et on renonce à mener une vie qui correspond souvent au bonheur dans nos sociétés, une vie faite de confort, de liens familiaux... Derrière l’humanitaire, il y a l’idée de sacrifice». Enfin, quand on s’engage dans cette voie, «on aide des gens dont la souffrance ne touche pas nos intérêts à nous», expose-t-il. L’action humanitaire peut prendre plusieurs formes : celle d’un engagement reconnu ou non, ponctuel ou durable, physique (être sur le terrain) ou matériel (don d’argent, de vivres, de vêtements...). L’ensemble doit servir à secourir des gens sans distinction de sexe, d’origine...
Alain Buguet, ancien médecin militaire, avance dès lors l’idée selon laquelle les Etats auraient mené en Afrique, du temps de la colonisation notamment, des missions à vertu humanitaire. Une réaction qui fait bondir plusieurs élèves comme Clémentine : «Derrière l’action des Etats, il y a une volonté d’avoir du pouvoir !». Laure va plus loin : «Lors du conflit rwandais, où étaient les Etats ?». Cela pose la question de la motivation de l’homme.
Avant le débat, les élèves ont reçu une liste de textes de divers auteurs. Chacun devait choisir un écrit expliquant selon lui la racine en l’homme de ce mouvement vers l’autre. L’éclaircie est souvent venue des philosophes des lumières. Marie trouve la réponse dans le texte de Jean-Jacques Rousseau, «Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes». Michel Dias explique : «Pour Rousseau, l’altruisme repose sur un sentiment de pitié ou de commisération». Une approche contestée par Charlotte : «La pitié, c’est quand on a peur que ça nous arrive à nous. Ça n’a rien à voir avec de l’humanitaire». Michel Dias suit ce sens : «Je ne pense pas que la pitié puisse être l’aspiration à travailler dans l’humanitaire. Car la pitié suppose le spectacle de la souffrance. Or, les jeunes qui aident ne sont pas dans cela». Autre argument du professeur : «Quand on porte secours parce qu’on a pitié, on se fait du bien à soi. La pitié n’est pas désintéressée».
D’autres élèves optent plutôt pour la pensée de Montesquieu avec cette phrase célèbre : «je suis nécessairement homme, et je ne suis Français que par hasard». Dès lors, «dans tous les choix, je pense à l’homme avant tout. Si, par exemple, la France faisait passer quelque chose avant l’homme, je refuserais» éclaire Michel Dias.
Ces deux exemples montrent à quel point la question de l’humanitaire et de ce qui l’entoure est compliquée à cerner. S’y inscrire n’est pas beaucoup plus simple pour certains. Car vouloir faire n’est pas suffisant. Il faut aussi pouvoir faire, explique Marc Gentilini, ancien président de la Croix-Rouge :  «L’humanitaire utile, ce sont des compétences, pas seulement de la volonté». A l’image d’Eugène Jamot.
Ce débat s’est déroulé dans le cadre de «Tropiques en marche», événement qui s’intéresse notamment à la recherche scientifique et aux maladies, domaine de prédilection d’Eugène Jamot. Celui-ci a donné plusieurs années de sa vie pour lutter contre la maladie du sommeil et aider les peuples d’Afrique, alors décimés. La Creuse lui rend régulièrement hommage. Pour autant, l’action du docteur était-elle humanitaire ? La plaque commémorative de l’homme, inaugurée mardi à Aubusson, rend hommage à un «précurseur de l’action humanitaire». Reprenant la définition du professeur, une élève acquiesce: «Il faisait passer l’homme avant la recherche». Une autre est plus mesurée : «Il n’est pas forcément précurseur car ce n’était pas le premier homme à agir ainsi». Au final, «il a peut-être créé une façon de faire de l’humanitaire», reprend une autre. Si bien que l’œuvre est aujourd’hui davantage (re)connue que la manière.

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