Eurenco entre dans l’ère des usines du futur et de l’automatisation

Industrie

Au terme d’un an de travaux et de quinze millions d’euros d’investissement, Eurenco inaugurait hier matin sa nouvelle ligne de production ultra moderne de charges modulaires.

Dans une conjoncture où l’on préfère économiquement mettre la clé sous la porte pour mieux délocaliser, le fait est assez rare pour qu’il soit souligné. Eurenco vient en effet d’investir près de quinze millions d’euros sur son site de Bergerac.  Par ce tout nouvel atelier ultra moderne, l’entreprise dope sa production de charges modulaires et entend améliorer sa compétitivité européenne. Il s’agit ici de propulseurs d’explosifs destinés notamment au fameux canon Caesar de l’armée française. Cette toute nouvelle ligne doit permettre de doubler la production de ces charges d’artillerie lourde déjà fabriquées à Bergerac depuis 2009, passant de 230 000 à 450 000 unités annuelles d’ici fin 2017.

« Prochaine étape : la deux millionième charge ! », Dominique Guillet, PDG Eurenco

« Nous sommes sur de la haute technologie digne des usines du futur », déclarait fièrement hier le directeur du site Bernard Chariou, « à travers cette deuxième chaîne de production, la plateforme bénéficie aujourd’hui de grandes améliorations que ce soit en terme de conditions de travail par une forte automatisation, comme de coût ». De son côté, le PDG Eurenco s’enorgueillit d’être à la tête d’une « ligne de production la plus moderne au monde. Nos charges ont fait leur preuve avec plus d’un milllion d’unités vendues en dix ans et de nombreux succès de tirs sur zones de combats ou d’essais. Prochaine étape pour Eurenco, la deux millionième charge ! ».
L’entreprise appuie sa réussite économique sur un contexte géopolitique trouble qui fait que l’armement militaire a de toute évidence de l’avenir. « Si on ne boude pas notre plaisir de voir une entreprise se développer, le sentiment est ambivalent », glisse la con-seillère départementale Cécile Labarthe, « ce besoin croissant en charges démontre bien que le monde ne va pas dans la bonne direction ». Si le PDG espère développer ses exports vers l’Europe, le Moyen Orient et l’Asie, les trois seuls clients pour ces charges modulaires demeurent aujourd’hui l’armée française, l’Arabie Saoudite et l’Inde. Le nouvel atelier a d’ailleurs été construit pour répondre à une commande de cette dernière. Le contrat avec l’Inde court jusqu’en 2020. Sans nouveau client au-delà de cette échéance, la production de cette chaîne pourrait bien être revue à la baisse. La direction d’Eurenco se montre d’ail-leurs prudente notamment en terme d’emplois. Si quarante-deux équivalents temps plein ont été créés, seule une dizaine de con-trats à durée indeterminée a été signée. « A l’horizon 2020, je ne peux pas m’engager au-delà d’une dizaine de Cdi », déclarait d’ail-leurs Dominique Guillet il y a tout juste un an. Sans nouveau marché d’ici cette échéance, l’automatisation de cette deuxième ligne de production pourrait ainsi bien peser à terme sur la masse salariale d’Eurenco. Mais d’ici là, misons sur l’engagement des dirigeants d’Eurenco pour la pérénité du site et de ses emplois.

Toujours en grève illimitée du côté des personnels

Si Eurenco investit, ce n’est guère sur le climat social. A l’appel de la CGT, les personnels sont en effet en grève illimitée depuis le mois de juillet dernier. Ces derniers dénoncent la multiplication des pression, intimidations et sanctions de la part de leur direction, et craignent de plus la possible filialisation du secteur additifs de l’entreprise non sans conséquence sur les

 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.