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Polémiques et agitations autour du Rex !

Cinéma

L’avenir du cinéma Rex est au cœur des débats qui secouent actuellement la ville, après l’intervention de l’élue communiste Martine Contie et de l’article dans l’Echo, jeudi dernier, sur la fin de la délégation de service public.
 

Il semble que Bernard Duroux, le directeur et président de l’association Cinéma Rex de Brive se souviendra de «son» Cannes 2016. C’est sur place qu’il apprend son prochain licenciement et l’arrêt de la délégation de service public pour la gestion du cinéma d’Art et d’essai de Brive. Rappelons-nous alors que la question n’était pas inscrite à l’ordre du jour. Martine Contie, élue communiste de la ville de Brive questionnait en conseil municipal le maire Frédéric Soulier, sur l’avenir du cinéma Rex alors que la délégation de service public (DSP) arrive à son terme à la fin du mois de juin prochain. «Le rapport propose la fin de la DSP et le passage à une gestion en régie» répond celui-ci. Pour Bernard Duroux c’est la fin de 36 ans d’une passion dévorante et créative.
Dans la foulée, le lundi, une pétition est lancée sur internet «Contre la fermeture du Rex» et recueille en deux jours plus de 1.600 signatures et quelque 500 personnes se déplacent directement au Rex pour en signer une autre, prendre des nouvelles et apporter leur soutien. Réaction immédiate de la mairie qui contacte les administrateurs du site pour que «cessent les pétitions lancées depuis quelques jours sur divers sites internet et où certaines sources pourtant bien informées se permettent de répandre des propos fallacieux sur les incidences de cette reprise en régie», et les informe également que la municipalité a «saisi (son) conseil juridique afin d'étudier d'éventuelles suites judiciaires à ces dénigrements».
Dans le même temps, mardi soir, Jean-Marc Comas, adjoint à la culture et le directeur du service culture de la mairie, Guillaume Delpiroux invitent la presse afin d’expliquer le passage du cinéma en régie directe. «Il n’est pas acceptable de dire que le cinéma Le Rex va fermer» débute l’adjoint apparemment sous le coup de son incompréhension face à une «information manipulée et insultante».
Le 28 avril, la commission de délégation de service public émettait un avis défavorable sur la reconduction de la gestion par l’association, à la suite de deux reconductions successives «pour nous donner le temps de bâtir les conditions de la prolongation» explique Guillaume Delpiroux. «Nous n’avions reçu aucune autre candidature». C’est sur un «faisceau d’éléments» que repose ce refus. «La contribution financière demandée est passée de 190.000 euros HT à 228.000 euros HT par an. Très éloignée de la ligne budgétaire actuelle». Mais, la municipalité reproche aussi à l’association de ne pas avoir de conseil d’administration et que les fonctions de président et de directeur soient occupées par une seule et même personne.
«A ce jour, un agent spécialisé en ressources humaines va se charger du dossier et aller à la rencontre des salariés, pour que chaque salarié du Rex devienne un employé de la Ville» poursuit Guillaume Delpiroux. L’ensemble de l’équipe sera reprise à l’exception de Bernard Duroux. «L’ancien agent territorial à la retraite ne peut pas être réemployé». Pour le succéder, la mairie va recruter un directeur de programmation d’Art et Essai : «la fiche de poste est prête».
A partir du 1er juillet, la gestion passera en régie directe, ce qui laisse quatre semaines pour recruter un nouveau directeur (et licencier le précédent).
«Nous allons profiter des grandes vacances pour mettre tout en place». La programmation sera interrompue sur une période de transition «aussi courte que possible» et «inciter les employés à prendre leurs vacances sur ce temps-là : de un à deux mois». Une première pour le cinéma qui n’avait pas fermé ses portes une seule journée depuis trente-six ans.
Concernant le coût du passage en régie directe : «Il est difficile de répondre si elle sera moins chère» avoue le directeur de la culture qui se laisse un an d’exercice pour comparer. La ville de Brive sera donc la première ville de plus de 10.000 habitants à se doter d’un cinéma en régie municipale : «Il n’y aura pas de concurrence avec le CGR car nous ne serons pas sur le même champ de bataille» confirme Jean-Marc Comas.

Murielle Babin

Les Amis du Rex seront en assemblée générale extraordinaire au Cinéma Rex le 8 juin à 18h.


Pendant ce temps-là au cinéma...

Etrange façade, où chaque affiche des films de la semaine est recouverte d’un papier blanc. Sous le hall, des affiches blanches également ont laissé libre l’expression de quelques passants.
A l’intérieur, la pétition est mise en libre accès, mais France qui vend les tickets derrière sa vitre de verre est interpellée régulièrement par des passants qui viennent aux nouvelles. Comme Laurent qui vient de Dordogne. «Je me rends régulièrement à Brive pour des rendez-vous médicaux ou pour faire des courses. Je suis venu aux nouvelles et aussi pour soutenir le cinéma». Cinq cents personnes sont venues depuis trois jours, directement apporter leur soutien et parfois même proposer des actions. «Il y a beaucoup d’incompréhension, de colère...» explique Bruno, un autre employé.
Dans la salle, des «petites dames» sont la pour voir «Elle» avec Isabelle Huppert. «Pour beaucoup le cinéma est leur sortie de la semaine et les personnes âgées apprécient de pouvoir profiter des salles obscures durant l’été, elles sont très inquiètes depuis l’annonce de la fermeture cet été».
Une photocopie affichée au mur recense les premiers messages de soutien parvenus sur internet. Beaucoup font la relation avec d’autres décisions prises par la municipalité : le Garage, l’école Cardinal, la piscine Gaëtan-Devaud. Ce soir, à 18h30, une réunion de l’association des Amis du Rex présidée par la cinéaste Diane Baratier, est annoncée sur des petites affiches collées ça et là.
Bernard Duroux s’active. Lui aussi semble éberlué par cette décision. «Je n’ai reçu aucun message de la part de la mairie depuis que j’ai été averti par la presse que je serais licencié le 30 juin». Pour lui, fermer deux mois, «c’est la mort du cinéma. Car on vit sur un fil, avec un équilibre budgétaire très fragile». Il ajoute même : «un tel paquebot, c’est inexploitable sous forme municipale, dans sa forme et dans son esprit ! C’est pour cela que cette forme juridique avait été maintenue par les précédentes municipalités».
Le directeur, président et programmateur, confie «j’aurais pu croire à la municipalisation, si on m’avait demandé de continuer sous d’autres conditions». Et concernant le budget, il se défend de revenir au niveau des précédentes municipalités -plus le rattrapage d’aides promises qui n’avaient pas été versées- : «En 2015, la contribution avait baissé de 10%».
Les contributions de la mairie entrent à 30% du budget de fonctionnement (salaires, maintenance, chauffage...) : «Il n’y aura pas d’économie réalisée en passant sous régie municipale» selon lui.

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