La rectrice auprès des tous petits

Katia Beguin s’est rendue mardi à l’école maternelle Martin Luther King, dans le quartier Touvent à Châteauroux, à la rencontre des enseignants et des enfants.

Dans une salle de classe, vingt-six enfants, âgés d’environ 3 ans, se sont rassemblés devant leur institutrice Angélique Bosc. équipée d’une valisette, elle leur demande de retrouver une par une des peluches d’animaux qui s’y trouvent. Ainsi, les petits font appel à leur mémoire, leur vocabulaire et grâce à des échanges de questions et réponses, travaillent leur vocabulaire. Katia Béguin, rectrice de l’académie d’Orléans-Tours, était venue assister à cette séance sur le langage. « J’ai été enthousiasmée par cette séance. Cela résume bien ce qu’apporte l’école maternelle, comment petit à petit, on donne du nouveau vocabulaire aux enfants, on stimule leur mémoire, on travaille la précision... Cet apport est essentiel. »
Sa visite faisait suite aux assises de l’école maternelle survenues à Paris fin mars. À cette occasion, le Président de la République avait annoncé l’abaissement de l’école obligatoire à l’âge de 3 ans et souligné le rôle décisif de la maternelle pour réduire les inégalités sociales face aux apprentissages. Ainsi, la rectrice a consacré un important moment de sa visite dans cette école à échanger avec l’équipe pédagogique sur les enjeux de cette annonce. En effet, s’il n’y aura pas d’impact majeur sur le nombre d’enfants scolarisés dans les écoles maternelles de l’Indre et Châteauroux - aujourd’hui 97 % des enfants de cette commune sont déjà scolarisés - les enseignants sont inquiets sur certains changements. « Cette annonce est louable, mais il faut songer à ce que cela implique, et notamment le contrôle des absences, la possibilité de continuer ou non à faire des demi-journées pour les plus jeunes, le respect du rythme biologique de ses enfants, l’impact sur la scolarité des moins de trois ans... » explique Angélique Bosc, également directrice de l’école.
La rectrice s’est voulue rassurante en assurant que ces éléments seront pris en compte. « En France, nous souhaitons que l’école maternelle garantisse un équilibre entre dimension affective et apprentissage. Il est hors de question de réaliser une espèce de classe préparatoire du CP. » En effet, cette proposition vise, surtout, à amener un maximum d’enfants vers l’école pour limiter des écarts qui peuvent se créer dès le plus jeune âge. « En France, le stock de mots d’un enfant de 4 ans peut varier de 200 à 2000 en fonction de son environnement familial. Certains partent dès le début avec un handicap et c’est une injustice que l’école doit aider à combattre »