Fil info
09:38 Attention, suite à un accident de la circulation, la route entre Périgueux et Sarlat (D 710) es… https://t.co/FbdhHNMpss
09:38Corrèze : Ils veulent créer un collectif pour « sauver Ruffaud » -> https://t.co/dp595UDUgj

Réfléchir à une psychiatrie plus humaniste et moins lucrative

Santé

Le syndicat CGT de la Fondation John Bost, en partenariat avec l’association La Palabre, organise samedi une journée d’étude et de réflexion sur le monde de la psychiatrie et du médico-social.

C’est une première en Bergeracois. Ce colloque baptisé « La psy dans tous ses (mauvais) états », se déroulera toute la journée de demain et verra  se succéder de nombreux intervenants. Le syndicat CGT de la Fondation John Bost et l’association La Palabre ont tous deux souhaité impulser ce temps d’échanges et de réflexion autour de la psychiatrie, tant ce domaine subit aujourd’hui les conséquences de nombreuses réformes politiques portées au cours de ces deux dernières décennies. « Il y a une forme de négation de la psychiatrie en tant que telle dans notre société aujourd’hui », explique Luc Cadillon, syndicaliste et ancien infirmier psy, « la tendance actuelle va à parler de handicap mental plutôt que de psychiatrie avec un rediction des patients vers le médico-social. Or, nous nous considérons que le secteur médico-social ne doit s’inscrire qu’en complémentarité avec le secteur psychiatrique ». La Fondation John Bost subit de plein fouet ces restructurations politiques qui ont conduit au démantèlement progressif des hôpitaux publics.

« Le soin occulté au profit du tout gestionnaire », Luc Cadillon, CGT

« Nous sommes contraints de prendre en charge, en nombre croissant, des pathologies psychiques de plus en plus lourdes, afin de pallier une carence d’offre de soin en psychiatrie et de places en hôpitaux de jour », poursuit Edith Lamothe, ancienne secrétaire CGT de la Fondation, « or, les conditions pour accueillir ces patients ne sont absolument pas réunies ». En parallèle, le secteur médico-social subit lui aussi une diminution de ses moyens, une augmentation des contraintes et une diversification des tâches de plus en plus multiples et complexes. « Il y a une perte de sens dans notre travail ce qui engendre une véritable souffrance chez les personnels soignants, jusqu’à des actes ultimes », déplore Edith Lamothe. La Cgt rappelle que France a su après-guerre développer une psychiatrie utopique et humaniste avec cette seule volonté d’offrir des lieux d’accueils et de soins pour tous. Aujourd’hui, c’est une logique comptable qui prend le pas sur la souffrance des patients, de leur entourage et des personnels soignants. Ce détricotage à des seules fins économiques est loin d’être achevé. « Les ambitions des dirigeants politiques est d’instaurer rapidement la tarification à l’acte », indique Luc Cadillon, « on va passer d’un modèle de prise en charge à une prestation comme si on pouvait être des prestataires de services envers des personnes souffrant de problématiques ». Comme pour l’hôpital public, cette réforme va chambouler les financements des institutions, les mettre en concurrence et favoriser les établissements privés à but lucratif. La logique est la suivante : financer des actes sans tenir compte des facteurs humains. Ce sont tous ces sujets pour lesquels samedi les intervenants professionnels tenteront d’apporter des éclaircissements. « L’objet de cette journée n’est pas portée sur les revendications, mais sur la réflexion », assurent les organisateurs, « il s’agit d’échanger sur les fondamentaux, dresser de nouvelles perspectives de politique de santé prévoyante ».

* Le colloque se tiendra samedi de 9 h à 17 h à la salle du comité d’entreprise de la Fondation John Bost au 13 rue du Picou à La Force. Une restauration rapide sera proposée le midi. Participation aux frais 10 euros.