Jean Annequin a rendu un bel hommage aux communards

Une centaine de personnes a participé à la conférence de Jean Annequin sur la Commune de Paris.
De la proclamation de ce qui allait demeurer pour la postérité le premier gouvernement ouvrier, marqué par un courant libertaire et soutenu par des francs-maçons, faite le 28 mars 1871 sur la place de l'hôtel de ville de la capitale d'une France en guerre contre la Prusse, et des rêves d'une classe opprimée mais montante imprimés sur du papier, à peine appliqués puis noyés dans l'horreur fratricide au mur des fédérés au cours de ce qui a été qualifié de semaine sanglante, événements qui s'inscrivent dans l'histoire de France sous le nom de Commune de Paris, que reste-t-il à présent?
Dans sa conférence donnée vendredi soir dans la salle d'honneur de la mairie, à l'invitation de la bibliothèque et avec un succès certain puisqu'il a été écouté par une centaine de personnes, Jean Annequin, instituteur castrais à la retraite, a rappelé les revendications formulées par les insurgés de 1871: entre autres et tout d'abord l'instauration de l'égalité sociale (« Chacun a droit à sa part du meilleur »), contrôle et révocation des élus, liberté de la presse, droit d'association, instruction obligatoire, gratuite, laïque, séparation de l'Église et de l'État, droits élargis aux étrangers, services publics réorganisés, libre accès à la culture, émancipation économique et politique des femmes (et égalité des salaires, ce qui n'est pas encore acquis !), pension accordée aux veuves, réquisition des logements vacants, interdiction du travail de nuit pour les boulangers...
Pour avoir exigé ce qui nous semble acquis voire banal à notre époque, 20 000 à 30 000 hommes et femmes, pareillement combattant sur des barricades, ont été massacrés entre le 21 et le 28 mai 1871 au cours d'un assaut fratricide mené par un gouvernement et une armée regroupés du côté de Versailles. 36 800 ont été arrêtés, incarcérés ou déportés en Nouvelle-Calédonie.
Près de 500 indriens
À cette lutte sous-tendue par ce qui semblait des idées utopiques, même s'ils ont été moins nombreux certes que les maçons de la Creuse, des gens de l'Indre (au nombre de 500), surtout du sud de ce département et donc de la Vallée noire, ont participé pleinement et courageusement, et ce malgré une apathie générale dans les campagnes et le peu de soutien des édiles, préfets et sous-préfets. Curieusement ou plutôt volontairement, leur souvenir a été couvert d'une chape de plomb, à tel point que l'on ne retrouve que peu d'archives à leur sujet. Aucun cliché n'a été retrouvé de ceux qui, mus par un sentiment patriotique et une conscience sociale aiguë, se sont enrôlés dans les bataillons populaires de la garde nationale ou sont devenus soldats de ligne. Cela bien qu'ils aient tous été photographiés par le service ad hoc de la police au moment de leur arrestation. Jean Annequin a rendu un bel et immense hommage « aux oubliés, aux sans-nom, au petit peuple ».
Pour relater cette histoire épique dont la résurgence aura lieu dans trois ans car on commémora alors, sans doute avec à la clé de multiples manifestations, le 150e anniversaire de la guerre de 1870-1871 et ses épisodes, le conférencier s'est basé sur de nombreux ouvrages. Particulièrement sur les travaux de Jacques Rougerie, le dictionnaire Maitron du mouvement ouvrier et celui, qu'il faut chaudement recommander par sa véracité absolue, Histoire de la Commune de Paris de Prosper-Olivier Lissagaray ; et aussi, édité il y a un an, La Commune de Paris 1871 avec les ouvriers maçons des confins Berry, Marche et Limousin de Jean Chatelut.
Encore récemment et démontrant que ce sujet reste d'actualité, il faut savoir qu'une proposition de résolution (n°1100) a été déposée à l'Assemblée nationale le 30 mai 2013 (enregistrée le 8 mai suivant) réclamant la réhabilitation des communards.  
Le contenu intégral de cette conférence sera transcrit dans le bulletin annuel (sortie fin décembre) de l'association des amis du vieux La Châtre.
Denis Bonnet

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