Exposition Mako Moya

Culture

Margaux est de cette génération pleine de «gnac», pétrie d’envie et de détermination, qui avance, bille en tête, nourrie de convictions. Elle est de ces personnes qui aiment le territoire et veulent entreprendre en sud Creuse, sans se préoccuper de la difficulté de la tâche, celle qui annihile les bonnes volontés. Margaux Chabredier est de ces jeunes qui veulent vivre leurs rêves et en vivre, qui veulent conjuguer leur passion au mode professionnel.
Photographe, celle-ci va à contre-courant des tendances, notamment de celle qui voudrait que la photographie soit un art et une pratique banalisés par l’avènement du numérique. C’est dans ce contexte que cette dernière ouvre son magasin et atelier à Aubusson, pour devenir, au cœur de ses vingt ans la dernière photographe du sud creusois. Un vrai challenge pour cette jeune femme, ancienne élève du lycée Jamot, qui a suivi ses études de photographie à Toulouse.
Une pression quelconque sur les épaules ? « Non », assure-t-elle, avec fraîcheur et enthousiasme, elle dont l’activité principale consiste en la vente de matériel, neuf ou d’occasion, la restauration de vieilles photos, mais aussi au développement de photographies, numériques ou argentiques. « L’argentique est encore très présent et pèse pour une grande partie de mon travail ».
Mais parce que la jeune femme a compris que le temps était au dépassement et aux fonctions multidisciplinaires, elle a envisagé, dans son projet, l’agencement d’une activité additionnelle. L’architecture de sa boutique le permettant, Margaux y a conçu un lieu d’expositions temporaires qu’elle met à disposition d’artistes. Son ambition « faire de ce lieu, un espace de libertés et de créations pour promouvoir tous types d’arts, sans sectarisme, et de valoriser les artistes ».
Street-art, tapisseries, photographies, sculptures, peintures, Margaux ne fixe pas de barrière, elle qui compte déjà sept expositions à son actif « des artistes locaux, mais aussi étrangers, qui sont séduits par le concept ».
Dès lors, la petite boutique, toujours ouverte et qui, si elle s’était cantonnée à son activité originelle, « serait restée un lieu devant lequel on file sans regarder », est-elle devenue un lieu de passage, une adresse qui, avec le temps, glane ses galons d’incontournabilité.
Présentement, Margaux accueille dans cet espace l’artiste péruvien Mako Moya, diplômé de l’école des beaux arts de Lima (Pérou), ancien professeur au musée de la Nation, installé du côté de Saint-Pierre-Chérignat, à l’univers éclectique, initialement tourné vers l’esthétisme du corps féminin, mais subjugué et fasciné par la variété des couleurs de la campagne creusoise, qui rend des toiles figuratives et très vivantes.
Artiste doté d’une profonde humilité et d’une grande discrétion, il propose au détour de cette exposition une déclinaison de son savoir-faire, multi-facettes, accompagné dans cette démarche par Sébastien Royère qui, influencé par Mako Moya, s’adonne depuis un an à la sculpture. « Mako a cette qualité d’éveiller les talents et de les pousser pour se révéler à eux-mêmes », concède-t-il.
Ainsi découvre-t-on un échantillonnage qui traduit la multiplicité des engagements de l’artiste, entre aquarelles, paysages, visions figuratives. Au-delà de l’espace plan, ce dernier explore par ailleurs les volumes en créant des visages et des émotions sur des blocs de pierre, devisant par ailleurs qu’à ses yeux, le résultat final est accessoire, « ce qui est important pour moi, ce n’est pas la toile en elle-même, mais l’histoire qu’elle renferme, le processus qui a guidé la démarche artistique ».
En offrant aux aubussonnais de pouvoir rencontrer des artistes de ce calibre, Margaux a remporté son pari et un an après son ouverture, le magasin a trouvé son point d’équilibre et se projette dans l’avenir avec une série de projets en filigrane : le tissage d’une tapisserie à partir d’une œuvre de street art, et de nouveaux talents à découvrir…

Chamaux photographie, 71 rue Grande à Aubusson. Contact : 07.71.03.68.21.