Une matrice à de nouvelles coopérations

Santé

Depuis une semaine la maternité des Trois-Provinces, issue de la réunion de celles de l’hôpital et de la clinique Saint-Germain, est née. Une coopération public/privé qui n’est pas sans en appeler d’autres.
Ce rapprochement des maternités de l’hôpital et de la clinique Saint-Germain est «une histoire peu banale» selon le directeur général de l’ARS. Ce projet qui a su «faire table rase du passé» et de ces tentatives avortées ouvrirait même de nouvelles perspectives «au service de l’attractivité du territoire».
Car cette nouvelle entité, dans laquelle chaque établissement «garde sa personnalité», revêt «un enjeu fondamental de l’offre de soin sur le territoire et offre une opportunité de croissance pour la ville» a souligné le maire, Frédéric Soulier. «Le bon sens a fini par l’emporter et nous avons su  dépasser les représentations du passé pour remettre au cœur de notre action les attentes du patient» indique, quant à lui, Vincent Delivet, le directeur de l’hôpital de Brive.
Tant et si bien que cette maternité pourrait servir de matrice à une coopération plus large entre les deux établissements, notamment à travers le  groupement de coopération sanitaire (GCS) sur lequel ils s’appuient. «Nous pourrions aller plus loin ensemble» signale Vincent Delivet qui évoque d’emblée la poursuite des échanges sur les soins de premiers secours et les soins de suite et même la chirurgie. «C’est une nouvelle étape qui  s’ouvre aujourd’hui devant nous».
Cette étape marquerait-elle pour autant la fin de la clinique Saint-Germain ? «Pas du tout, répond le directeur de la clinique, Jean Lagneau. Nous entrons dans une démarche de collaboration avec l’hôpital mais aussi avec la clinique des Cèdres pour être une 3e voie, un trait d’union au service du patient. Nous allons continuer à nous appuyer sur la chirurgie pour mettre nos pratiques en commun avec le centre hospitalier. Il s’agit de miser sur la synergie des acteurs de santé du territoire plutôt que de les mettre en concurrence» explique-t-il.
Une réflexion commune sera d’ailleurs menée avec le centre hospitalier concernant l’optimisation des plateaux techniques (avec un partage des investissements) ainsi qu’une optimisation des fonctions logistiques (stérilisation, pharmacie, radiologie,...).
La clinique a d’ores et déjà décidé de faire évoluer son service d’accueil et de soins (SAS), dédié à la «bobologie», en maison médicale en partenariat avec les urgences de l’hôpital.
Une orientation qui pourrait favoriser le désengorgement des urgences qui a vu son activité grimper de 9% en 2017... même si ce n’est pas vraiment pour tout de suite. Si cette maison médicale devrait accueillir entre 5 et 6 généralistes, cette montée en puissance ne sera que progressive. Aussi un médecin généraliste devrait s’installer dans cette maison de santé en juin et un second d’ici septembre. Il faudra, en revanche, attendre la  promotion des futurs diplômés pour étoffer l’offre. «Une fois qu’on aura créé cet appel d’air on espère attirer d’autres médecins» souligne Jean Lagneau. «C’est une innovation pour contrer l'appauvrissement de l’offre en médecine générale» poursuit Michel Suberville, président de la CME de la clinique.
Car si Brive compte aujourd’hui 54 généralistes, leur nombre pourrait, sous l’effet des départs à la retraite, fondre à 37 d’ici 5 ans.
D’un coût de 800 Ke financés à 50% par l’ARS, la maternité des Trois-Provinces semble donc inspirer de nouveaux projets car «ce type de  coopération préfigure l’avenir» résumait Michel Laforcade. Ce rapprochement complète également la stratégie de l’hôpital qui s’inscrit dans celle du Groupement hospitalier du territoire du Limousin et pour lequel le CH de Brive veut consolider son rôle de recours sur le territoire.

Mathieu Andreau

Prime Hype DF 2016 EP