La résistante Germaine Tillion donne son nom au centre social

Urbanisme

La municipalité inaugurait samedi le tout nouveau centre social du quartier de Naillac. La structure a été baptisée du nom de l’ancienne résistante Germaine Tillion.

Le quartier de Naillac poursuit sa mue. Après les constructions de l’Auditorium, du Pôle Petite Enfance et du Pôle Emploi, c’est un autre équipement structurant qui sort aujourd’hui de terre. Le centre social à l’architecture contemporaine vient en effet en remplacement de l’ancienne bâtisse, vieille de quarante ans et devenue vétuste, voire insalubre. La nouvelle structure était inaugurée samedi, et est baptisée du nom de l’ancienne résistante Germaine Tillion.

« Une dame à l’engagement humanitaire fort », Daniel Garrigue

Un nom et un acte symbolique fort auquel tenait particulièrement la municipalité de Bergerac. Ce samedi, le maire s’est ainsi attaché à rappeler les engagements de Germaine Tillion. La Résistance d’abord, puis son arrestation en 1942 qui la conduira au camp de Ravensbrück. « Toute sa vie sera animée par le combat pour la mémoire auprès des associations d’anciens déportés », souligne Daniel Garrigue. Puis ce fut l’Algérie, où Germaine Tillion en tant qu’ethnologue s’alarme du sort des populations civiles. Elle prend conscience de la fracture entre les populations et l’administration coloniale, et parle à l’époque de clochardisation de l’Algérie. Elle décide alors d’une action ambitieuse et crée les premiers centres sociaux d’Algérie afin d’apporter instruction, formation et soins auprès des jeunes et adultes. « C’est une personnalité souvent méconnue car elle ne cherchait pas la médiatisation, pourtant toute sa vie a été ponctuée d’actions courageuses et ambitieuses, poussant les gouvernements successifs à prendre certaines décisions », glisse le maire de Bergerac, « c’est en ça que nous avons proposé aux habitants du quartier le nom de Germaine Tillion pour leur centre social ». Aux côtés de Daniel Garrigue, la présidente de l’association nationale Germaine Tillion. Mathilde de Lataillade sur la personnalité de l’ancienne résistante et notamment sa forte capacité à la résilience. « J’ai eu la chance de la connaître... Elle aimait rire, s’amuser, et était très large d’esprit. Un jour que j’étais avec elle, elle me confiait avoir reçu une lettre de Maurice Papon qui lui demandait son aide depuis la prison. J’ai bondi, enragée de l’indécence de ce monstre. Germaine ne lui a pas répondu, mais lui a envoyé un colis en m’expliquant qu’elle savait ce que c’était d’avoir quatre-vingt dix ans, et qu’à cet âge personne ne méritait d’être en prison ». Germaine Tillion, grande figure humaniste du XXème siècle, est entrée au Panthéon en mai 2015. L’intransigeance de ses valeurs, son expérience de vie d’ethnologue, son engagement dans la Résistance, sa lutte pour la paix et contre la torture en Algérie, sont aujourd’hui mis en lumière à Bergerac par l’adoption de ce nom. Un modique hommage au regard d’une vie de combats, mais renouvelé au quotidien par l’équipe éducative du centre social dont la tâche est désormais baignée par la mémoire, le devoir civique et le souffle de la Résistance.

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