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Des billets à guichets fermés...

Social - Gare SNCF

Depuis jeudi, les guichets de la gare de Brive ont baissé le rideau. Sur les quatre, deux ont réouvert hier en début d’après-midi.

Les représentants syndicaux sont plus que soucieux, ils parlent d’«une situation sanitaire de pire en pire. La direction SNCF travaille à la  restructuration  des guichets. À Brive, elle prévoit la suppression de deux guichets sur les quatre à partir du 1er octobre prochain ce qui signifie 4  postes supprimés». Une perspective qui a créé une onde de choc au sein de l’équipe provoquant des arrêts de travail en chaîne. Le personnel s’est vu informé directement sans que les instances ad hoc soient à leur côté comme le prévoit le protocole. Ce manque d’effectif soudain a eu pour   conséquence la fermeture temporaire des guichets.
Les voies du Silence
Sur place, l’ambiance est au silence. Les guichetiers ne sont guère loquaces sur la situation. Dernièrement, une de leurs collègues s’est vue  recevoir un blâme pour avoir confié son quotidien à la presse.
David Brenet, directeur territorial Limousin-Périgord à la SNCF, était à Brive hier après-midi, il n’a pas souhaité s’exprimer sur le devenir des  guichetiers de la gare de Brive. Jean-Michel Bernard, du service communication de la SNCF dément la suppression de postes et la fermeture des guichets. Cependant il ne nie pas que «des discussions sont en cours concernant Brive pour réfléchir à des horaires aménagés».
Pour la CGT, les horaires contraints préfigurent une fermeture définitive. Selon le syndicat, la manœuvre est claire : «La politique nationale est de s’orienter vers le numérique et les bornes automatiques. Certains billets de train ne sont pas mis en vente au guichet mais seulement par internet. La volonté est de garder 30 guichets sur l’ensemble de la Région. Ce que le Conseil Régional refuse. Lors de la nouvelle convention Arnaud Lagrave s’était engagé à aucune fermeture !» dénonce Franck Arrivé, délégué CGT. Au service communication, on précise qu’il s’agissait de fermeture de  gare... Le grand patron Guillaume Pepy ne cache pas sa volonté de voir fleurir des «guichets mobiles». L’homme de se réjouir publiquement, en  février dernier,  de l’idée du président de la confédération des buralistes de vendre des billets TER.
Tout pour le net
«Les chiffres montrent que 60 à 70% des ventes se font par internet. On ne peut pas aller contre son temps» défend Jean-Michel Bernard, qui n’est toutefois pas en mesure de donner un chiffre sur le nombre de billets surtaxés vendus à bord des trains par les contrôleurs faute de pouvoir les  acheter en gare ou en ligne... Des situations de plus en plus courantes du fait des automates en panne, des automates qui n’acceptent pas l’argent liquide ou parce que le voyageur se trouve en zone blanche avec l’impossibilité de se connecter. S’agissant de la plateforme téléphonique 3635, elle est surtaxée de 0,40ct par minute... Et rend impossible tout paiement en liquide. Or l’inopiné existe, il se peut que les usagers n’aient pas de carte bancaire ou de smartphone  ;  ils ne sont pas pour autant des fraudeurs.
«Ce sont les voyageurs qui sont sanctionnés alors qu’ils sont de bonne foi. Ils montent dans le train, vont voir directement le contrôleur pour acheter leur billet mais les contrôleurs ne sont pas en mesure de leur vendre des tarifs guichet car leurs outils sont verrouillés» explique le syndicaliste. Une «particularité» que la CGT cheminots a fait savoir à la Nouvelle Aquitaine.
Ainsi, un aller simple Ussel-Brive en mode «tarif de bord» ou «tarif exceptionnel» s’élève à 20€ pour un jeune de moins de 25 ans, sans carte de  réduction au lieu de 10€. Incompréhension des voyageurs, gestion de conflits en hausse chez les contrôleurs et dégradation du service public.
Agents en voie de disparition
«Environ 800 postes de cheminots pourraient être supprimés sur la convention TER en cours. A ce jour, sur les réorganisations projetées sur l’ex Limousin nous sommes déjà à moins 40 emplois en 6 mois. Aujourd'hui, nous y sommes : c’est l’application concrète de la réforme et du pacte
ferroviaire qui est en marche !» s’indignent les syndicalistes CGT qui n’on de cesse d’alerter la préfecture de la Corrèze, élus locaux et Conseil Régional des orientations néfastes de l’entreprise SNCF en termes d’emploi et de services publics.  
Vous prendrez le bus
«À court terme, il ne resterait plus de présence physique dans les gares et les usagers se trouveront isolés. Pourtant dans la convention TER  renouvelée en début d’année, il est inscrit que le schéma de distribution défini en décembre 2017 ne serait pas modifié» soulève la CGT pour qui «le carcan économique imposé par la région n’est pas compatible avec le service public attendu par les usagers qui sont, avec les salariés, les victimes collatérales de la vision financière». Les cheminots cégétistes jugent la solution de la SNCF proposée aux élus locaux de remplacer les trains par des bus itinérants ou des bus de marché comme étant une supercherie. « C’est se moquer des Corréziens !».
Après Egletons, Meymac, Ussel, Bugeat, Tulle, Uzerche, Bretenoux, Souillac, au tour de Brive.  Les gares seront-elles des souvenirs ?
Sabine Parisot