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Un pas vers la restructuration

Santé

Le centre hospitalier d’Aubusson est un établissement important dans l’offre de soins du sud creusois. Mais les interrogations sont nombreuses. Lundi, le conseil municipal faisaient part de ses inquiétudes (voir notre édition d’hier). Mardi, la directrice de l’hôpital Françoise Dupecher a présenté ses vœux au personnel. L’occasion d’en savoir un peu plus sur la santé de l’établissement.
Françoise Dupecher a notamment évoqué la situation financière, «le nerf de la guerre», comme elle l’a  rappelé. Si elle n’a pas donné de chiffre précis, l’établissement «a mis fin à la spirale du déficit qui s’accroissait. On n’a pas résorbé  le déficit mais la situation a cessé de se dégrader», résume-t-elle. Une situation financière liée à l’activité des services. Côté médecine, l’activité a baissé. «C’est préoccupant», confie-t-elle. Une réunion de travail a été fixée notamment pour parler du codage des actes. Autre difficulté les EHPAD.
Côté consultations, elle note une stabilité de l’activité à l’exception de l'ophtalmologie qui connaît une hausse «tout à fait bénéfique» avec l’intervention en plus du docteur Benayoun, d’une orthoptiste  et l’arrivée depuis novembre d’un nouveau docteur, le Dr Vergne, trois jours par mois et qui traite notamment la DMLA. Au niveau cardiologie, elle indique que malgré le départ du docteur Teyssonneyre au printemps, les consultations se poursuivront en lien avec le centre hospitalier d’Ussel. Si aucun dermatologue n’a été trouvé, un praticien de Guéret devrait proposer de l’acupuncture. Une expérimentation va être lancée sur six mois.
Pour les urgences, pas de soucis particulier. La directrice évoque même une légère augmentation des passages, 17 par jour contre 16,6 l’an dernier.  Une bonne nouvelle. La fermeture la nuit n’est pas prévue. «Il n’y aucune  inquiétude pour les urgences, assure-t-elle. Les gens aiment se faire peur».
Côté personnel, si elle les a remerciés pour leur investissement que ce soient les personnels médicaux, non médicaux, les services techniques et administratifs, elle a noté un taux d’absentéisme encore fort. «J’envisage d’accorder un entretien systématique à chaque agent qui rentrera d’un arrêt maladie supérieur à 5 jours. Cela nous permettra à la fois de redoubler d’attention pour chaque situation individuelle mais aussi d'apporter le plus rapidement possible une réponse adaptée à chaque situation. Il y a des efforts à faire dans ce domaine», précise Françoise Dupecher qui «tient beaucoup à ce dossier, c’est indispensable. Nous sommes tous gagnants».  A noter que deux expertises sur les conditions de travail vont être lancées, l’audit demandé et obtenu (après passage au tribunal, ndlr) par le CHSCT financé par l’établissement et le diagnostic «qualité de vie au travail» entièrement financé par l’ANFH.
Après le bilan qui permet pour la directrice de regarder un peu plus loin devant et même d’envisager  «un contrat de retour à l’équilibre financier avec l’Agence régionale de santé (ARS)», annonce Valérie Godard, délégué départementale de l’ARS, place à 2018.
Un manque
de transparence ?
2018 qui devrait voir se mettre en œuvre le projet de restructuration du centre hospitalier, un projet qui est dans les tuyaux depuis bien longtemps. L’idée est, pour Françoise Dupecher, d’inclure dans la construction du nouvel EHPAD, le relogement des services de la Croix-Blanche sur le site du Mont. Le tout sur un seul site ? C’était ce qui était prévu avant. Mais si les services de la Croix-Blanche, urgences, radiologie et médecine, monteraient sur le site du Mont, la construction de l’EHPAD pourrait s’envisager soit à l’est du bâtiment actuel sur des terrains appartenant à l'hôpital soit à Saint-Jean où la surface est conséquente ce qui permettrait de conserver le château tout en l’agrandissant.  Une nouveauté, «ce n’était pas du tout prévu, mais on ne s’est pas interdit toute nouvelle possibilité. Il est bien situé en centre-ville», indique la directrice. Cette hypothèse est une découverte pour le conseil de surveillance et son président Michel Moine qui dans son discours pointera du doigt, le fait qu’il ne puisse en dire plus.  «Je ne pense pas être le seul à constater l’opacité qui entoure ce dossier», ajoute-t-il lui semblant «qu’il y ait une volonté réelle de tenir les élus à l’écart» tant sur le plan local que régional. Il évoque ici le plan Santé + 23  lancé par l’ARS*. «Je ne pouvais rencontrer tous les élus»,  stipule la déléguée départementale de l’ARS. «Je suis président du conseil de surveillance», rappelle Michel Moine. La décision quant au nouvel EHPAD devrait être prise prochainement notamment en fonction de l’étude comparative du coût.
Dans ce projet de restructuration, le bloc opératoire n’a pas du tout été abordé. Pour la directrice, c’est normal, il n’en fait pas partie vu le coût que cela représente en fonction du nombre d’interventions. «Il n’y a pas de bloc neuf dans le projet de reconstruction», affirme-t-elle précisant que celui-ci fonctionnera le temps des travaux.
Ce n’est pas du tout comme cela que le conçoit Michel Moine qui, dans le cadre du plan de revitalisation pour la Creuse, a demandé à ce que ce bloc opératoire fasse partie du projet, «c’est absolument nécessaire si nous voulons continuer à proposer des actes de chirurgie digestive ou ophtalmique. Ces prestations rencontrent une forte demande d’une population vieillissante. Ne plus le faire demain, ce serait un recul à la fois médical, mais aussi d’égalité républicaine, pour une population rurale qui, me semble-t-il est en droit de la revendiquer pour les citoyens et les territoires. Si le Président de la République souhaite sincèrement aider la Creuse en général, et le sud en particulier, c’est bien là une mesure qui contribuera à le faire», précise le maire.
La communauté médicale et les élus s’étaient déjà mobilisés, les débats sont loin d’être clos.

*Dans le cadre du Plan Santé + 23,  l’établissement va accueillir deux animateurs de santé publique.

Deux médecins ont été dernièrement licenciés, la directrice n’a pas voulu épiloguer précisant qu’ «au cours de l’année 2016 avec une présence de 120 %, 46 interventions chirurgicales ont été effectuées. C’est dommage».

Boycott de la CGT

Pas question pour le syndicat CGT du centre hospitalier d’Aubusson d’assister à cette cérémonie des vœux, «elle nous parle mal, il y a d’énormes pressions sur les agents», constate une représentante du personnel.
Sur l’annonce d’un plan de suivi particulier et individualisé que la directrice veut mettre en place, la CGT reste très dubitative. «Elle conteste tous les arrêts de travail, les accidents de travail», note le syndicat, pour qui, «ce n’est pas à elle de le faire, elle n’est pas médecin.  Avec un psychologue, un médecin, oui mais avec elle, non, elle n’a aucune légitimité».
Sur le projet de restructuration,  les représentants du personnel étaient au courant d’une étude comparative menée sur les possibilités de construction du nouvel EPHAD. Quant à la fermeture  du bloc opératoire, «c’est dommage de fermer un truc qui marche. Où est la logique ?»

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