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Le corps humain au bout du fil

Tapisserie

«J’aime les contrastes,  confie Bénédicte Wattel, j’aimerais vivre au XVIIIe mais avec mon mac...» Le silence  tombe sec sur la dernière syllabe. « Enfin mon ordinateur, quoi. » Le silence suivant est brisé par un éclat de rire à faire trembler Aubusson et la manufacture royale Saint-Jean. Pour la réveiller toutefois, Bénédicte Wattel compte plus largement sur les chocs visuels, la fraîcheur et l’inhabituel.
La manufacture, elle la connaît bien, elle y a travaillé de 1990, année où son père l’a reprise, à 2005... et après ça, la vie. D’autres trajectoires, d’autres préoccupations, mais toujours un lien ; un coup de main sur les payes, un œil sur la compta et une promesse...  Celle de s’occuper du lieu à la mort de son père. Promesse honorée depuis 2017.
Dans la dernière des grandes manufactures royale « comme à l’époque » (bâtiments du XVIII-XIXe) dixit Bénédicte Wattel, la vie suit son cours, le fil aussi avec des activités de restauration qui marchent un peu et des commandes aléatoires. L’équipe est réduite, renforcée à l’occasion par des lissiers retraités : « ils pensent tapisserie, vivent tapisserie et, quand il y a besoin, ils reviennent... Certains auraient envie qu’il y ait des commandes tout le temps. Il y a un lien qui s’est créé », explique Bénédicte Wattel.
Pour le reste, la valorisation du patrimoine, avec la poursuite des visites  mises en place par son père à son arrivée en 1990. « Mon père faisait visiter le château de Boussac dans les années 1960... il a continué avec la manufacture en 1990 ; ça ne se faisait pas à l’époque... », explique la directrice-associée de la manufacture qui a depuis ajouté sa touche en organisant, en parallèle ou en complément des visites, des expositions. Après celles de Jean Lurçat, et d’André Borderie, c’est au tour de l’œuvre d’Antoine de Jacquelot de trouver sa place entre les murs de la manufacture. Le peintre animalier, passé par les beaux-arts de Bourges, s’est vite intéressé à la tapisserie. Et a vite croisé le chemin du père de Bénédicte Wattel... Ensemble ils ont fini par mettre au point, en 1995, des carrés d’Aubusson basés sur les carrés Hermès. Antoine de Jacquelot compte à son actif la réalisation de plusieurs modèles du célèbre foulard, certains sont justement exposés à la manufacture... Y sont exposés de plus peintures, tapisseries et une partie des coloquintes peintes auxquelles il se consacrait à la fin de sa vie. « C’était un agriculteur, il était dans la nature tout le temps, au début elle lui a servi de modèle et sur la fin il s’en servait comme support », commente Bénédicte Wattel.
En contrepoint à un artiste confirmé ou en l’occurrence classique, Bénédicte Wattel laisse la place à un groupe de jeunes. En 2017-2018, elle avait accueilli un groupe de designer coréens en résidence qui une fois terminée la gestation du projet et dégottés les sponsors feront tisser la tapisserie à la manufacture. En 2018, ce sont deux des cinq artistes du collectif étudiant (1) Darius et Solange qui ont été invités à réfléchir autour de la laine et de la tapisserie, avec accès à la matière brute et aux chutes... Et carte blanche. La tapisserie et le fil rencontrent le goût du groupe pour les fluides corporels, le corps, le macabre, l’humour noir et les contes et légendes qui condensent tout ça. En émerge, des galets recouverts de fil, conséquence d’une Ariane en proie au désœuvrement sur Naxos, un peton de poupon en plastique qui ressort d’un enchevêtrement de laines bleues symbolise Achille trempé dans le Styx ; un nichon confectionné au crochet abandonné au milieu d’un feuillage renvoie au amazones... tandis que la Belle et la Bête sont réduits à une pelote allongée de fil doré et un fatras brouillon de laine marron.
La réponse n’est jamais neutre. « Je me souviens de l’enthousiasme de deux Hollandais qui ne voulaient pas s’en aller... et des cris d’autres visiteurs. Ceux-là, Jacquelot ils peuvent se l’approprier, imaginer son travail chez eux, pas une installation... Et on serait à Bâle, les gens baveraient devant le travail des jeunes et dégueuleraient sur Jacquelot, c’est le lieu qui fait ça aussi... », sourit Bénédicte Wattel. « L’an prochain, j’aimerais proposer une exposition autour du carton ou de la tapisserie et une exposition bizarre -à condition que les artistes travaillent autour du fil-, parce que ça me plaît bien. J’aime les contrastes. »
Les deux expositions sont visibles jusqu'aux journées du patrimoine, après resteront une partie des tapisseries dans un accrochage différent.
La manufacture est ouverte tous les jours de mai à octobre de 10 à 12h et de 14h à 17h et, du lundi au vendredi de novembre à avril. Période durant laquelle les prises de rendez-vous sont conseillées. Contact : 05.55.66.10.08 - aubussonmanufacture@orange.fr

(1) Étudiants en scénographie, ils montaient pour la manufacture, leur première exposition artistique.