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Quand la Culture est diverse et intense

Bellac - 64e Festival de théâtre

Quatrième jour et beau temps attendu... car la densité des propositions était plus que vaste. On commençait «en ville», dans une vitrine, place Jean-de-la-Fontaine, dans l'ancienne poissonnerie et CPAM, vide de tout âme depuis trop longtemps.
A l'intérieur, un studio de radio. Aux micros, Maïa Commère et Pier Porcheron, de la compagnie Elvis Alatac pour  ont « tout simplement donné » à un public surpris, à des horaires peu communs (10 h, 11 h, 12 h), une « nouvelle» de Guy de Maupassant. Avec, s'il vous plait, les trucages sonores en «live». Il suffisait de regarder les spectateurs pour se rendre compte que la magie était au rendez-vous. Merci aux artistes...
En début d'après-midi, rendez-vous prévu dans les jardins du Cloître déplacé dans le hall du lieu culturel car du vent, fort, était prévu. Et comme la «Compagnie du Bigre» nous proposait de jouer à l'Ouscrapo, jeu littéraire, performance théâtrale participative sous forme de scrabble, autant que les papiers ne s'envolent pas...
Rires, sourires, questions, interrogations... on pensait venir écouter, on se retrouva participant... et personne ne s'est échappé. Curiosité, là aussi on replongea dans le monde de Queneau et de ce début de XXe siècle qui se posa les questions sur le « texte et la langue ».
On enchaîne
Petit moment allongé devant le Tour de France avant de « repiquer au truc », avec un rendez-vous amical et amateur proposé par le Comité de lecture du théâtre, qui, soutenu par la Cie Opus,  a travaillé sur les moulins.
A l'ombre du patio de la Maison du Tourisme, des amateurs (celles et ceux qui aiment) ont osé inventer autour des moulins, du présent, du passé, de l'avenir.
On a eu droit à des affirmations, des questions, des découvertes... et la preuve que si on s'y met à plusieurs et longtemps à l'avance, la scène devient possible... Même si certaines rougirent plus qu'à l'ordinaire. Bravo à toutes et tous !
La suite du programme était dans les jardins du Cloître où la scène de musique était dédiée à «Madame Hanitra», la voix de Madagascar, qui avait pu poser son baluchon, sa voix, ses musiciens (Jean-Marc Bontemps à la guitare, Pascal Bouterin batterie et percussions) grâce à l'association Aïna qui, sans cesse, veille aux enfants de la rue de la grande île rouge. La chanteuse qui a longtemps évolué dans le groupe Lolo Sy Ny Tariny avant de devenir prof... a repris, pour le plaisir de tous, la scène. Certes, nous ne comprenons pas le malgache... mais quel plaisir pour les oreilles!
Et de plus, on pouvait manger «maison» par la grâce des bénévoles bellachons d'Aïna. Quand on mêle les plaisirs !
Et puis allez ! Plus que deux rendez-vous artistiques avant l'ultime ligne droite dominicale (qui demandera des suppléments de travail à l'équipe d'organisation). Dans le théâtre,  la Cie Opus (qui avait joué le même spectacle la veille) nous amena dans une « exposition de curiosité hydromobiles à réinventer sur place »...
L'Histoire ? Le conservatoire des curiosité, potentiel musée fictif des arts singuliers, a encouragé les bénévoles de l'office de tourisme de Kerostrabel à rassembler les «Moulins de M. Noël», inventés il y a un demi-siècle puisque l'électricité « officielle » arrivant, plus besoin de production locale.
Que dire du moment. Poésie ! Il y en avait partout. Curiosité ! Les sens étaient sans cesse ouverts. Beauté ! Informelle, surréaliste, piquante, ouvrant les yeux comme à une visite de Lascaux. Idée ! Généreuse, ouverte sur le monde et sur les êtres humains...
Et pour servir cela, deux acteurs pleins, entiers qui nous ont emmené dans leurs histoires. Car ce 64e Festival National de Bellac, c'était bien le beau rendez-vous des histoires... et on avait juste un effort à faire : les suivre. En n'oubliant surtout pas de laisser les connaissances à la maison, car les propositions étaient généreuses.
Pour finir, mis ne son et lumière par les « pros maison », « Larural », un groupe de « rap'n'zik » (si, ça existe...). « Larural », c'est un binôme parfait et bizarre. Une voix, remarquable, placée, tonique qui, de plus « ne chante pas des conneries » (réflexion d'un pote qui découvrait lui aussi). Et à côté Moustyk est accompagné à la basse par Matt, à la batterie par Chubba, à la trompette par Gab' et au clavier par Paul... et çe envoie la sauce. Musicalement, c'est hyper-calé, très musical malgré (ou avec) une tonicité et un son volontairement « agressifs ». Et puis, la démonstration que l'on peut parler d'actualité, comme celle belle œuvre dédiée aux « potes de GM et S » à pleurer de beauté.
Il y a réellement des découvertes à faire, et Catherine Dété et son équipe qui gère tant l'année-saison que le festival nous a offert des moments rares.
André Clavé

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