Sur les traces des officiers allemands prisonniers

Vendredi soir, l’Académie du Centre organise une conférence sur un sujet méconnu : le camp de prisonniers pour officiers allemands de Châteauroux de 1918 à 1920. Celle-ci sera présentée par G.H. Hollander, petit-fils d’un prisonnier.

C’est une histoire oubliée que l’Académie du Centre  et l’association 55 et + se proposent d’explorer demain soir, un court chapitre, juste deux ans, dans la continuité de cette sombre période que fut la Première Guerre mondiale. à Châteauroux, de 1918 à 1920, des officiers allemands, prisonniers de guerre, furent gardés captifs dans un camp alors situé au niveau de l’actuelle caserne Charlier. « Nous venons de célébrer le centenaire de la guerre 14-18 et personne n’en a parlé », fait remarquer Jean-Pierre Surrault, président de l’Académie du Centre. Jusqu’à il y a peu, lui-même en ignorait l’existence. C’est un chercheur allemand, H.G. Hollander, qui leur a proposé de retracer cette histoire.
Pour remonter sur les traces de ses captifs, ce spécialiste s’est plongé dans son histoire familiale. Son grand-père, alors âgé d’une vingtaine d’années, compta parmi les officiers allemands gardés prisonnier. « C’était un camp après la guerre, pour les officiers qui n’ont pas été libérés tout de suite et servaient un peu d’otages jusqu’à temps que d’une part les prisonniers français soient rapatriés et d’autre part que l’Allemagne applique bien les clauses de l’armistice », décrit Jean-Pierre Surrault.
terreau fertile aux rancœurs
Aux côtés de ce grand-père, de nombreux hommes, et notamment un futur haut dignitaire de l’Allemagne nazi, alors âgé de 28 ans. « Dans ce camps était présent Robert Ley. Il y aurait fait de l’agitation politique nationaliste. Quand il a été libéré en 1920, il a repris ses études et est ensuite devenu le responsable du parti nazi pour la Ruhr et quand Hitler est arrivé au pouvoir, il lui a donné plusieurs tâches très importantes. C’était un homme très très puissant dans le IIIe Reich, un des protégés d’Hitler. Il était l’un des inculpés pour le procès de Nuremberg, mais il s’est suicidé dans sa prison, retrace Jean-Pierre Surrault. L’hypothèse de M. Hollander, c’est qu’il est devenu très violemment nationaliste par sa détention à Châteauroux qu’il a vécue comme une injustice. Il y a eu très certainement des conditions morales difficiles. La guerre était finie, ces gens étaient internés, alors qu’ils auraient voulu retrouver leur pays, la vie civile. »
Tout au long de cette conférence, H.G. Hollander a prévu de présenter de nombreuses illustrations, dont quelques cartes postales et surtout des portraits réalisés par les captifs qu’il a pu retrouver. Actuellement, il continue de mener ses travaux de recherche en partenariat avec un professeur de la Sorbonne. Leur but est d’identifier la liste des prisonniers du camp.
Pour faire en sorte que ce rendez-vous, qui risque d’intéresser de nombreux Indriens, ne refuse personne, la conférence se déroulera dans la grande salle de l’école HEI, sur le site de l’écocampus de Châteauroux.
MT
Conférence sur les officiers prisonniers de guerre allemands à Châteauroux. Bâtiment HEI, écocampus Châteauroux, 16 h 30. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Renseignements : 06 11 75 67 86 et 02 54 27 87 30.