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Orange prend le train des luttes

Social

Hier matin les salariés d’Orange à Boulazac se sont mis en grève pour dénoncer les choix et la stratégie de leur direction, qui dans sa frénésie de réduction des coûts veut imposer des réformes portant directement atteinte à la qualité du service rendu, et aux conditions de travail. Ils étaient rejoints par les cheminots.

Rien ne va plus pour les techniciens de la société Orange, pâle émanation des Ptt devenus France-télécom, puis depuis le 1er juillet 2013, Orange.
Ces changements de dénomination ne sont pas anodins, car à chaque fois, ils signent des pertes d’acquis et de statut pour les nouveaux entrants. Ainsi, si les agents des Ptt (Poste, télécommunication et télégraphe) étaient tous fonctionnaires, en devenant France télécom en 1991 pour préparer l’ouverture à la concurrence, leurs jeunes collègues se sont retrouvés sous statut de droit privé. « Aujourd’hui, on ne compte plus que 25 % de fonctionnaires à la Poste » indique Thomas Lefort, de la Cgt-Fapt de Phil@poste, venu soutenir les grévistes qui ont aussi reçu le soutien des cheminots en lutte depuis neuf semaines.
Les raisons du mouvement chez Orange sont nombreuses, et ressemblent à s’y méprendre à celles qui provoquent colère et désespoir dans bien trop d’entreprises : manque de personnel pour assurer toutes les tâches et missions, manque de reconnaissance des salariés et de formation, conditions de travail en constante dégradation, et des projets d’entreprise ne prenant aucunement en compte la dimension humaine. Ainsi, la boîte veut mettre en place les Tes, Techniciens exemplaires et solidaires. Cette jolie appellation recouvre en fait une réalité bien sinistre représentant un grave recul social pour les agents concernés. Benoît, embauché en 2014, en fait partie, et il explique les dérives de ce projet : « Par exemple, si on a fini les installations prévues à midi, et que nous sommes dans le secteur de Nontron, nous devrons regarder sur une application interne sur notre tablette, s’il n’y  pas une autre intervention demandée dans le coin, pour nous y ren-dre de notre propre initiative ». En gros, il leur faudrait s’imposer à eux mêmes une charge de travail aléatoire, les horaires de pause, comme à midi, passant alors au second plan. Le jeune homme pointe aussi la perte de connaissances sur leur propre travail à cause de l’externalisation de certaines activités qui leur étaient dévolues du temps du service public. Comme dans toute boîte privée, la commercialisation prend le pas sur le service, et cela peut entraîner de réels soucis pour les techniciens qui risquent de se retrouver à effectuer des installations sur lesquelles ils ne sont pas encore formés.
Christian est entré aux Ptt en 1983. Depuis cette date, il assiste à une dégradation continue des conditions de travail, et le passage à France télécom, en 1998, a laissé des traces indélébiles dans l’entreprise. Faut-il rappeler le nombre de suicides que cela avait engendré ? « On n’arrêtait pas de nous expliquer par des entretiens individuels qu’on était nuls, et qu’on ne respectait pas les procédures mises en place » confie-t-il. Rabaissés, humiliés, exploités, certains n’ont pas supporté cette pression et y ont laissé la vie. Les leçons en ont été tirées... dans la sémantique. Désormais, le respect que l’entreprise doit à ses salariés, autant dans ses conditions de travail que dans sa vie privée, passe par une jolie appellation, Tes, mais dans les faits c’est un esclavage moderne qui leur sera imposé sous couvert d’exemplarité et de solidarité ! Par contre, aucune solidarité avec les clients puisque pour éviter de payer des heures supplémentaires, la direction a donné pour consignes de laisser en plan le travail s’il n’est pas fini. De plus, les techniciens devraient désormais gérer eux-mêmes le stock de matériel dont ils ont besoin là où, jusqu’à présent, un service était dévolu à cette tâche.
Les salariés d’Orange ont été rejoints sur leur piquet de grève par les cheminots, dont les quatre organisations syndicales (Cfdt, Cgt, Unsa et Sud) étaient présentes. Dans la lutte depuis maintenant neuf semaines, ils ont ensuite tenu une assemblée générale à la gare où a été votée à l’unanimité la poursuite de la grève pour la prochaine séquence qui se déroulera mardi et mercredi prochains.
« Nous, nous avons tout perdu au niveau du service public » constate un ancien des Ptt. « En plus, tout est devenu payant pour le client ». C’est bien ce que redoutent les cheminots, et ce pourquoi ils se battent. Leur statut, qui garantit le rendu du service, celui de l’entreprise, qui fait de même pour l’accès de tous au transport, sont notre patrimoine commun, que les citoyens doivent aussi défendre.

La convergence des attaques
Les cheminots luttent depuis plus de deux mois contre la réforme de leur entreprise publique, et s’ils ont rejoint hier les salariés d’Orange en grève, ce n’est pas un hasard. Ces derniers ont été victimes de ce qui attend la Sncf, une privatisation entraînant dégradation du service rendu aux usagers, qui ne seront plus que des clients, et des conditions de travail. à Phil@poste, Thomas Lefort (qui y est entré en 1998) constate les dégâts : « Maintenant, il faut faire du chiffre. On ne s’intéresse plus à ce qu’on fait, il faut juste que tout soit fini à la fin de la journée. à l’atelier de vérification, il n’y a plus que quatre agents, c’est une machine qui fait le travail et qu’on doit surveiller. Il y avait plus de 100 personnes affectées à ce poste dans les années 2000, et environ 40 en 2010 ». Un timbre mal calé, c’est ennuyeux, mais s’il s’agit d’un train, on imagine les conséquences...

Des Ptt à Orange
Dans les années 70,  le service public du téléphone est arrivé à développer un réseau extrêmement dense, parmi les plus performants du monde, assurant à tous ses employés le statut de fonctionnaire avec des traitements, des avantages et des conditions de travail très avantageux, tout en laissant chaque année à l'État des excédents entre recettes et dépenses extrêmement importants. Devenus France télécom en 1988, c’est dans les années 90 que le virage de la privatisation est pris, aboutissant à la création d’Orange.