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Olivier Dartigolles

Interview

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, sera demain à 18h, salle Dumazaud à Brive, pour présenter  son livre «Macron Entreprise de Démolition».
Le président Macron est élu depuis moins d’un an et vous titrez votre ouvrage «Macron entreprise de démolition». Il s’agit donc d’une marche forcée pour réformer le pays ?
Macron et sa majorité maintiennent un rythme très soutenu de «réformes». Ils évoquent même une stratégie de «tapis de bombes» avec  chaque semaine de nouvelles annonces. Regardez ces derniers jours : Villani et les maths, Edouard Philippe et Agnès Buzyn sur l’hôpital, Blanquer et la réforme du bac, le rapport Spinetta sur  la SNCF... Le macronisme entend «transformer le pays» en s’appuyant sur deux leviers : celui d’une  détermination sur le thème «on agit, on avance» et celui qui explique que le statut quo n’est pas une solution. Le livre fait le récit des premiers mois. Jamais, avec une telle rapidité, et aussi brutalement, un nouveau pouvoir n'avait osé frapper aussi fort au cours des dernières décennies. C’est inédit. Il faut bien prendre la mesure d’une opération de très grande envergure, minutieusement préparée par les puissances de l’argent qui ont trouvé en Macron le candidat idéal  pour faire basculer notre pays dans un tout autre modèle de société : celui «des premiers de cordée», d’une France start-up... où les enfants des quartiers populaires ne pourraient plus décider, librement, de leur avenir. Où l’inconditionnalité de l’accueil dans les centres d’hébergement d’urgence ne serait plus assurée. Où on va chercher dans les poches des allocataires des APL ou des retraités  modestes de quoi financer la suppression de l’ISF. Cette France ne donne plus «le vertige» comme le proclamait Jean Ferrat. J’ai vu ce qui vient de se passer à Tulle. Si des nazillons se sentent aujourd’hui pousser des ailes, c’est que les valeurs de justice, de liberté et de fraternité sont contestées par des forces réactionnaires qui veulent prendre leur revanche sur les principales conquêtes sociales et démocratiques. A la fin du livre, je pose une question. Si l’alternative à Macron n’est pas progressiste, pour une transformation sociale en rupture avec les logiques actuelles, avec de nouvelles conquêtes, droits, alors cela peut aller au pire. Il faut en être conscient et agir en responsabilité.
La loi El Khomri avait posé l'acte 1 des ordonnances de la loi travail. En 2016, la rue avait contesté ce projet. Les ordonnances sont passées comme une lettre à La Poste ! Comment expliquez vous cette différence ?  
Le quinquennat Hollande pèse très lourd. La somme des trahisons et des renoncements a mis à terre l’idée de gauche, celle d’une politique favorable à celles et ceux qui ont le plus à attendre d’un véritable changement. Des repères et des valeurs sont à reconstruire, à reconvoquer dans le débat public et dans la bataille idéologique. Alors que les ordonnances donnent les pleins pouvoirs au patronat, que l’exécutif veut en finir avec les organisations syndicales, le PCF apporte son soutien aux syndicalistes, aux femmes et des hommes qui se mobilisent pour s’opposer à Macron. Nous prenons aussi des initiatives comme le tour de France des hôpitaux avec nos parlementaires. Il y a un énorme potentiel populaire et citoyen dans notre pays pour prendre une autre direction à celle voulue par Macron. Regardez l’émotion provoquée dans le pays tout entier avec la libération de la parole des salariés travaillant dans des EHPAD. La vérité finit toujours pas se venger. Des millions de gens ont pu mesurer combien l’austérité budgétaire, les économies, la rentabilité pouvaient ne plus permettre à nos aînés d’être traités  avec dignité et bienveillance.
Derrière cette «modernité» vous voyez le retour de l’asservissement humain. De quoi est fait cet asservissement ?
Macron moderne ? Voilà une belle supercherie ! Je ne vois rien de plus ringard, rien de plus passéiste que de vouloir fermer des lignes ferroviaires en disant aux usagers    «prenez vos voitures ou montez dans des bus», c’est pas le top quand même à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique et les grands défis de la période concernant les enjeux environnementaux et énergétiques. Blanquer pense vraiment qu’une dictée permettra une meilleure compréhension d’un texte... Je donne d’autres illustrations dans le livre sur les questions du travail. Développement des capacités humaines et démocratie sociale à l'entreprise ou précarisation accrue, souffrance au travail, loi de l'arbitraire patronal ? Avec Macron,  comme le disait Marx, «toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité».
La fin momentanée du système des partis de pouvoir et le rabattage des cartes politiques sont-ils des facteurs qui pèsent dans le climat social et politique?
L’élection de Macron à l’Elysée et d’une majorité à ses ordres à l’assemblée ne sont pas le terminus de la crise politique et démocratique. Ils n’en sont que les derniers soubresauts. Il y aura de nouvelles secousses. La recomposition politique n’est pas achevée. La situation reste marquée par de l’instabilité. De nouvelles marques électorales ont su tirer profit d’un climat dégagiste. Avec un nouveau mode de fonctionnement, de nouvelles pratiques ? A y regarder de plus près, les nouveaux mouvements ne me semblent pas être la panacée sur la question de la démocratie. Or, pour  moi, l’enjeu démocratique est central pour répondre au mécontentement, à la colère d’un très grand nombre de citoyennes et de citoyens vis à vis de la politique, des partis politiques. Sur proposition de Pierre Laurent, le PCF a décidé d'un congrès extraordinaire en novembre prochain. Toutes les questions sont sur la table, y compris notre mode d'organisation, la manière dont nous voulons être réidentifié dans la société toute entière. Il y a une crise de la politique et une crise des partis politiques. Il faut y répondre. Chaque soir où je présente mon livre, je peux mesurer les potentiels. Dans la société, un très grand nombre de personnes, de forces s'intéressent à nos idées sans y mettre toujours les mots que nous y mettons. L'initiative samedi dernier, à Paris, autour de la pensée de Marx montre l'extraordinaire effervescente de la période actuelle. Macron apporte d'ailleurs une belle contribution pour rappeler l'actualité de la lutte des classes, le clivage gauche/droite. C'est le seul compliment que je lui adresse dans le livre !
Quelles sont les atouts et les défauts de Macron ?
Macron est habile. Il maîtrise l'art de la communication avec de puissants relais dans les médias dominants. Mais, en quelques mois, les masques sont tombés. Nous n'en sommes plus à la macromania, à la période jupitérienne. Macron a dû redescendre sur terre. Il est aujourd’hui le «président des riches». Alors qu’il s’était engagé à une amélioration rapide du pouvoir d'achat, la réalité est têtue. Pour le plus grand nombre, les difficultés de la vie quotidienne s’aggravent. Au début du quinquennat, beaucoup de personnes se disaient «laissons lui sa chance», puis, dès cet été, les  premiers doutes sont apparus. Aujourd'hui, on assiste à des prises de conscience en accéléré. Sur des questions comme l'avenir des services publics, le débat à venir sera déterminant. Macron peut être mis en difficulté à la condition de ne pas avoir de bataille «défensive», de dire notre vision de l’avenir, de proposer un imaginaire. 
Comment la riposte et l’émergence d’une politique de progrès et de transformation sociale peut-elle s’écrire ?
Par l'écoute et le respect, par le travail en commun et les convergences les plus larges rassemblant toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas de la politique de Macron, qui ne pensent pas qu'il faut attendre la prochaine élection présidentielle pour agir, qui partagent des valeurs essentielles. Fixons-nous des objectifs, nationalement et à l'échelle de nos lieux de vie. On peut avoir des débats, des controverses, mais c'est toujours mieux de les avoir à partir du réel, de la complexité de la période, des contradictions. Macron va devant de grandes difficultés car la mise en œuvre de sa  politique va provoquer des ruptures. Elle en provoque déjà. Face aux premiers de cordée, nous n'avons pas besoin d'un premier des opposants mais d'un front le plus large possible, combatif, dans la durée, des solutions pour le progrès humain, social, démocratique et environnemental.
 

Propos recueillis par Serge hulpusch

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