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Drapeaux en berne et commune en deuil...

Obsèques

S’il est vrai que chaque mort nous touche comme si c’était la première, il est à plus forte raison difficile d’y être insensible quand comme dit le proverbe, « c’est une bibliothèque qui brûle ». C’est ainsi que nombreux ont été ceux qui sont venus rendre un dernier hommage à Marc Parrotin, hier, à Auzances. Ceux qui l’ont connu, qui l’ont aimé, et ceux qui ne l’ont connu que de loin venus saluer ce que l’homme représente : une étincelle d’humanité et un fragment de mémoire essentiels.
Nombreux étaient ceux qui sont hier venus à Auzances rendre hommage à Marc Parrotin, grande figure de la Résistance, disparu lundi à l’âge de 93 ans...
1940, l’Armistice, les Allemands sont à Châteauroux, le maréchal Pétain, aux commandes, le général de Gaulle, en Angleterre. Des groupes locaux se créent; Marc Parrotin a seize ans quand il s’engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs partisans, en a vingt quand une tâche de responsable militaire à la Souterraine lui est confiée.
Il a vingt ans, et, comme beaucoup à cette époque, les vit dans la douleur. Celle des blessures physiques qu’il reçoit lors d’une opération sur la ligne Paris-Toulouse, celle des tortures infligées après son arrestation, et, pire encore, celle des amis disparus et des camarades fusillés les uns après les autres à la prison de Limoges tandis qu’il attend son tour...
Georges Guingouin et ses hommes couperont court à l’attente en s’attaquant en priorité à la prison lors de la libération de Limoges. Le premier geste de Marc Parrotin sera alors de s’incliner devant  le poteau d’exécution. La fin de la guerre, il la passera sur le front de La Rochelle pour lequel il s’est porté volontaire.
Son engagement ne s’est pas arrêté à la fin de la guerre. Ses convictions ne se sont pas éteintes, non plus, au fil des ans... Enseignant de 1946 à 1979, celui qui disait à ses proches : « Tu sais quand on s’occupe des autres, on a une belle vie », avait à coeur d’ « éduquer à servir, et non à se servir » et consacre son temps à l’histoire de la Résistance autant qu’à la vie sur Auzances.
Impliqué dans la vie locale et citoyenne, il fut de 1965 à 2001 premier adjoint. Non pas pour les honneurs d’un titre mais pour un engagement que d’aucuns qualifient de total : il est à l’origine du musée lapidaire du musée Sainte-Marguerite, du parc animalier et de sa châtaigneraie, de la venue en colonie de vacances de jeunes de Sarcelles et d’Orly... « Toujours là pour ceux qui en avaient besoin », témoigne-t-on sur Auzances, Marc Parrotin était un pilier de l’UNRPA et du Secours populaire.
Son temps, il le consacrait aussi en partie à l’histoire de la Résistance qu’il avait à coeur de transmettre. Pendant 70 ans, celui qui fut président de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants et résistants) section Creuse de 1964 à 2014 a parcouru la Creuse, a glané, recueilli, noirci des pages et des pages... Qui donnent en 1981 le Temps du maquis mais aussi deux ouvrages consacrés à celles et ceux régulièrement oubliés dans une indifférence coupable : les Femmes dans la Résistance et les Immigrés dans la Résistance.
Le précurseur du devoir de mémoire en Creuse est aussi à l’origine du Mémorial de la Résistance de Guéret, inauguré en 1985, autour duquel il a mobilisé les participations de « copains » de la Résistance : architectes, professeurs... mais aussi élèves du LMB venus mettre la main à la pâte pendant plusieurs jours. Membre du bureau national de la Résistance, il n’aura, en revanche, pas vu la réalisation de ce projet...
Plus que la mémoire d’un homme, c’est le courage, l’abnégation, l’humanité qui étaient honorés hier à Auzances. Plus que la mémoire d’un homme, c’est le souvenir d’une époque qui palpite... une étincelle précieuse tandis que se multiplient les prémices d’une nouvelle période sombre.

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