Le Département se délocalise

Inauguration

La seconde Maison du département réalisée après celle d'Auzances, et qui vient renforcer ainsi la proximité du Conseil départemental sur les territoires vient d’être inaugurée à Bourganeuf*. Regroupant les Unités Territoriales d'Action Sociale (UTAS) et les Unités Territoriales Techniques (UTT), cette Maison du département rayonne sur trois communautés de communes - Ciate, Bourganeuf - Royère et Grand-Bourg -, soit une quarantaine de communes. Ses locaux sont implantés dans l’ancienne gare SNCF, dont le bâtiment a fait l’objet d’une restauration dans les règles de l’art et auquel ont été adjointes deux ailes respectueuses du style de la façade.
675 m2 de bureaux qui accueillent 28 agents, dont 5 pour l’UTT) et 23 pour l’UTAS avec une équipe pluridisciplinaire composée d’assistantes sociales, d’éducatrices spécialisées, d’un médecin PMI (Protection Maternelle et Infantile), d’une psychologue, d’une puéricultrice et de chargées d’insertion. Cette maison, ouverte depuis septembre, offre un service de proximité en faveur des publics fragilisés par le handicap, l’âge ou au-tre moment de vie difficile. Les délais de rendez-vous se réduisent; les visites médiatisées entre parents et enfants s’organisent sereinement et les consultations du centre de planification les réalisent en toute discrétion.
Et un peu d’histoire
Jean-Jacques Lozach, conseiller départemental de Bourganeuf s’est livré à une évocation historique de la gare. Il rappellera que c’est sous sa mandature de maire de Bourganeuf qu’elle a été achetée, afin que l’un des fleurons du patrimoine architectural local ne parte pas dans le domaine privé. Elle se trouvait alors dans un tel état, que des travaux ont dû être rapidement menés afin de la mettre hors d’eau.
Jean-Jacques Lozach fera encore un rappel historique, en citant la date de 1875, année de la déclaration de la ligne «d’utilité publique», suivie de la lutte intestine bourganiaude pour le choix du lieu d’implantation de l’édifice. Enfin, il citera la date figurant au fronton du bâtiment, «1883», année de l’inauguration de la gare et de la ligne Vieilleville - Bourganeuf, par Martin Nadaud, lequel menait parallèlement un combat contre l’État et la Compagnie d’Orléans afin que Bourganeuf ne soit pas un cul de sac ferroviaire, mais bien un lieu de passage vers Felletin, Eymoutiers et Ambazac. Martin Nadaud disant d’ailleurs à ce sujet : «C’est la première fois depuis que je suis entré dans la vie politique, que je laisse de côté l’intérêt général pour prendre la défense d’un intérêt local, mais dans la convention avec la Compagnie d’Orléans, le département de la Creuse a été si mal traité, que mes collègues (*) et moi-même, avons dû présenter notre amendement, notre département ayant été abandonné par les différends gouvernement, faisant des chemins de fer pour tous les départements et refusant d’en faire un chez nous… ».
Il terminera par une référence à une 2e personnalité à travers une anecdote datant de 1910-1922 et concernant René Viviani, alors président du Conseil et député de la Creuse, qui participait aux séances du Conseil général en tant que conseiller général de Pontarion. Venant en train, et arrivant à Bourganeuf de nuit, un auvent a été spécialement construit afin de protéger son wagon des intempéries et du soleil, afin qu’il puisse terminer sa nuit paisiblement.  
L’histoire de la gare se poursuit avec l’échec des négociations menées avec la SNCF, après la tempête de 1999, alors que la Région avait investi 600.000 Francs pour qu’elle devienne une gare d’évacuation des bois abattus.
(1) Inauguration par Valérie Simonet, présidente du CD23, entourée des chefs de service, de Jean-Jacques Lozach, sénateur, de Jean-Pierre Jouhaud, maire de Bourganeuf, des conseillers et élus départementaux et municipaux entre autres nombreuses personnes présentes.
(2) Il y avait à l’époque 3 députés creusois…

Un peu de technique
La façade principale de la gare a été conservée et restaurée,  les 3 niveaux ont été entièrement recréés à l’intérieur (470 m2), et une extension de deux ailes modernes (675 m2) a été rajoutée. Le bâtiment, à basse consommation d’énergie, est chauffé par une chaudière à granulés bois et des panneaux photovoltaïques. Les espaces de stationnements de 1.500 m2, offrent 35 places pour les agents et 13 pour les visiteurs, quant à la signalétique installée et à l’éclairage, ils fonctionnent à partir de panneaux voltaïques intégrés aux mats. Par ailleurs, le traitement des espaces verts a fait l’objet, dans les marchés, d’une clause sociale permettant d’en réserver l’intervention à des structures adaptées, comme l’ADAPEI. On notera que cet ensemble est parfaitement intégré dans le paysage urbain existant, et redynamise un quartier qui, comme l’a rappelé le maire de Bourganeuf, est destiné à subir des transformations et des développements. Les travaux ont démarré le 2 mars 2015, pour un coût global d’environ 2,1 millions d'euros TTC, financés à 100% par le Département.