Fil info
16:38Par contre, cette année, l' n'est plus là pour publier une photo de la commémoration au monument de l'e… https://t.co/euZNNcnbwt
14:55RT : Donner plutôt que vendre ou jeter, en quelques clics https://t.co/NbfaHrTj7k https://t.co/KCSKlGehoP
14:54RT : Séisme dans le sud-est : quatre blessés dont un grave (nouveau bilan préfectures) https://t.co/yxerv4pHvG
14:52RT : Après la démission d’Evo Morales, la Bolivie plonge dans l’inconnu https://t.co/bdeqjA64kS
14:48RT : Le commandant des forces armées avait exigé la démission de . Cette démission aux allures de coup d’Etat n’… https://t.co/p62tAQPYwp
14:47RT : « Le vinyle, on a commencé avec, on finit avec » : à Limoges, deux copains disquaires ont ouvert leur magasin il y… https://t.co/ZC45kNiNe2
14:40RT : Au lendemain des élections législatives qui ont vu un essor massif du parti fasciste Vox, des manifestants bloquent… https://t.co/CFZb5qTIrZ
14:38RT : Mardi 12 Novembre, disons stop à la précarité étudiante ! https://t.co/7gnj4omXPu
14:36RT : "Ce canard c'était un patrimoine, c'était le quotidien de la classe ouvrière" Georges Châtain, journaliste à l'écho… https://t.co/CTqnpWhBoL
14:35RT : Disparition de l'Echo Dordogne. Pour Germinal Peiro : "un signal inquiétant pour le pluralisme des idées (...) Il… https://t.co/UEaWHp8gIO
14:33RT : Hommage mérité pour une personne discrète et fidèle à la table de presse et à son métier de journaliste depuis tant… https://t.co/QnpGmShQ7q
14:27RT : Durant 33 ans, Gérard Raymond, mon ex-collègue du service des sports de n'a loupé qu'un seul match de ch… https://t.co/i34BFuY9RV
10:20VIN de PAILLE : attaqués par le Jura, les Vins de Corrèze conservent leur A.O.C. “Vin de paille”… https://t.co/aOKncVxOlk

Une plume pour tout le monde

Foire du Livre

Jean-Guy Soumy a l’art et la manière de balader son monde à travers temps, bois, champs, villes et vies intimes. Il signe des livres à la lecture facile jamais futiles. Un romancier né pour transmettre au quidam ce qu’il a déniché dans les secrets des archives de l’Histoire, ce qu’il observe dans les rouages des relations humaines.

L’auteur creusois invite une nouvelle fois à la lecture savante et souple à la fois. Avec son dernier roman paru aux Presses de la Cité, Le Voyageur des Bois d’en Haut, Jean-Guy Soumy dépeint cette France citadine du 19ème construite de main d’hommes venus d’ailleurs. Travailleurs détachés d'autrefois.
Un ailleurs plus ou moins proche, dans une géographie mouvante où les frontières se dessinent, les tunnels se percent, les bâtiments se dressent, les histoires se croisent. Romancier populaire, Jean-Guy Soumy resserre la trame de son ouvrage autour d’un jeune garçon de seize ans au double prénom. Comme son père, il quittera sa Creuse natale pour «limousiner» sur les chantiers lyonnais où les constructions en pisé disparaissent  «devant les projets d’Haussman et du préfet Marius Vaïsse». Ce père, disparu lors de la crue du Rhône de 1856, son garçon cherchera à en retrouver la trace. Entre voyage initiatique et quête de la vérité, le récit nous emporte dans les méandres d’une construction personnelle sur fond de mouvements migratoires. La question de la filiation est sous-jacente. Outre l’éclatement d’une famille, l’écrivain montre la «force motrice»  des hommes, celles qui pousse à avancer vers demain, qu’elle soit morale ou physique.

Une histoire qui nous rassemble

Le point de vue oscille entre le «je» et le «il». Selon les chapitres, le lecteur entre et sort de la tête de Camille, lui-même balloté entre ses croyances nées de l’enfance et la réalité que les adultes ont bâti pour lui. Spectateur de sa métamorphose, le lecteur suit son entêtement à retrouver son géniteur. Il grandit dans une âpre réalité où les corps se sculptent dans l’effort physique. Une époque où l’on voyage volontiers à pied, où les paysages sont à hauteur d’homme. Un «road-script» entre Creuse, Rhône, Alpes de Haute-Provence, Alpes Maritime et Piémont.
Lyon est le point de jonction où deux pays frontaliers mêlent leur sang dans un quotidien cousu de labeur, d’amour et d’humble condition, loin des batailles rageuses des puissants. L’heure est à la construction de l’Empire et à sa démesure. La fracture sociale est faite de lendemains aux ventres creux pour les petites gens frappés par la fatalité. En Limousin, beaucoup mènent la double vie de paysans ici et de maçons autre part. Lyon, Babylone locale, avale et recrache cette manne humaine. Outre-monts, l’Italie vit cette même misère poussant son petit peuple à s’établir depuis des lustres dans cette ville manufacturière en pleine mutation.  
La plume de l’auteur Soumy est là. Elle glisse page après page. Intrigue classique et entraînante. Ce roman se lit tout de go par un bel après-midi gris-souris, mâtiné de pluie. Un agréable moment à passer calé dans son fauteuil préféré en levant le nez parfois sur l’étendue du temps qui passe. On en sort doucement enrichi. On aurait aimé toutefois davantage de sels linguistiques à un moment où ces deux pays européens foisonnent encore de langues régionales vivantes.

Hier, aujourd’hui

Avec L’Œuvre vive, paru chez Robert Laffont en 2006, Jean-Guy Soumy avait dit le nécessaire besoin d’art dans une France rurale contemporaine sclérosée. Un roman de terroir qui sortait des sentiers battus pour démystifier le Land Art. Une figure d’artiste à la renommée internationale, habité par une liberté démesurée s’installe «au pays»; des femmes et des hommes contraints dans leur vie, étriqués dans leur esprit, ligotés par leurs souvenirs élargissent leurs horizons au contact du geste artistique. Un plaidoyer pour l’émancipation par la création.
Au fil de ses vingt-sept livres, Jean-Guy Soumy semble faire l’École de Brive (ancienne ou Nouvelle) en mode buissonnière.  Il en conserve le phrasé populaire, l’intrigue «easy reading» en s’attachant aux singularités humaines conjuguées tantôt au passé tantôt au présent. Après le «fin’amor» en 2018, Jean-Guy Soumy raconte la route, celle que les hommes prennent depuis la nuit des temps pour survivre.

Sabine Parisot

Présences
Vendredi 8 novembre après-midi
Samedi 9 novembre
Dimanche 10 novembre

Kiosque L15