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Fidèles au poste, comme en 68

Gilets jaunes

Le rond-point n’est pas encore matérialisé, mais qu’importe : c’est sur un carrefour stratégique du sud de la Creuse que se réunissent chaque samedi les gilets jaunes qui habitent dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres autour d’Aubusson. à La Seiglière, ceux qui se font appeler «les gaulois en colère» ont réuni un collectif d’une soixantaine de personnes régulières...
«La semaine dernière, on est montés jusqu’à 82», annonce Philippe, cahier de «comptes» à la main. Car s’ils n’ont pas perdu de temps à construire une cabane au milieu du terre-plein de La Seiglière, ils ont tout de même mis en place pas mal de choses, à commencer par une structuration bien définie. Derrière le côté convivial et bon enfant, où l’on partage une tasse de café et une viennoiserie dès les premières heures, un repas à l’occasion, un réveillon pour le Nouvel An et surtout des idées à toutes heures, se cache une organisation précise.
Philippe tient un cahier qu’il fait signer à chaque gilet jaune qui vient passer un moment sur le terre-plein, comme Michel, «toujours fidèle au poste, comme en 68». Une façon de savoir précisément combien ils sont, chaque samedi et certains autres jours, notamment au début. Un cahier de présence où chacun est libre de mettre un commentaire, ou de simplement signer les revendications communes établies ensemble et qui occupent les trois premières pages.
Trois pages de doléances, relativement raisonnables cela dit. En première ligne, la baisse des taxes sur les carburants, avec «le gazole à 1,05 euro maximum, le sans plomb à 1,10 euro». Pourquoi pas moins ? «Il ne faut pas exagérer quand même, faut être réaliste», explique Philippe. Pour compenser la «taxe carbone», ils conseillent  plutôt d’aller la chercher sur le trafic de containers, aériens et maritimes, international. Cela favoriserait en outre le développement des circuits courts.
Entre l’absence de TVA sur les produits de première nécessité, le retrait de la CSG sur les retraites pour les foyers fiscaux à moins de 3.200 euros, le SMIC à 1.600 euros, l’égalité homme-femme et une meilleure reconnaissance des salariés en situation de handicap, la revalorisation des bas et moyens salaires avec un plafond à 4.000 euros mensuels maximum, et les retraites indexées sur la valeur du SMIC, les Gaulois en colère sont clairement pour une justice fiscale et sociale.
Avec en contrepartie la restauration de l’ISF, la baisse des salaires et des frais de fonctionnements de l’ensemble des élus, la baisse des charge de 25% pour les entreprises de moins de 20 salariés, une imposition équitable des grands groupes, la simplification des normes pour les petites entreprises et les petits commerces afin de dynamiser les créations d’entreprises par l’obtention des aides appropriées, leurs propositions rééquilibrent même le budget de l’état pour que personne n’en souffre...
Au-delà de la justice sociale, c’est la justice territoriale qui tient à cœur aux gilets jaunes du sud creusois. La perte de pouvoir par les municipalités au profit des communautés de communes, ils ont vu le résultat, et n’en veulent plus. Alors ils réclament l’arrêt de la centralisation dans les métropoles et de «la dictature technocratique». Et la restauration des provinces avec des «services publics de qualité et de proximité», en terme de santé et de transport notamment.
Pour cela, il faut commencer par arrêter les décisions prises loin du peuple. «On demande l’arrêt des réformes sans consultations du peuple, et la mise en place du RIC (Référendum d’initiatives citoyenne) et de ses quatre modules», assure Philippe. Et si possible, le RIC tel que l’a imaginé Etienne Chouard, précise Jean-Louis. La reconnaissance du vote blanc avec obligation de voter fait aussi partie de leurs revendications.  
Pour la semaine prochaine, les Gaulois en colère de La Seiglière ne savent pas encore ce qu’ils feront. «On a été contacté par Ussel pour les rejoindre», annonce Gérard. Mais ils savent également que d’autres collectifs de Creuse appellent à un grand rassemblement à Guéret, et «on est solidaires de l’ensemble des gilets jaunes creusois, on se désolidarise seulement des casseurs».

Distribution de tracts pour le "grand rassemblement" du 26 janvier

Voilà deux samedis de suite qu’ils ont réinvesti en force leur rond-point pour distribuer des tracts : le collectif d’Intermarché Sainte-Feyre, désormais connu sous le nom des «Creusois en colère - Intermarché - Sainte-Feyre» appelle à un rassemblement massif le 26 janvier prochain dès 9h30 à la gare routière de Guéret, une manifestation co-organisée avec quatre au-tres collectifs creusois.
Les Creusois en colère, le collectif de la RN145, La Croisière23, les Valériens ou encore la Creuse unie se sont mis d’accord pour rassembler les Creusois et les gilets jaunes des départements limitrophes pour une manifestation dans la capitale creusoise. Une demande d’audience a été faite à la préfète, au député et aux sénateurs, pour le moment sans réponse. De petits flyers jaunes ont été imprimés pour appeler «les 70% qui soutiennent les gilets jaunes, venez avec nous avec ou sans gilet jaune».
Une présence renforcée sur le rond-point qui appelle à la discussion. Ce samedi en début d’après-midi, Hassan, habitant de la Nièvre venu sur les terres de sa femme creusoise, a profité de l’occasion pour venir voir les gilets jaunes pour la première fois.
«Je vous ai suivi depuis le monde extérieur, par la télévision, les journaux, et je voulais voir quelles étaient vos revendications réelles», explique-t-il à Yannick, l’un des organisateurs du mouvement en Creuse. Ce qui l’a incité à venir rencontrer les gilets jaunes sur le terrain, c’est, paradoxalement, le grand débat national instauré par Emmanuel Macron.
«Dans ces réunions, il n’y a que trois ou quatre pour cent du contenu en rapport avec les gilets jaunes, on se demande si ce n’est pas fait pour faire un pouvoir parallèle», continue Hassan. En voyant les maires applaudir le président, le citoyen qu’il est s’est dit «la proximité que les gilets jaunes veulent avoir avec le pouvoir, c’est parce que les intermédiaires ne font pas leur boulot». Les maires et les députés, notamment.
Il comprend la problématique de la technocratie éloignée des territoires, et propose même de revendiquer une décentralisation de certains ministères, comme l’agriculture à Limoges, «ça serait plus censé et ça coûterat moins cher».
Après avoir été rassuré par Yannick - non, les gilets jaunes ne sont pas que des casseurs assoiffés de sang de flics - il assure que lui-même «n’ira pas à un débat s’il n’y a pas une majorité de gilets jaunes». Yannick, lui, n’est pas pour le grand débat, mais compte y participer tout de même, car «si personne n’y va ça va nous porter préjudice». Avec l’ambition d’un vrai échange, et surtout, que tous les sujets puissent être abordés...