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L’été 44 de Raymond Goutmann

Quarante-trois membres de sa famille sont morts en déportation. Raymond Goutmann était enfant à l’époque. Il avait 4 ans en 1939. Ses parents se sont cachés à Châteauroux puis à Veuil pour échapper aux arrestations de Juifs. Il est l’un des derniers témoins encore en vie. Il se souvient.

C’était il y a soixante-quinze ans, l’été 1944. Raymond Goutmann, 9 ans, pédale sur la route de Châteauroux. Il peine un peu. Quarante kilomètres à vélo pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude, cela commence à faire. Son père l’encourage. Deux autres enfants font partie de l’expédition : son cousin Charlie, qui a le même âge que lui, et sa cousine Liliane.
Après plusieurs mois à se cacher dans un grenier à Veuil, c’est le grand retour vers Châteauroux. Les Allemands ont évacué la ville. Les maquisards du groupe Indre-Est occupent mairie et préfecture. Des résistants de Valençay, qui ont appris la nouvelle, sont venus les chercher.
Les Goutmann, une famille juive, sont arrivés en 1939 à Châteauroux. Ils ont ouvert un magasin de fourrure rue de la Gare. Mais la guerre éclate. Adolphe, le père, part faire son devoir. Quand il revient quelques mois plus tard, on a fait fermer son magasin, sans doute par jalousie. Il le fait rouvrir.
Faux papiers
Dans le même temps, il noue des contacts avec un petit groupe de résistants dont fait partie le pharmacien Roger Cazala qui sera arrêté sur dénonciation et mourra en déportation. Ils viennent en aide à des Juifs en leur fournissant de faux papiers. « Fuyant Paris, ils arrivaient à Châteauroux pour prendre le train. Mon père envoyait Alice, la vendeuse du magasin, acheter les billets pour qu’ils ne se fassent pas repérer car ils avaient souvent un fort accent », raconte Raymond Goutmann.
Il se souvient aussi de ce jour de 1942 où une colonne allemande est entrée dans Châteauroux : « Nous étions près du lycée Giraudoux qui était alors le lycée national. Mon grand-père m’a tiré par la manche et nous sommes partis ». Jusqu’en 1943, Raymond fréquente l’école de Capucins. Pendant les bombardements, les enfants trouvent refuge dans le souterrain qui relie le tribunal à la prison aujourd’hui détruite. Mais le climat s’alourdit et la peur les fait trouver refuge dans un premier temps chez des amis originaires de Veuil et Vicq-sur-Nahon, les Faisan, qui habitaient rue Marceau. Finie l’école et interdiction de sortir. « Les plus dangereux, c’était les Français qui étaient entrés dans la milice... », souligne-t-il.
Dans un grenier
En janvier 1944, un événement dramatique survient : la famille Katz est arrêtée. Il n’est plus sûr pour les Goutmann de rester à Châteauroux. Des résistants de Valençay viennent les chercher à bord d’une voiture à gazogène. Direction : une épicerie à Veuil tenue par la famille Dion. Une pièce a été aménagée pour les accueillir dans le grenier. « Une armoire cachait la porte de l’extérieur. Il fallait que l’on frappe quand on voulait sortir », se souvient encore Raymond Goutmann.
Le petit citadin découvre la vie à la campagne, les animaux, les bouteilles que l’on met au frais dans la fontaine. Les enfants de la famille Dion, étudiants, lui donnent des cours particuliers car, bien sûr, pas question de retourner à l’école.
Ce jour d’août 1944, ils peuvent enfin rentrer chez eux. Sa mère, qui ne sait pas faire de vélo, a été reconduite en voiture. Peu avant Levroux, le père et les trois enfants sont stoppés par des résistants : une colonne allemande remonte de Châteauroux. On les cache quelques heures dans une ferme. Après une nouvelle halte à Vineuil, les voilà enfin chez eux, mais le répit est de courte durée.
Le 29 août 1944, une nouvelle colonne allemande, la fameuse colonne Elster remonte vers Châteauroux. Chef de la résistance locale, Robert Monestier préfère se retirer de Châteauroux. Les Goutmann se cachent quelques jours rue de Strasbourg. Le 10 septembre, c’est la deuxième libération de Châteauroux. Le petit Raymond Goutmann peut à nouveau aller librement. C’est là que, rue Victor-Hugo, devant l’hôtel de France, il voit des femmes se faire tondre... « Je m’en souviens car ça m’a marqué », dit-il. La vie reprend, le magasin rouvre. Raymond Goutmann retrouve en octobre le chemin de l’école. Quelques années plus tard, il monte à Paris pour y apprendre le métier de fourreur. Il y découvre une musique qui va changer sa vie, le jazz. Il côtoie de nombreux musiciens, dont Henri Renaud, natif de Villedieu-sur-Indre, croise Boris Vian et travaille pour le label Vogue. Revenu à Châteauroux, il crée, en 1964, le Jazz club du Berry. Raymond Goutmann a eu la chance de vivre. Dans sa famille, 43 personnes sont mortes en déportation.

Jean-Marc Desloges

Retrouvez également le témoignage de Raymond Goutmann en vidéo sur notre site internet à la page http://l-echo.info/videos. Images et montage : Lisa Brissaud. Également sur notre chaîne Youtube à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=tl89YsTjtsw

Interview de Raymond Goutmann