25 bougies et un record du monde

Fête de la fraise

Pour sa 25e édition, la fête de la fraise avait voulu voir les choses en grand et notamment les fraisiers. Avec une longueur de plus de trente mètres, la pâtisserie concoctée par les boulangers pâtissiers de la commune a intégré le Guinness book des records. Pour fêter la 25e édition, la fête de la fraise avait voulu marquer les esprits en sortant de l’ordinaire.
La traditionnelle tarte géante a donc laissé sa place à un fraisier. Mais pas n’importe lequel puisque LE fraisier a été officiellement reconnu comme étant le plus long du monde. La juge spécialement venue de Londres, a pu constater les 32,24 mètres du fraisier et faire entrer la cité clunisienne dans le Guinness book des records. Un record qui avait échappé à des pâtissiers du sud de la France à quelques centimètres près.
Les cinq pâtissiers bellocois n’avaient donc pas lésiné à mettre la main à la pâte pour confectionner le dessert soigneusement conservé dans un tunnel réfrigéré avant d’être découpé en quelques 1.500 parts. Pour élaborer ce fraisier hors normes, plus de 130 feuilles de génoises, 130 kg de crème légère et 200 kilogrammes de fraises auront été nécessaires.
Des records auxquels les Bellocois sont coutumiers surtout quand ils ramènent leurs fraises. Car outre la performance, ce record fait aussi écho à celui signé il y a 27 ans lors de la toute première édition de la fête de la fraise qui avait vu sa tarte de 8 mètres de diamètre intégrer déjà le fameux livre des records. Mais au-delà de cette attraction c’est bien la fraise qui était encore la reine de la fête. En gâteaux, en jus ou nature, le fruit était décliné sous toutes ses formes. Producteur à Astaillac, Jean-Pierre Faurel est un habitué et fonctionne principalement par les circuits courts sinon la vente directe.

Pas une année à gros rendements

Sur ses étals, la Gariguette et la Mara des Bois sont évidemment les variétés les plus prisées du moment pour une production qui
s’étale d’avril jusqu’à l’automne. «Je ne pense pas que ce sera une année à gros rendements. Mais sur les gariguettes, nous sommes plutôt bien même si nous avons eu très peur avec le gel dernièrement. Nous avons aussi souhaité mettre en avant de nouvelles variétés remontantes comme la Magnum qui offre une texture, un croquant et un taux de sucre très intéressants» détaille-t-il.
Entre 3,5 et 4 euros les 250 grammes, les petites barquettes ne restent pas bien longtemps sur les étals. Car en dehors de la fête, le Pays de Beaulieu et la fraise ont toujours un lien indéfectible. Sur la trentaine de producteurs corréziens, une vingtaine sont installés dans les alentours de Beaulieu. Et si la production peut s’étendre de Pâques à  l’automne, tous savent bien que le gros de la saison se joue maintenant avant l’arrivée des cerises.  
«Beaulieu et son lien à la fraise sont scellés une fois de plus. Maintenant il faut aller plus loin dans cette dynamique. Avec nos partenaires dont la Chambre d’agriculture, la fraisiculture peut créer des emplois et a permis, il y a trente ans, de créer un pôle agroalimentaire de tout premier plan avec Andros. Notre savoir-faire a considérablement évolué et correspond aux attentes des consommateurs et au besoin de revenus pour nos agriculteurs. Alors je dis bougeons-nous un peu. Tout ceci est bon pour nos paysans, nos commerçants, nos artisans et nos services qui méritent que l’on s’intéresse de près à leur évolution positive tant ils méritent» souligne Joël Soursac, président du comité organisateur.  
Depuis son passage à la gratuité depuis plusieurs années, le pari du comité organisateur de réaliser une fête populaire est de nouveau payant avec une fréquentation estimée entre 10.000 et 15.000 visiteurs sur la journée.
Toujours est-il que les gourmands avides du fruit charnu ne se sont pas privés de le célébrer, quitte à digérer sa part de fraisier géant sur les rives de la Dordogne et profiter de ces moments de prélassements pour mordre à pleines dents dans une gariguette juteuse et sucrée à souhait.

Mathieu Andreau