Foire du livre : Départ d’un voyage sans frontières

Littérature

Le top départ du dernier grand rendez-vous venant clore la rentrée littéraire française a été donné ce vendredi après-midi.

Repus, les auteurs ont finalement pu se dégourdir les pattes en terres gaillardes avant de mettre leurs poignets à rude épreuve lors de ce long week-end de rencontres et ... de dédicaces.
A peine le temps de quitter la gare, les festivités débutaient sous la halle Brassens pour le grand entretien du président de cette édition placée sous le signe de l'ouverture et de l’accessibilité : Laurent Gaudé. Et ce créateur protéiforme n’a pas manqué d’imprimer sa patte à cette trente-sixième édition en invitant coups de coeur littéraires et et rencontres artistiques. L’auteur qui ne pouvait refuser «l’occasion de devenir président» même pour «un mandat extrêmement court» a imaginé sa présidence aussi en qualité de lecteur pour «rencontrer des auteurs qu’[il] admire».
Et il ne s’est pas trompé. Le capitaine du cru 2017 a constitué un équipage de choix pour des moments privilégiés. Avec Eric Vuillard, d’abord, Prix Goncourt 2017, pour un dialogue entre lauréats portant sur la fabrique de l’histoire (samedi à 10 heures) ou encore avec Alice Zeniter pour une rencontre intitulée «Le chant des vaincus» (dimanche à 14 heures).
Mais ce président lecteur n’en est pas moins auteur et dit même «avoir besoin d’admirer pour écrire». «J’avais envie d’entendre ces voix intéressantes et belles d’aujourd’hui car ce qu’ils écrivent me nourrissent aussi en tant qu’écrivain. Je crois en la puissance des mots. Nommer les choses n’est pas anodin. Même si mes mots ne changeront pas la réalité, ne pas le faire serait une démission inacceptable. La littérature a toujours eu ce fantasme d’écrire pour ceux qui n’ont pas de voix, les oubliés, ceux que l’Histoire a balayés ou ceux qui sont dans l’ombre».
Venu à la littérature par le théâtre, Laurent Gaudé n’écrit finalement que pour partager une sensation, des émotions pour dire quelque chose de l’homme. Car «il n’y a pas d’autre endroit où l’on peut chercher à quoi ressemble l’homme, comment ça marche. La vie, l’amour, la mort, si on enlève ça, on va parler de quoi ? C’est ce que nous avons en commun».  Et si souvent il convoque des personnages historiques ou mythologiques, c’est encore parce qu’ils permettent de «toucher du doigt le grouillement intérieur».

Célébrités cathodiques

Mais pour ce lancement, le grouillement était tout autant à l’extérieur,  avec de longues files d’attente qui commençaient à se former aux abords de la halle Brassens malgré un crachin de saison. L’entrée passée, quelques célébrités cathodiques et gastronomiques attiraient les groupies tandis qu’Olivier Guez, lauréat 2017 du Renaudot pour «La disparition de Josef Mengele», pouvait prendre le temps de discuter avec ses lecteurs.
Debout et accoudé sur une pile conséquente d’ouvrages, Christian Signol, lui, faisait déjà chauffer son stylo.  
Sur le stand dédié aux bandes dessinées, Daniel Casanave, les favoris impeccablement taillés, s’appliquait à parfaire ses dessins de dédicaces de son ouvrage expliquant la biodiversité et co-signé avec Hubert Reeves. Comme le président, le dessinateur vient aussi du théâtre. Mais rapidement il décide de se tourner vers la BD quand celle-ci a connu un tournant dans les années 1990 en créant des adaptations de pièces. Depuis, ce sont Verlaine, Flaubert, Shelley et maintenant de Nerval qui passent sous ses pinceaux. «L’idée est avant tout de donner envie aux lecteurs de lire les textes originaux» indique-t-il.
Une ouverture sur la littérature qui est, au final, le coeur de la foire...

Mathieu Andreau


La lecture en foire permanente aux Chapélies
La 36e édition de la Foire du Livre a été marquée ce vendredi par l’inauguration officielle de la nouvelle médiathèque aux Chapélies. Un espace qui a ouvert ses portes lundi dernier, plus convivial et attrayant pour créer un lieu de rencontres et d’échanges autour de la lecture. Les 15.000 références ont donc trouvé leur place sur les rayonnages de ce nouveau point névralgique du quartier situé place Nelson Mandela. Adieu les étages pour entrer de plain-pied dans la découverte de nouveaux horizons, étendus désormais au septième art avec l’apparition d’un fonds de DVD. De quoi planter de nouvelles graines de connaissance et de soif d’évasion dans toutes les têtes. Baptisée Michel Dumas, la médiathèque offre désormais à la lecture la possibilité d’être en foire toute l’année.

 

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