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Surpris, Piero n'a pas pleuré...

La vie sociale, sociétale même, comprend pour bien des personnes des vies partagées avec «d'autres». Elle peut être politique (si, si...), syndicale, culturelle, sportive. Le plus souvent elle est faite de souvenirs construits dans la longueur et la lenteur et elle cimente des vies

entières.

Ainsi, pour un Bellachon (de Thoveyrat, route de Blond), Piero Guerra qui a eu (peu de gens le

savaient) une double vie. Riche, dense et toujours articulée autour d'un ballon de foot.

Piero Guerra, tout jeune retraité, était cheminot et Parisien. Au football, il était Bellachon, un moment Berneuillaud (un magnifique maillot aux deux couleurs lui a été remis, les clubs étant maintenant réunis en une seule entité)... mais aussi Parisien dans l'équipe de «Paris-Conflans», qui tapait le ballon aux moments perdus dans le «championnat des chantiers Paris-Sud». Une équipe de potes donc, de familles presque, de vies partagées intensément avec des douches fatiguées d'après-match avant des soirées inexplicables (il faut être sportif pour comprendre).

Mais voilà, Piero est enfin officiellement à la retraite (ce qui nous a valu de longs et rieurs échanges sur la complexité administrative des entreprises), a tout revendu à Paris et est «redescendu à Bellac».

Redescendu... pour occuper tous ses temps libres à se retrouver à la «Maison du Foot» près le stade Léo-Lagrange, concomitante au lieu de vie du rugby avec salle commune partagée. Le dimanche matin, le temps du café-journal à «la Gare», la machine à laver les maillots a été mise à tourner. Ensuite, on retrouve les potes pour préparer les fiches techniques des réserves et... ainsi de suite.

Sans des gars (il y a aussi des dames) comme Piero... pas de club, pas de vie associative.

Hommage... et surprise

Comme Piero ne revêt plus le survêtement de goal, il fallait bien que le club organise un «jubilee», rendez-vous qui a été organisé ce samedi 6 avril avec promesse de quelques vieux anciens qui avaient parcouru les mêmes terrains, des années (certains lointaines) durant.

Voilà donc Piero qui arrive au stade Léo-Lagrange pour 15 h car la «rencontre amicale» a été prévue à 16 h... précédant le match de championnat officiel contre Mignaloux-Beauvoir à 19 h. Les bises n'arrêtent pas, certains rechausseront les crampons alors que grands-parents. Des anciens dirigeants, des anciens coachs, des poussettes, des amis et amies et tout le monde aux vestiaires...

Les organisateurs bellachons ont fait une promesse d'amis anciens en opposition et tout se met en place. Comme «pour la télé», Piero pénétrera le dernier sur le terrain, entre une haie d'honneur de potes... sans ne rien savoir de plus.

A son apparition, on sent un trouble. A droite et gauche, des maillots bleu et rouge du «Bellac de l'époque» et face à lui, rieurs, les bras croisés, maillots orange et noir, «les copains de Paris qui ont remporté le championnat inter-chantier pour la dernière année du Piero Parisien». Un groupe humain qu'il a rejoint en 1986 et quitté pour déménagement l'an passé. Pas de larmes (on ne pleure pas facilement chez les Guerra), mais des embrassades qui en disent plus que tout...Le reste, on vous laisse l'imaginer. Un match à remplacements perpétuels, un casse-croûte, un repas qui a valu de quitter la table au CCM rue des Rochettes les quatres heures du matin approchant...

Le monde associatif, une fois encore, a fait la plus belle déclinaison du vivre ensemble. Et on aurait bien voulu être à la place de Piero.

André CLAVE