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Fin de grève, explosion et démission, ça bouge chez Eurenco !

Social

Le directeur d’Eurenco Bergerac annonce sa démission alors qu’un deuxième incident s’est produit dans le nouvel atelier flambant neuf de fabrication de charges de l’entreprise.

Fin septembre, les dirigeants d’Eurenco inauguraient en grandes pompes et non sans fierté la nouvelle ligne de production bergeracoise de charges propulsives. Un investissement de près de quinze millions d’euros visant à doubler la production de l’entreprise. « De la haute technologie », « une forte automatisa-tion », « un atelier parmi les plus modernes au monde »... président et directeur ne tarissaient pas d’éloges en cette journée inaugurale.  Mais le progrès a de toute évidence ses failles. Deux incidents se sont en effet produits sur ce nouveau bâtiment en l’espace d’un mois. Le premier une explosion sur une presse ; l’origine du second qui s’est produit dans la nuit de mercredi à jeudi n’est pas encore déterminée. Fort heureusement, dans les deux cas, aucun blessé n’est à déplorer. La situation reste néanmoins préoccupante sur ce site qui rappelons-le est classé Seveso seuil haut.

Plus de mille heures de grève sur site

Sans lien de cause à effet avec ce qui a été évoqué plus haut, le directeur de l’établissement vient d’annoncer sa démission. A la tête d’Eurenco Bergerac depuis deux ans et demi, Bernard Chariou jette l’éponge. Un départ que beaucoup de personnels ne regretteront pas. Le comportement du directeur à leur égard a en effet cristallisé de nombreuses tensions au sein de l’usine ces derniers mois. Le syndicat CGT attribue à ce dernier des pressions, intimidations, vidéosurveillance et sanctions disciplinaires sur des prétextes fallacieux exercées sur les équipes. Des méthodes dénoncées à travers une grève perlée entamée à la mi-juillet dernier. Au terme de trois mois de mobilisation -soit plus de mille heures de débrayage-, les personnels ont enfin obtenu des avancées et décidé de lever leur mouvement hier. La direction d’Eurenco s’est ainsi engagée à supprimer son fichier « grévistes » ainsi que l’usage des caméras pour la surveillance des salariés. « La surveillance des salariés par caméra reliée directement à l’ordinateur du directeur a été supprimé », se félicite Jérémy Caillé, le délégué central CGT d’Eurenco. Autre source de satisfaction pour le syndicat : « la garantie de la part de la direction de l’ouverture de négociations sur certains postes et sur la qualité de vie au travail. Nous ferons en sorte que nos revendications sur ce point soient entendues et appliquées afin que les salariés de Bergerac travaillent enfin dans un climat social serein ». Ces trois mois de lutte ont bien entendu éprouvé les salariés. Pourtant un autre dossier pourrait très vite leur donner de nouveau du fil a retordre. La direction envisage en effet la filialisation prochaine du secteur Additifs sur dite Eurenco à Sorgues. Une mesure qui aux yeux de la CGT ne serait pas sans conséquences sur l’ensemble des salariés de l’entreprise. Le syndicat a déjà déposé un droit d’alerte sur ce projet.

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