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« L’homme a perdu de son éternité »

Culture

Ce week-end de nombreux visiteurs se sont rendu à la 28e édition du festival BD en Périgord de Bassillac à la rencontre des auteurs et notamment de l’invité d’honneur Edmond Baudoin.

C’était la première fois qu’Edmond Baudoin participait à ce festival et l’artiste a été séduit. « C’est beau, il y a beaucoup d’humanité ici et c’est peut-être ce qui est le plus important dans la vie ». Il était présent avec Marianne de Wil avec qui il a sorti « Un pas de deux ». Dans sa carrière il a publié beaucoup de livres autobiographiques, de voyages ou illustrant des textes de poésie de Le Clézio, Pasolini, Jean Genet, Tahar Benjeloun entre autres et il est en train de terminer un livre écrit avec le mathématicien Cédric Villani. « c’est un livre d’anticipation dans un monde où il n’y a que des robots. C’est en fait ce vers quoi nous allons », explique Edmond Baudoin. Car l’artiste est aussi un homme de convictions, « quand j’étais jeune au fond, je rêvais d’un monde robots où nous n’aurions plus besoin de travailler mais ça ne s’est pas passé comme ça, c’est con la vie. On a de moins en moins besoin des hommes et il y a de moins en moins d’humanité. Pourtant on travaille toujours plus pour gagner de moins en moins et on a des hommes qui appuient sur des boutons pour actionner les robots. Avant vous alliez voir un mécanicien, c’était un artiste qui regardait le moteur, l’écoutait. Aujourd’hui il connecte la voiture à un ordinateur pour voir le problème. De même le médecin regardait dans vos yeux et vous disait ce que vous aviez aujourd’hui il faut qu’il attente le résultat des analyses. Finalement nous sommes là pour assister la machine ».
Le monde d’aujourd’hui n’est pas celui dont Edmond Baudoin avait rêvé où des robots travailleraient pendant que nous irions à la pêche et constate un désenchantement qui est présent dans toute la société. « Je suis contre le libéralisme, il faut le foutre en l’air pour arriver à quelque chose comme le socialisme tel qu’on le rêve pas à la soviétique. Le désenchantement est présent chez beaucoup de nous et on constate une certaine tristesse dans l’humanité. On nous dit que nous allons vers l’individualisme mais en fait l’individu n’existe plus. On ne se parle que sur Facebook, ce n’est pas de l’amitié ça. L’homme a perdu une certaine éternité dans son rapport avec les autres. J’ai beaucoup voyagé dans le monde et beaucoup de gens ont perdu cette éternité. En Colombie par exemple, il y a 6 millions de déplacés à cause de la guerre, en France ce sont des déplacés des usines. Un gars qui a travaillé 30 ans dans une usine on lui dit de déménager pour aller trouver du travail ailleurs. Mais c’est pourtant là qu’il a vécu, qu’il s’est marié qu’il s’est fait des amis. Il avait une vie avec ces gens là et s’il meurt demain, les gens se souviendront de lui, il a une part d’éternité dans la tête de ses gens où il va continuer à exister. S’il va travailler ailleurs il va arriver dans une usine où personne ne le connaît s’il meurt quelque temps après que va-t-on dire de lui ? Qui se souviendra de lui ? S’il meurt on creuse un trou et on le met là, voilà tout. Il n’a plus de raison de travailler si ce n’est pour le salaire, il s’en fout de l’usine puisqu’il n’a de lien avec personne. Maintenant on n’a plus besoin des gens, ils sont là pour appuyer sur un bouton. On leur dit tiens, tu vas là. Mais tout le monde y perd, même le patron puisque les gens ne sont là que pour s’assurer un salaire. C’est fou qu’on ne se rende pas compte de ça, que personne n’a rien à faire de rien, ni de personne. C’est dommage, ça apporte une tristesse dans l’éternité. C’est aussi pour ça que je fais des livres, pour défendre les idées auxquelles je crois ».

Philippe Jolivet