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Pour une solidarité sans faille

Ligue des Droits de l'Homme

Un appel à solidarité est lancé par la Ligue des Droits de l’Homme pour soutenir la famille Veziryan.  Arrivée en France en août 2017 après avoir quitté l’Arménie, leur pays natal, Artashes, Haykanush et leurs trois enfants se retrouvent sans droits et sans logement du jour au lendemain.

De tous temps, lorsque l’institution a failli à son devoir de solidarité, des citoyens ont pris la relève. La France ne manque pas de mauvais souvenirs à ce sujet. Expier et se souvenir à grand coups de dépôt de gerbes fleuries, c’est bien, c’est juste. Agir aujourd’hui l’est tout autant. Et c’est urgent.
La famille Veziryan n’a plus de logement, plus de droits. Pourtant, ils sont bien ici, en Corrèze. De chair et d’os, ils ont besoin de se nourrir, de se vêtir, de s’abriter comme tout un chacun.
Les petites attendent la rentrée avec impatience. Elles doivent poursuivent leur scolarité à l’école Saint-Germain, leur petit frère de deux ans, vivre sa première année de maternelle. Si elles ne parlaient pas un mot de français à leur arrivée, aujourd’hui les mots coulent comme eau de fontaine. Leurs parents ont validé le niveau de français A1 et se préparent pour le prochain examen. Ils sont demandeurs d’asile depuis leur arrivée en France. Cette première démarche ayant été rejetée, ils sont en attente de la réponse d’une seconde requête réitérée en juin dernier. Un prochain rendez-vous à la préfecture de Limoges est à venir le 5 septembre 2019. En attendant cette date, les solutions d’hébergements s’épuisent. Celles de l’administration deviennent cruelles pour cette famille arménienne qui a trouvé refuge en France en août 2017.  Tamara l’aînée de 8 ans a été suivie par le psychologue scolaire pour l’aider à gérer son stress dû à la perte de repères dans ce nouveau pays et aux différentes hospitalisations de son père suite aux agressions aux couteaux subies en Arménie.
Aujourd’hui, les services sociaux français proposent un placement des enfants en famille d’accueil pendant que leurs parents seraient livrés tout simplement à la rue...

Une histoire douloureuse

Artashes Veziryan, boulanger-pâtissier de métier, était établi avec ses deux filles, Tamara et Ani, alors âgées de 6 ans et 4 ans. Son épouse, Haykanush venait d’avoir leur troisième enfant, Mark. Il tenait son commerce dans une petite ville de cette république classée «Pays d’origine sûrs» par l’État français. Si Artashes Veziryan consentait naturellement à l’impôt, ce dernier refusait de financer la mafia locale. Leur vie est alors devenue un enfer avec l’impossibilité de trouver une solution auprès de la justice arménienne. La corruption sévissant. «Nous avons reçu des menaces de mort si on parlait» témoigne-t-il. Après les menaces, les actes sont arrivés. Décision de fuir ce «pays d’origine sûrs» a été prise.
Débarqués à Nantes, ils sont arrivés en Corrèze où Artashes et Haykanush tentent de se reconstruire un avenir. «J’ai travaillé pendant 17 jours au rayon boulangerie du Centre Leclerc. Après, je devais continuer mais cela n’a pas été possible» déplore le boulanger. «En septembre, je pourrai
reprendre un travail saisonnier» espère-t-il. Une promesse d’embauche permettrait de faciliter les démarches administratives entreprises pour résider aux pays des Droits de l’Homme, quand bien même celles-ci restent longues et fastidieuses. «Les besoins des employeurs sont souvent urgents, or la procédure dure au minimum trois mois» constate Madeleine Antoine, vice-présidente de la LDH Brive-Corrèze.
Avec la présidente, Carole Da Rocha, elles restent accrochées à leur portables. Le réseau est activé pour héberger la famille entière dans de bonnes conditions.

Des situations qui se répètent...

«Nous recevons de plus en plus de gens comme la famille Veziryan dans nos permanences. La rencontre avec Artashes et Haykanush s’est faite en mars 2019. Le fait est qu’il n’ y a plus personne chargée de traiter les dossiers comme celui-ci au CCAS. Ce sont les assistantes sociales de secteur qui gèrent les dossiers. Elles n’ont pas reçu de formation pour le faire. Ce devait être une délégation confiée à SOS Racisme. Ça n’a pas eu lieu. On leur attribue des missions où elles n’ont pas la main. C’est devenu un enfer pour elles car elles ne peuvent apporter de solutions» constatent les militantes. «À la Ligue, on est bien conscient qu’il y a d’autres familles dans cette situation. Mais aujourd’hui, c’est bien les bénévoles et les associations qui cherchent des solutions».
Sous la précédente mandature de la Ville, la LDH Brive-Corrèze avait défendu la cause de la famille Petroussian originaire de Russie, obligée de dormir dans une cage d’escalier car sommée de quitter le logement attribué... «C’était un autre temps, une autre situation mais nous avions réussi à débloquer la situation. Aujourd’hui, cette famille vit en France» se souvient la présidente.
En fin d’après-midi, une solution provisoire était trouvée pour Artashes et les siens. Une autre sûre et pérenne serait préférable.

 

Permanence LDH

à la Maison du Bénévolat - 10 Boulevard Marx Dormoy à Brive-la-Gaillarde. Chaque lundi de 10h à 12h sur rendez-vous, chaque jeudi de17h à 19h avec ou sans rendez-vous, uniquement sur rendez-vous en période de vacances scolaires.
Pour soutenir Artashes et Haykanush Veziryan,  contacter la Ligue des droits de l'homme au 06 85 60 89 95 ou par mail à ldhbrivecorreze@gmail.com
Actualités à suivre sur la page facebook @LDHBrive-Corrèze