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Ils ont marché pour Steve M. C.

Société

Le corps de Steve Maia Caniço a été retrouvé dans la Loire près d’un mois après sa disparition la nuit de la Fête de la musique à Nantes. Ce samedi, de nombreux rassemblements ont eu lieu à travers toute la France. À Brive, un cortège de 70 personnes a marché à travers la ville.

A plus de 400 kilomètres de la cité gaillarde, un drame se produisait. La nuit de la Fête de la musique, le 21 juin à Nantes, Steve Maia Caniço, un  jeune homme de 24 ans, animateur scolaire, trouvait la mort dans la Loire. Son corps disparu dans les eaux a été retrouvé le 29 juillet dernier. L’intervention policière qui a généré le funeste contexte a fait l’objet d’une enquête administrative de la part de l’IGPN. Si le rapport de cette première investigation ne détermine pas le responsable du drame, l’enquête judiciaire qui a été ouverte devrait permettre d’entendre toutes les personnes  présentes cette nuit-là. Que s’est-il passé à Nantes, au bord de la Loire ce 21 juin 2019 ? La jeunesse dansait sous la lune dans un pays sans  couvre-feu. Trente-trois grenades lacrymogènes, douze tirs de LBD et dix grenades de désencerclement ont été lancés. Un arsenal qui n’a que trop servi ces derniers mois et dont bons nombres de citoyens n’ont eu de cesse de dénoncer les abus d’utilisation. Il n’en fallait pas plus ni moins au  mouvement des Gilets Jaunes pour lancer un appel national au rassemblement et faire de Steve, le nouveau symbole des violences policières.
À qui la faute ?
Parmi ceux qui ont répondu à l’appel ce samedi à Brive, tous ne revendiquaient pas forcément l’habit jaune. D’aucuns se sentaient simplement  concernés car parents ou grands-parents. «Je pensais qu’on serait plus nombreux ! Ça aurait pu être mon fils. Il avait le même âge» s’alarme une manifestante. Ils étaient toutefois quelque 70 personnes à marcher sous les banderoles et affiches : «Justice pour Steve», «J’avais 24 ans, j’aimais  la musique, j’aimais la vie, je m’appelais Steve, je voulais vivre mais on m’a tué»...
Avenue de Paris, un jeune homme attablé à une terrasse de café lance «Hey Monsieur ! C’est qui Steve ?». Provocation stupide ou réelle  déconnexion de la réalité ? Alors de temps à autres, le cortège et ses banderoles s’arrêtent. Pour interpeller les passants, on explique à voix nue :  «Nous marchons pour Steve et pour tous ceux qui ont subi les violences policières lors des manifestations des Gilets Jaunes comme Zined  Redouane, tuée à Marseille par un jet de grenade lacrymogène alors qu’elle était dans son appartement. Aujourd’hui nous ne sommes pas Gilets  Jaunes, nous sommes tout le monde».
Derrière les verres de lunettes fumés des vacanciers et des badauds, les manifestants auront-ils jeté le trouble ? Mauvaises langues et tristes sires crieront à la récupération et à l’amalgame ! Pourtant, il existe bien un lien entre Steve et Redouane. Le responsable. Qui est-il ? Pour l’heure, un  inconnu. C’est ici que le bât blesse mais raccommode le gilet. On veut savoir, on veut que justice soit faite. Et puis, ça bouillonne dans les veines. On se souvient des mois de luttes, de revendications inaudibles, de Grands Débats tronqués, de manifestations autour des ronds-points. De solitudes  brisées, de solidarité retrouvées. Des vies amoindries, amochées par la répression, il y en a eu mais des vies agrandies par les rencontres  devenues de solides amitiés aussi. Ils avaient dit pas de politique ! Puis finalement...
La violence, une banalité ?
«Lui, il a subi des violences !» désigne un homme. Lui, c’est Éric Arnaud. Il tient une pancarte sur laquelle on peut lire : «Bavures partout, Justice nulle part». Il était à Souillac lors de la venue d’Emmanuel Macron, le 18 janvier dernier. Le dada d’Éric : se faire photographier en compagnie de  célébrités et notamment des présidents de la République, qu’importe leur couleur. «Je possède plus de 15.000 photos !» annonce-t-il fièrement. Jacques Chirac, François Hollande n’y ont pas coupé. Manquait le dernier en date. Alors ce jour-là, Éric était déterminé. Hélas, la même  détermination frappait le service d’ordre du chef de l’État. Aussi quand Éric a sollicité, à plusieurs reprises, les policiers pour réaliser son selfie présidentiel ; ces derniers ont interprété son défaut de langage pour une forte ébriété alors qu’il est dû à une aphasie subie après un grave accident  de la route lorsqu’il était jeune et duquel il est ressorti handicapé à plus de 80%. Le 18 janvier éclate une échauffourée entre Gilets Jaunes et forces  de l’ordre. Les policiers font usage de leur matraque, lui brisant les os de la main droite. Onze jours plus tard à Tulle, il se faisait arrêter devant le  commissariat de police alors qu’il rejoignait une manifestation de Gilets Jaunes. Du 18, il a gardé une certaine rancœur envers les forces de l’ordre. La méprise recommence. Eric s’agace, ça dégénère.
Cette fois, c’est lui qui pète un nez... Au bout du compte, le tribunal a tranché : affaire sans suite pour ce qui est de sa main brisée à Souillac. À  l’automne prochain, elle donnera son verdict et le montant des dommages et intérêts qu’il devra verser. La fourchette annoncée, entre 15 000 et  20.000€. Son ami de soulever : «Si c’était moi qui avais cassé sa main, j’aurais été à la barre des accusés. Vous voyez la nuance ?».

Sabine Parisot