Fil info
18:39RT : Au fait merci pour le coup de projo cette semaine. Ça nous a fait plaisir ! https://t.co/tUxoF9VjQE

«L’Etat assèche les agences de l’eau»

Social

Tandis que l’agence de l’eau Adour Garonne organisait un forum avec les différents acteurs pour poser les bases d’un plan d’adaptation au changement climatique, une grève des agences était aussi à l’œuvre pour dénoncer une baisse budgétaire et d’effectifs.
Si d’un côté les conséquences du réchauffement climatique demeurent l’enjeu majeur des agences de l’eau d’ici l’horizon 2050, la menace de la sécheresse budgétaire est prise au sérieux dans un délai bien plus bref.
Près de 75% des agents des agences de l’eau étaient en grève, hier au niveau national. A Brive, ils étaient 12 sur 15.
«Face aux engagements de la France à respecter  les objectifs de la Directive Cadre sur l’eau de 2000, renforcés par la loi biodiversité de 2016, le défi du changement climatique apparaît comme une urgence de mobilisation de moyens. Pourtant les agences de l’eau doivent subir un nouveau prélèvement de l’Etat à partir de 2018 se traduisant par une baisse budgétaire d’environ 300 Me et une baisse significative de leurs effectif s en personnels. En résumé ce qui nous attend, c’est une augmentation des missions, couplée à une baisse des moyens» détaille Fabien Auradou, représentant du personnel de l’agence de Brive. Concrètement les six agences de l’eau au niveau national verront dès l’année prochaine leurs budgets annuels amputés de 20 % pour financer l’Agence Française de Biodiversité (AFB) ainsi que l’office national de la chasse et de la Faune sauvage et les parcs nationaux.

La goutte qui fait déborder le vase

Et si à Brive cette journée de grève coïncidait avec le forum organisé par l’agence Adour Garonne, cette grève nationale tombait aussi et surtout à la date même où le ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, Nicolas Hulot, présidait un comité technique pour examiner le projet de loi de
finances 2018. Car pour les agents, au delà de la baisse des budgets annuels, c’est tout un «principe fondateur des agences de l’eau» qui est remis en cause. «Jusqu’à présent le système l’eau paye l’eau prévalait. Demain, les redevances de l’eau ne seront plus redistribuées exclusivement aux agences mais financeront la biodiversité et la chasse» souligne le représentant syndical.
«En parallèle, 30 à 40 postes pourraient être supprimés d’ici 5 ans, sur les 240 que compte l’agence Adour Garonne. De plus notre ministère veut faire évoluer notre statut en nous proposant de devenir fonctionnaires d’Etat sauf que seuls 50 à 75% de notre ancienneté au sein de l’établissement ne seraient retenus et sans prise en compte de l’expérience dans le privé. C’est une casse du système des agences de l’eau qui est dans les tuyaux avec une recentralisation de la politique de l’eau qui mettra à mal le service public. Il s’agit d’une dérive de la politique de l’eau alors même que notre modèle de gouvernance par bassin fait référence au niveau européen» alerte Marie Laure Courivaud, représentante du personnel à l’agence de Brive.
Comme quoi nouveaux défis et adéquation des moyens ne coulent pas toujours de source !   

Mathieu Andreau

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.