Voir et comprendre ce qui se cache derrière les images

Submergés par les images, les adolescents d’aujourd’hui peuvent manquer de recul et d’esprit critique par rapport à ce qu’ils voient. C’est pourquoi l’association castelroussine de gestion des centres sociaux (ACGCS) proposait avec ses partenaires un atelier d’éducation à l’image à ses jeunes usagers pendant les vacances.
« Les adolescents de l’accueil jeune ont d’abord travaillé sur un ciné-débat autour du thème de l’immigration en octobre dernier, précise Patrice Giordano, le directeur du centre socioculturel. Ce travail a permis de proposer une programmation à l’Apollo (voir encadré) puis de faire évoluer le projet vers un atelier d’éducation à l’image. » Agnès Rabaté, responsable de programmation jeune public à l’Apollo, a donc été contacté pour intervenir. « Je leur explique comment vérifier les sources, comment comparer et recouper les informations, explique-t-elle. Je les interroge aussi sur leurs pratiques, leurs usages et ce qu’ils font des images. Le but est de les armer pour développer un esprit critique, pour qu’ils puissent distinguer le travail de journalistes professionnels et d’amateurs par exemple. On liste aussi les endroits où aller chercher l’information. »
Cadreur - monteur à Bip Tv, Damien Claite était la caution technique de l’atelier. « Je suis venu parler montage et construction d’image. Je leur montre des rush d’images (NDR : suite d’images filmées sans montage) et leur explique ce qu’est le montage, comment on sélectionne des images et comment on produit un message, tout en essayant de rester le plus près possible de ce que la personne a dit. Je leur montre aussi comment, grâce au montage, on manipule les propos. Le but est de leur permettre de développer leur sens critique. Je leur explique également qu’il faut toujours faire la part des choses dans une vidéo d’information, de faire la différence entre l’information donnée et l’avis du journaliste. On analyse aussi des vidéos prises sur internet. »
A la suite de la séance d’analyses, les jeunes ont participé à un atelier de mise en pratique avec un mini-studio vidéo et des exercices. Par exemple, dans une scène fictive, une femme se fait voler son sac à main. La scène est filmée par trois caméras avec trois angles différents dont l’un d’eux montre qu’elle sourit et donc joue la comédie. « C’est une simulation. L'intérêt est de montrer comment on peut manipuler des images pour leur faire dire des choses différentes », indique Agnès Rabaté.
L’an prochain, un atelier sur la modification d’image sera mis en place avec Ciclic. « Les jeunes y découvriront que la manipulation d’image est inhérente à l’histoire de la photographie et que de tout temps, on a construit des images, ajoute la responsable de programmation de l’Apollo. L’exemple le plus parlant est peut-être la suppression de l’image de Trotsky sur les photos avec Staline. »
FR

* Les partenaires : Châteauroux Métropole, l’atelier santé-ville, l’Apollo, l’ACGCS et Ciclic. Budget de l’opération : 2 000 euros.

Séance à l’Apollo
Vendredi à 14 h, l’Apollo propose un ciné-débat sur le thème « Jeunes, santé et citoyenneté ». Seront projetés à l’écran quatre courts-métrages issus des collections du musée de l’Immigration et sélectionnés par les adolescents du centre socioculturel de Beaulieu. Un débat est prévu à la fin de la projection.

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