Mise en lumière de Guillaume de Marcillat, maître verrie

Grâce aux efforts depuis deux décennies de passionnés d'histoire locale par les équipes du musée George Sand et de la Vallée noire et des fonds patrimoniaux, le nom de Guillaume de Marcillat n'est plus maintenant et seulement une inscription sur un panneau indiquant une avenue du centre de la cité castraise où celui qui devait devenir un artiste émérite est né en 1467, au temps de la Renaissance.
Dans le droit-fil d'une exposition de photographies signées Hubert Benoît, organisée par l'association des amis du vieux La Châtre, installée dans l'ancien palais de justice jusqu'au 2 juillet et sobrement titrée « Guillaume de Marcillat, de La Châtre à l'Italie », une double évocation de la vie et de l'œuvre du maître verrier a été écoutée vendredi dernier, dans la salle municipale de la rue d'Olmor, par une quarantaine d'auditeurs attentifs.
A l'invitation de Monique Delclaux, présidente de l'association des amis du vieux La Châtre, le conférencier bien connu Gérard Guillaume a d'abord décrit le contexte historique dans lequel a vécu Guillaume de Marcillat, situé entre la fin de la guerre de Cent ans et les guerres d'Italie. Il s'est agi de décrire le fils de Pierre de Marcillat dont le nom apparaît dans la grande charte signée entre le seigneur Guy de Chauvigny et les bourgeois de La Châtre, cité qui avait accédé à l'état de commune, à propos « de la répartition des rôles et des responsabilités » de chacune des deux parties en matière d'architecture urbaine. Un cousin est devenu seigneur d'Acre, lieudit situé près de Néret, tandis qu'un oncle est chanoine à Bourges. Guillaume de Marcillat appartient en fait à une famille de charpentiers commanditaires du duc de Berry, ce qui implique pour ses parents artisans des déplacements fréquents à Bourges. Il est possible que l'enfant qu'il était ait été fasciné par les vitraux de la cathédrale dédiée à saint Etienne.
A l'adolescence, Guillaume de Marcillat est envoyé faire son apprentissage de verrier à Nevers auprès de maître Claude. Au cours d'une rixe entre étudiants, il est accusé d'avoir tué un adversaire. Ce crime supposé le conduit à trouver refuge dans un couvent de dominicains et à s'y intégrer.
Bien plus loin, depuis Milan, en 1505, l'architecte des palais pontificaux Bramante se met à recruter en France des verriers pour deux chantiers importants dont celui des appartements du pape Jules II. Ce sera pour Guillaume de Marcillat, engagé ainsi que son maître, celui-ci mourant trois ans plus tard, un voyage non seulement en terre lointaine, mais spirituel. Qui l'amènera à Rome, Milan, Florence, Pérouse, Cortone et Arezzo dont il deviendra un citoyen demeuré fidèle à la règle monastique. Il y décédera en 1529 et y sera enterré dans l'ermitage de moines de l'ordre des camaldules, précisément à l'intérieur de la petite chapelle latérale de Calcimaio.
Selon Hubert Benoît, le second orateur, le talent incontestable en matière de travail du verre de Guillaume de Marcillat, « en une remarquable qualité d'exécution et de construction », lui a fait laisser parvenir jusqu'à notre époque 23 vitraux et cinq tableaux ainsi que des fresques, tous d'essence religieuse, peints sur la base des écrits de l'Ancien Testament. Le célèbre peintre Raphaël aura assurément donné de profitables leçons de dessins à Guillaume de Marcillat, qui adoptera un style particulier, indéniablement franco-italien. Ce spécialiste de la grisaille s'est obstiné à gratter le verre dans le but de le désépaissir et ainsi laisser pénétrer la lumière naturelle dans les édifices religieux. Certaines de ses œuvres contiennent les visages fort bien restitués des « grands » de cette période d'ébullition artistique et architecturale impulsée par de fort riches mécènes.
Sauf en ce qui concerne les fresques, qui lui aurait nécessité un ardu montage de hauts échafaudages, Hubert Benoît s'est longuement appliqué à photographier et à répertorier ce qui constitue un témoignage très précieux des liens anciens et profonds qui unissent notre Berry et l'Italie, lesquels se prolongent ici grâce au comité
« Berritalia ».
Ce sont des images magnifiques que l'on se doit d'aller admirer en ce moment dans l'ancien palais de justice.
Denis Bonnet

Infos pratiques :
A voir les samedis et dimanches de 14 h 30 à
18 h 30. Mail : amisduvieuxlachatre@gmail.com

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