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Continuer à faire exister "Jean-Seb"

Société

«C’est comme s’il n’existait pas». Ces mots ont été prononcés à plusieurs reprise par Stéphane Maës-Combe, mari de Jean-Sébastien Combe-Maës, directeur général des services de Creuse Grand Sud qui a mis fin à ses jours en juillet dernier. Un drame survenu après une descente aux enfers qu’il a retranscrit dans un livre (1) et dont nous parle avec sincérité son mari.
Jean-Sébastien Combe-Maës était un «homme brillant», avoue Stéphane Maës-Combe. Pas seulement parce que c’était son mari. Ils se rencontrent en 2010. Jean-Sébastien est alors directeur général des services (DGS) de la commune de Felletin sous les ordres de la sénatrice Renée Nicoux. Sa carrière se poursuit au sein de la communauté de communes Creuse Grand Sud présidée alors par Michel Moine. Il prend aussi la direction générale de la ville d’Aubusson. Tout se passe bien la première année mais les choses se compliquent en septembre 2014 après un conseil communautaire houleux (2). La situation financière est critique, la pression monte. Et voilà que la descente aux enfers commence. Petit à petit. Avec des signes auxquels l’entourage ne prête pas forcément attention en tout cas au début. «Il mangeait beaucoup de façon boulimique, se remémore Stéphane Maës-Combe. Une conseillère municipale lui rapportait dernièrement que lors des dernières élections, il ne passait plus de table en table mais mangeait des gâteaux. «Il passait son temps à dormir, dès qu’il voyait son téléphone sonner et que c’était Michel Moine, il commençait à trembler. Les soirs il se mettait à pleurer», poursuit-il. Pas tout le temps mais de plus en plus régulièrement. «Il était fragile parce que Michel Moine l’avait détruit», avoue Stéphane Maës-Combe se rappelant qu’à ses débuts «Jean-Séb» comme il l’appelle tendrement répondait arguments à l’appui à  Renée Nicoux alors sénatrice. Puis vient l’injonction au printemps 2016 de ne pas répondre aux sollicitations de la Chambre régionale des comptes. Une situation difficile pour le fonctionnaire pris dans l’étau entre sa haute idée de l’administration et le fait de savoir que la com-com allait dans le mur. «Une pression que Jean-Seb n’est pas le seul à avoir eue», précise son mari. C’est écrit dans l’enquête administrative interne réalisée et qu’a signée en janvier 2017 le nouveau président Jean-Luc Léger, une enquête que l’on a pu se procurer. Le 20 juin 2016, Jean-Sébastien est à bout et tente de se suicider. Un choc. Il envoie un mail à une partie de son carnet d’adresse. Certains expliquent que c’est dû à un problème de couple. Mais pourquoi l’envoyer à son carnet d’adresses ? «On peut se douter qu’il y a un lien», note Stéphane Maës-Combe. Personne ne va réagir. Michel Moine sera entendu tout comme Stéphane Maës-Combe qui parle déjà de harcèlement mais il ne porte pas plainte, «Jean-Seb n’était pas prêt». Va s’en suivre 15 jours en soins intensifs puis une hospitalisation à Viersat. En septembre 2016 éclatent les difficultés financières de la com-com et cette ligne de trésorerie signée en août 2015 alors que personne n’aurait été présent, Jean Sébastien repart à Viersat de lui-même pour trois mois d’hospitalisation où il entame un travail de thérapie et son livre, «un exercice thérapeutique». «A sa sortie, il voulait tourner la page», note son mari. Son esprit est plus combatif, il avait constitué un dossier sur cette ligne de trésorerie qu’il a faite mais «à la demande de Moine», assure son mari. En novembre après le changement d’exécutif, il demande à la collectivité de saisir la commission de réforme (3) pour reconnaître sa tentative de suicide comme imputable au service. Une saisine qui ne sera jamais effectuée. C’est lui-même qui est obligé de la faire en janvier 2017. Cette commission émet un avis favorable en mai 2017 mais la com-com et le nouvel exécutif ne prend pas l’arrêté. Aux courriers envoyés, aux mails, «nous n’avons jamais eu de réponses, affirme son mari. Ce qu’il considère comme réponse, c’est peut-être les arrêtés de retrait d’indemnités», s’énerve Stéphane Maës-Combe pour qui cela a conduit son mari à ce geste fatal. Lui-même l’a écrit dans ses deux lettres d’adieux, celle adressée à son carnet d’adresses, l’autre destinée à Stéphane.  Cet arrêté, Jean-Luc Léger l’a signé le 28 juillet. Il l’a reçu le 25 août dernier. «C’est un peu facile de le prendre aussi tardivement. C’est une ultime lâcheté, lâche écœuré Stéphane Maës-Combe. On savait tous qu’il était mort. Pour nous la famille, il y a deux responsables Michel Moine qui a fragilisé Jean-Seb et Jean-Luc Léger. Il avait juste à lui prendre la main, au contraire, il a achevé à coups de pied. Ils (Léger et Eve Ménager, directrice générale des services par intérim, ndlr) lui ont ôté tout espoir. Jean-Seb voulait tourner la page mais ne pouvait pas le faire tant que l’administration ne l’avait pas reconnu comme victime».  Pendant un an, Jean-Sébastien s’est tu, n’a pas répondu aux accusations. «Nous n’avions pas les mêmes armes. C’était très difficile. Nous sommes devenus des parias, les collègues n’appellent plus, tournent la tête dans Aubusson. C’est très violent.  ça faisait comme s’il n’existait pas, comme s’il était déjà mort», confie ému Stéphane Maës-Combe.
Aujourd’hui, c’est aussi face à un silence assourdissant que se trouve Stéphane Maës-Combe et toute sa famille. Il a écrit à 120 élus, une poignée seulement ont répondu, quelques-uns étaient à la marche blanche. La com-com, son employeur, n’a pas envoyé de carte de condoléances. Il le reconnaît ça l’aurait certainement énervé de la recevoir mais ça aurait été symbolique. Stéphane Combe-Maës ne laissera pas les choses là. «C’est une question d’honneur», confie-t-il. Le soir, ils se retrouvaient en famille avec leurs enfants pour raconter leur journée, aujourd’hui, Jean-Sébastien n’est plus là pour le partager avec eux... «ils nous ont tout arraché, ce n’est pas qu’un numéro de dossier», souffle Stéphane.  
Outre le dossier sur la ligne de trésorerie qu’avait établi Jean-Sébastien Combe-Maës et qu’ils vont diffuser dans les semaines à venir, des plaintes vont être déposées pour harcèlement moral et homicide involontaire à l’encontre de Michel Moine, Jean-Luc Léger et Eve Ménager et pour non assistance à personne en danger contre ces deux dernières personnes. Sur le plan administratif, Stéphane Maës Combe a enclenché les démarches pour reconnaître le suicide de Jean-Sébastien comme imputable au service. Sur le plan moral, «nous n’acceptons pas de voir les élus continuer à parader, ce n’est pas juste», avoue Stéphane. D’où l’appel de la famille pour que Michel Moine et Jean-Luc Léger démissionnent. En parallèle jeudi matin lors d’une rencontre avec le préfet que Stéphane a remercié pour ses réponses régulières aux demandes de Jean-Sébastien, il lui a transmis une lettre à l’attention de Monsieur le Président de la République demandant la révocation de Messieurs Moine et Léger.
Sur tous ces points, «la famille fera preuve d’une détermination sans faille», assure Stéphane Maës-Combe.  
(1) Le livre s’intitule «Ce baron qui m’a tué» publié sous le nom de Nicolas Decouze.
2) Le conseil communautaire de ce 30 septem-bre 2014 abordait le lissage des taux d’imposition non validé pas les services de l’Etat. Les élus du Plateau s’étaient sentis «trahis» et la séance avait dû être interrompue.
(3) La commission de réforme est une  instance  départementale, tripartite, consultative qui  se  prononce concernant uniquement les agents   CNRACL (titulaires et stagiaires) et principalement en lien avec le risque professionnel (accident de service, de trajet, maladie professionnelle).    Elle est composée de deux médecins généralistes auxquels peut être adjoint un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ;  deux représentants de l'administration; deux représentants du personnel.

"C'était dur de prendre une décision"

Me Philippe Lefaure, avocat de la communauté de communes Creuse Grand Sud s’est exprimé sur la mort de Jean-Sébastien Combe-Maës et les poursuites que la famille compte bien engager contre le président de la com-com et sa directrice générale des services par intérim.
La famille reproche à Jean-Luc Léger, président de la com-com de ne pas avoir reconnu la tentative de suicide de Jean-Sébastien Combe-Maës comme imputable au service. Longuement, Me Lefaure a indiqué qu’une décision comme celle-ci ne se prenait pas à la légère. «C’était une décision lourde de conséquence pour tout le monde avec des aspects économiques, sociaux, juridiques...», admet l’avocat évoquant deux «énormes difficultés» pour prendre cette décision selon lui. La première, lors du message de Jean-Sébastien Combe-Maës avant sa tentative de suicide, il n’impute pas son geste au service, «il ne parle pas des conditions de travail. On s’est dit qu’il en aurait bien parlé», note-t-il. «La deuxième difficulté, poursuit-il, c’est qu’il y a deux expertises psychiatriques, la première dit que celle-ci est non imputable au service. La commission de réforme nomme un nouvel expert qui dit imputabilité. Que faut-il faire ? Ce n’est pas évident. La commission de réforme n’a qu’un avis consultatif. On savait que ça pouvait avoir des conséquences». Me Lefaure note aussi qu’il a fallu qu’il rencontre Jean-Luc Léger à plusieurs reprises après l’avis de la commission, que chacun partage son opinion et l’idée d’un troisième expert avait été soulevée. «Cela prend du temps», avoue-t-il.
Pour Me Lefaure, Jean-Luc Léger n’a pris l’ampleur de la chose qu’à la lecture du dernier message de Jean-Sébastien et à la lecture de son livre. «Il n’avait pas conscience de tout cela, admet-il. Cela rejoignait l'avis du 2e expert». Pourtant Jean-Luc Léger a signé l'enquête administrative interne faisant état notamment de pression sur Jean-Sébastien Combe-Maës et ses collègues sur la non communication à la Chambre régionale des comptes. «Il n’avait pas le sentiment d’une telle pression», rapporte l’avocat de la collectivité. S’il peut comprendre la réaction de la famille, «pour lui, il y a des délais dans l'administration. On voulait une décision très réfléchie». Il ajoute que l’enquête pénale sur le faux en écriture même s’il reconnaît que cela n’a aucun lien aurait peut-être permis d’avoir des éléments supplémentaires pour prendre une décision. «On n’a pas gardé le silence volontairement. A la lecture du livre, Jean-Luc Léger pensait que cela aurait pu être salvateur. C’était dur de prendre une décision».  
Pour Me Lefaure, des échanges de mails ont eu lieu, reste qu’après l’avis de la commission de réforme et concernant la question de l’imputabilité ou non au service de sa tentative de suicide, la com-com n’a pas répondu. «Il y a le droit et le reste. Ce n’était pas pour le blesser. On ne pensait pas qu’il allait en arriver là.», indique l’avocat.  
Au décès de Jean-Sébastien Combe-Maës, la com-com n’a pas envoyé de carte de condoléances, peu d’élus ont assisté à la marche blanche, «c’est dans une volonté de retenue», confie-t-il.
Un expert va être saisie
Sur les poursuites que va engager la famille, l’avocat note que sur le plan administratif, la collectivité va saisir un expert pour établir un rapport. Quelque soit l’avis de la commission, il pense que la com-com s’alignera sur la décision de la commission de réforme. «On ne peut pas tergiverser», avoue Me Lefaure.
Sur le plan pénal, il n’est pas «inquiet. Jean-Luc Léger n’est que le président, il ne peut être attaqué personnellement». Quant à l’appel à sa démission, «Jean-Luc continuera, il est courageux», affirme Me Lefaure. Quant à la demande de révocation, l’avocat précise qu’il y a peu de chance que cela aboutisse.
 

Commentaires

Je viens de lire, l'article de votre journaliste et donc l'interview de Stéphane Maes-Combe.Je peux vous dire que je suis très attristé et egalement très en colère aussi !
Alors,oui il faut absolument que la vérité éclate au grand jour oui au très grand jour !!!
A la fin de l'interview, il y a cette phrase " la famille fera preuve d'une détermination sans faille " assure Stéphane Maes-Combe . Oui,vous avez totalement raison !!!

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