Baisse des investissements publics, Ineo s’inquiète pour son avenir

Social

Les salariés d’Ineo s’inquiètent d’un possible ralentissement de leurs activités, et des conséquences sur l’emploi, du fait de la baisse des investissements de travaux publics.

Filiale du groupe Gdf-Suez, Ineo Bergerac travaille dans l’énergie : électricité, éclairage public, eau, gaz, téléphonie... Des secteurs qui ne devraient pas connaître la crise, et pourtant... « Dans la filière BTP, l’Etat se désengage en terme d’investissements de travaux publics à hauteur de 30 % l’année prochaine », glisse Sébastien Doideau, représentant CGT du personnel Ineo, « soit une perte de 3,7 milliards d’euros de production ». Pour l’Aquitaine, secteur d’intervention de l’entreprise bergeracoise, la baisse correspond à 21 millions d’euros. Ces chiffres font évidemment frémir les cinquante-quatre salariés bergeracois.

Risque de chômage dans les mois à venir

Les baisses de dotations de l’Etat rendent bien sûr frileuses les collectivités qui freinent des quatre fers pour s’engager dans des travaux publics qui pénaliseraient leur enveloppe. « Notre inquiétude porte tout particulièrement sur le renouvellement des marchés du département », poursuit le représentant syndical, « notre direction est actuellement en cours de négociation d’un gros marché qui nous emploierait à 80 % de notre temps. Mais pour l’heure, l’issue de ces tractations reste plus qu’incertaine ». Le couperet devrait tomber pour Ineo en début d’année prochaine. En attendant, les personnels assujettis aux choix des collectivités ne peuvent s’empêcher d’afficher une grande anxiété. « Sur Bergerac, l’entreprise a pas mal investi dans ses locaux, et en matériels plus récents afin d’être plus performante. Résultat aujourd’hui : des craintes légitimes sur notre avenir, et le risque de chômage qui pourrait nous atteindre dans les prochaines semaines ». Ces trois dernières années, Ineo Bergerac a déjà perdu une quinzaine d’ouvriers partis en retraite et non remplacés. Son regroupement avec ses homologues de Bordeaux et Agen n’a également rien pour rassurer. L’an passé, la filiale lot-et-garonnaise ayant perdu un contrat avec le Syndicat d’électrification de Lot-et-Garonne, avait en effet procédé à des licenciements de masse sous couvert de la nouvelle loi 2013 de l’Ani, et sa clause de mobilité. « Nous avons peur que ça arrive à notre tour », confie Jean-Claude Chantegreille, délégué du personnel CGT, « on ne peut que le constater en Aquitaine, les travaux sont au point mort. Les conséquences directes de ce constat sont pour notre filière d’activités des licenciements ». La situation est d’autant plus critique que depuis 1996, le secteur du BTP a été ouvert à l’Union européenne. « N’importe quelle entreprise d’Europe peut venir travailler sur notre secteur, en baissant les coûts et les emplois ». C’est en ça que les cinquante-quatre salariés d’Ineo lancent aujourd’hui par la voix  de leurs représentants syndicaux CGT un grand cri d’alarme en direction des collectivités détentrices de leur avenir.

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