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Cérémonie du 14 juillet : les pompiers manifestent leur colère

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En marge du défilé du 14 juillet, les pompiers de Bergerac ont fait part du mouvement de contestation qui gagne toutes les casernes de France.

A Bergerac, plus de défilé militaire pour le 14 juillet, et ce depuis cinq ans. Ce n’est pas pour redonner à cette cérémonie ses valeurs révolutionnaires que bidasses et véhicules kakis n’empruntent plus la rue de la Résistance, mais tout simplement parce que l’Etat, dans un souci comptable, a choisi de licencier cent-vingt personnes, sans compter les emplois induits, sur une caserne implantée en milieu rural. C’est ainsi que depuis plusieurs années, les pompiers de Bergerac sont à la tête du cortège de la fête nationale sensée être la fierté de tout un pays. Ce dimanche, les sapeurs sont donc là, applaudis avec ferveur par les nombreux Bergeracois présents. Le moment est comme toujours très solennel, limite si on ne met pas la main sur le cœur en chantant l’hymne de la Marseillaise. L’espace d’un instant flotte comme un patriotisme sans faille dans l’assistance. Les pompiers défilent sous une salve d’applaudissements sincères, des claps claps pour les remercier d’être là pour assurer la sécurité de tous au quotidien. C’est beau (sic).

« Trop de missions qui ne sont pas de notre ressort », un pompier gréviste

Cette reconnaissance du peuple, les soldats du feu la prenne comme un récompense ; c’est si rare dans leur métier. C’est même exceptionnel dans ce corps qui depuis plusieurs années est méprisé par les plus hauts représentants du pays. Manque de moyens et d’effectif, les pompiers sont en effet aujourd’hui devenus la soupape des manquements de l’Etat. Malgré tout, ils sont toujours là, à protéger et sécuriser les biens et les citoyens, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Depuis plusieurs semaines, ils manifestent leur désarrois. Comme partout en France, les pompiers de Bergerac sont en grève. Mais tiraillés entre leur colère et leur mission de service public, ils font comme les urgentistes et poursuivent sans faiblir ce pourquoi ils sont chargés. Alors ce dimanche, ce ne ni sur le passage en revue des troupes, ni au cours du défilé qu’ils ont affiché leur colère. Mais en fin de cérémonie, nombreux sont les pompiers à revêtir le brassard noir « En grève ». « On ne veut pas perturber la cérémonie, mais malgré tout, on tient à ce que nos politiques locaux connaissent notre mécontentement », indique un pompier. La grève, ce n’est pas dans leur culture, de fait ils sont soumis à réquisition par le préfet comme tout agent public. Mais le ras-le-bol est bien là. « Nous assurons des missions qui ne sont pas de notre ressort », dénonce un pompier, « ce matin encore, nous avons été appelés pour relever une mamie tombée de son fauteuil. Elle était abonnée à une télé-assistance privée qui se décharge sur le service public, et bien sûr, et c’est normal, nous étions là ». Les citoyens peuvent compter sur eux, les pompiers seront toujours présents. Les politiques le savent, à l’image du député En Marche présent ce dimanche. Michel Delpon ne s’est guère ému de ces brassards noirs de grévistes. Un verre de vin à la main, ce dernier a malgré tout assuré vouloir « les recevoir pour parler de la situation ». Voilà de quoi rassurer les pompiers grévistes qui eux assureront malgré tout, et sans transiger leur mission de service public. C’est ce qu’on aimerait un peu plus voir chez nos dirigeants politiques de la majorité gouvernementale qui, à part les bonnes intentions et les éléments de langages, ne font que décharger leur médiocrité sur le sens du devoir des agents du service public sur qui ils n’ont de cesse de frapper.

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