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Une loupe précise et des jambes en feu

Pour densifier la proposition artistique sur  cinq journées, du mercredi au dimanche «largement inclus», il fallait aussi à Catherine Dété, directrice artistique ainsi qu'à l'équipe technique et aux bénévoles «relever les manches» et proposer des «doublons».
Le premier étant le vendredi soir avec deux pièces («Les moulins de M. Noël» et «La Beauté du Monde») et comme la première était donnée à nouveau le lendemain au théâtre, direction les jardins de la sous-Préfecture, accueillis chaleureusement par Mme Martin «maîtresse des lieux».
Une scène au sol, des spectateurs pour les premiers rangs «le cul au sol» les autres sur une estrade prévue pour la rencontre à laquelle on a rajouté quelques chaises d'extérieur fournies par la locataire, très enjouée.
Le titre du rendez-vous «La beauté du monde»... Autrement dit... tout et n'importe quoi! Une proposition ouverte comme l'on dit.
Dans le «texte d'introduction du programme», un prétexte, celui de décrire un peu un «troisième monde». En vérité, une loupe, grosse, immense, un peu comme tous les programmes d'information en continu concentrés en un seul acteur, Gildas Puget, également auteur et metteur en scène. Et en 50 mn... on allait se rendre compte de la brutalité du monde de «l'information» actuelle.
Encore faudrait-il que l'information garde le juste temps, celui double de l'apprentissage du fait et de son analyse. Mais quand le successeur d'Obama qui lisait des livres travaille en tweet; quand le président actuel de la France n'est que succession de selfies... comment ne pas s'étonner de la vulgarité des propos.
Et notre pauvre préposé à la Poste qui voulait amener à celle pour qui il a les yeux de Chimène un process informatique permettant de mieux voir ses photos... oublie les fleurs.
Demi-tour, accrochage mal-venu, accident premier puis en chaîne et... aussitôt l'image, partout, vulgaire, sans recul... Alors, certes, on peut évoquer par le biais d'un texte rude la progression du monde. Gildas Puget, qui est homme du livre a fait son analyse de «l'évolution du monde» (évolution n'est pas hélas toujours un mot positif).
Il clame, fortement, politiquement (avec le sens premier du mot), socialement la lenteur, le juste temps. Et puis, en vérité, a-t-on vraiment besoin de savoir sans cesse tout... même et surtout quand c'est inintéressant?
Les journaux imprimés meurent, la vulgarité (là aussi du sens premier du mot vulgaire ou vulgarisation) immédiate enlève un brin d'humanité qui demain nous manquera.
Mais, à ce moment-là aura-t-on peut-être le très haut débit partout...
Ca danse!
Retour aux jardins du Cloître pour rejoindre celles et ceux qui avaient fait le «tour des moulins» et proposition «irlandaise» d'un groupe de Tours, «The Flawers». Première note, premiers danseurs. Ce fut ensuite un immense moment de joie musicale collective, dansée et surtout avec une musique parfaitement exécutée.
Un violon dynamique, un chanteur mandoliniste et guitariste de très haut niveau, une deuxième guitare sans cesse présente, une contrebasse omniprésente, des percussions et un banjo pour fleurir le reste du bouquet et l'esprit de la fête éclata sous les belles lumières des pros de la maison.
Bien des présents ont retenu le nom du groupe pour le «faire revenir» tant le professionnalisme et le plaisir partagé ont fait du bien. Tout simplement, sans prétention, mais non sans qualité.
Et dire qu'il restait encore deux jours «complets» à dérouler. La 64e levée étant dans le partage et la découverte. Ce qui est le rôle premier de «Bellac sur Scène».
André Clavé

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