Construction bois : le jeu en vaut-il la chandelle?

Salon de l'Habitat

Pour sa trentième édition, le Salon de l’habitat de Brive accueillait près de 130 exposants représentant tous l’ensemble des professions liées à l’habitat. Des combles au jardin, de la domotique à la décoration, la maison a fait «salon» dans toutes les pièces, ce week-end, à l’Espace des Trois Provinces. Economies d’énergie, confort, budgets, font généralement partie des premières questions soulevées lorsqu’on se lance dans un projet lié à son habitation. Et dans cette constellation de produits et de techniques, le bois séduit de plus en plus de particuliers.
«En dix ans, la part de marché du Bois dans les maisons individuelles est passée de 4 à 10% au niveau national» souligne Hugues Petit-Etienne de Bois Lim, l’interprofession de la filière forêt bois en Limousin.
En 2005 en Limousin, le nombre de maisons individuelles en bois représentait pour l’ensemble de la région, 14,1% du nombre de maisons individuelles commencées avec un taux record en Corrèze (21,2%) qui plaçait à l’époque le département au 2ème rang des départements français dans la construction bois. Des chiffres anciens à prendre aujourd'hui avec des pincettes dans l’attente d’une réactualisation prévue cet été.
En progression, le secteur souffre   malgré tout encore du «syndrome des trois petits cochons» note le délégué construction bois. Pourtant, à l’heure où le résidentiel constituerait près de 40% des émissions de gaz à effets de serre, le bois pourrait présenter une alternative au «tout béton» hérité de l’après guerre.
Si pour l’heure le coût de construction peut s’avérer supérieur à une construction traditionnelle, la révision de la réglementation thermique pourrait rapidement inverser la donne. «Le bois est un matériau qui présente une faible conductivité thermique. Plus on va vers une réglementation exigeante plus le bois deviendra compétitif» anticipe Hugues Petit-Etienne.
En effet, alors même que la RT 2012 entrée en vigueur le 1er janvier 2013 est à peine digérée par le monde du bâtiment et les ménages qui font construire leur logement neuf, l'État français prévoit d'en remettre une couche d’ici 2020 avec les maisons à énergie positive. Mais d’ici là, il y aura d’abord 2017...
Une opportunité pour la filière bois limousine qui pourtant ne se limite pas seulement à la construction individuelle pour tirer son épingle du jeu.
Car si le bois suit la tendance du secteur du bâtiment, encore «peu dynamique» il trouve d’autres  voies de développement par son usage dans les rénovations ou les extensions. Mais c’est peut-être par son intégration dans les projets de bâtiments publics que le bois joue sa meilleure carte car les caractéristiques thermiques n’ont pas échappé à des collectivités locales toujours en recherche de limiter ses dépenses de fonctionnement.
En ce sens, la Corrèze ne déroge pas à la règle.
Aussi, si la France peut paraître encore un peu à la traîne pour ce qui concerne les constructions individuelles par rapport à des pays tels que la Finlande ou l'Amérique du Nord (où la part du bois représente près 80% du marché), elle commence à se faire une petite réputation dans ce secteur.

Mathieu Andreau

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.