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Seize ans de mobilisation pour les vétérans des essais nucléaires

L'Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) a tenu sa réunion départementale, salle de la Libération, samedi après-midi.
Accueillis par Jean-Louis Camuzat, vice-président national, en charge des régions et des départements, les vétérans indriens ont pris place, aux côtés d'Annick Gombert, maire de la ville, André Knezic, président du Cher, et Pierre Palisse, le tout nouveau président de l'Indre.
Avant d'aborder l'ordre du jour, Jean-Louis Camuzat rappelle que « l'AVEN est une association apolitique, ni pour ni contre le nucléaire. Elle demande "Vérité et justice" pour tous les vétérans du Sahara et de Polynésie ».
L'association créée en 2001, suite à l'observation du développement de pathologies spécifiques communes à tous ceux qui avaient participé aux essais nucléaires, a pour but de soutenir la cause de tous les Vétérans et, particulièrement ceux porteurs de maladies radio-induites, en intervenant auprès des autorités administratives et judiciaires.
Au programme de cette assemblée, le compte rendu des sujets abordés lors du congrès de La Rochelle en octobre 2017, diverses informations et les gros chantiers à venir.
« Nous nous sommes battus pour avoir la reconnaissance de l’État. C'est chose faite avec la loi Morin, en 2010. Cette année, il y a eu, dans cette loi, la suppression du risque négligeable, ce dont nous nous réjouissons, précise le vice-président national. L'Association va travailler maintenant à l'indemnisation des veuves et des enfants de vétérans et sur les conséquences des essais nucléaires sur la santé des descendants. »
Aujourd'hui, pour mieux évaluer tous ces problèmes, le pôle santé de l'AVEN a fait créer l'OBSIVEN, un observatoire libre et indépendant. Celui-ci s'est engagé à réaliser d'une part une étude épidémiologique sur 500 familles présentant au moins une personne irradiée ainsi une analyse de résultats et d'autre part à choisir les familles qui ont un taux d'anomalies de santé sur deux générations et étudier les génômes.
450 dossiers ont été adressés au Comité d'indeminsation des victimes des essais nucléaires (CIVEN). À ce jour, 149 ont obtenu une décision favorable, et 261 sont en cours d'instruction. Le cabinet d'avocats Tessonnière suit toutes les procédures.
« Nous avons réussi à faire adhérer les parlementaires de tout bord à notre cause. C'est notre force. Dans le département de l'Indre, les deux députés, ainsi que Gil Averous, maire de Châteauroux, et Jean-Paul Chanteguet, ancien député, nous soutiennent », indique Jean-Louis Camuzat.
La France a procédé à 210 essais nucléaires au Sahara et en Polynésie entre 1960 et 1996. 150 000 personnels civils et militaires ont été missionnés sur place.
L'AVEN comptabilise 6 500 adhérents au niveau national, 200 en région Centre - Val de Loire et 30 dans l'Indre.
« Adhérer à l'association permet d'être informé, d'avoir une assistance judiciaire gratuite et de bénéficier du volet social », conclut Jean-Louis Camuzat.
La réunion s'est terminée par des échanges cordiaux et fructueux avec les participants, et la présentation officielle du nouveau président de l'Indre, Pierre Palisse.
Martine Tissier

Pierre Palisse, nouveau président de l'AVEN 36
Pierre Palisse habite Coings. Employé par une société habilitée par le Centre d'études atomiques (CEA), il est parti dès 1966 et à quatre reprises en Polynésie pour travailler, en tant que civil, sur tous les sites d'expérimentation nucléaires. « Nous étions logés et nourris sur les bateaux de la Marine nationale. Il y avait beaucoup de militaires, de jeunes appelés », se souvient-il. Aujourd'hui, il souffre de carcinome et a subi plusieurs opérations. Il ajoute que cette maladie est liée à l'exposition au soleil et qu'il a aussi travaillé en Egypte…
Adhérent à l'AVEN depuis une bonne dizaine d'années, il a accepté de présider l'AVEN 36. Son rôle : relayer au niveau départemental les informations nationales, être référent pour les adhérents indriens et rencontrer les personnalités politiques locales.
Ces nouvelles fonctions ne l'effraient nullement. « J'ai déjà l'habitude ! Je suis président d'une autre association ! », confie-t-il.