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Jean Piet scande ses joies et ses plaintes À pierre fendre

Son recueil Les sentiments d'Alexandre a paru en début d'année, celle pendant laquelle il allait atteindre cinquante printemps. Le nouveau, À pierre fendre, rime parfaitement et en bien des points avec le précédent et il vient  tout récemment d'être imprimé.
C'est dire la prolixité d'un auteur de poèmes maintenant reconnu par son éditeur comme par ses lecteurs, et aussi par quatre de ses pairs en écriture (Jeanine Berducat, Christophe Grandemange, Adrien Bobèche, Nathalie Gayou) qui ont empli la postface de propos élogieux à son égard.
Jean Piet ne néglige pas pour autant la qualité de chacune de ses stances, avec la même constance qui lui fait évoquer, blotti dans le calme d'une petite rue de La Châtre, son enfance montmorillonnaise, sa situation familiale avec le bonheur d'être père, ce que lui dicte l'air pur de nos vallons et bosquets ou malsain de notre temps. Exprimant par-dessus tout sa profonde conviction que la paix vaut mieux que la guerre.
Pour un texte titré Liberum, Jean Piet vient d'obtenir le deuxième prix du concours international de poésie « IOWDOK » (« International poetry contest ») décerné en 2017.
À pierre fendre demande d'abord de s'attarder sur l'illustration de couverture signée de l'artiste Séverine Portejoie (l'épouse de l'auteur) qui a représenté un cœur fiché sur une pierre levée dominant un « barriau de pré » tel qu'on peut en remarquer dans notre contrée.
L'ouvrage ouvert, le premier poème, fiché dans l'actualité, s'intitule Le vent de septembre et alors « La cloche de l'école, agitée de spasmes, / Accroche ses notes au noir des hirondelles / En partance pour l'Afrique, inconditionnelle / De tous ces avions de plumes qui s'enthousiasment. »
Plus loin, on retrouve une image du continent africain mais cette fois prise sous un angle différent, celui de ces « indigènes » de la « force noire » transférés dans les tranchés de 1914-1918 : « Bangalé, loin de chez toi, loin de ta famille, / Que n'as-tu déserté, plus d'un simple regard / Qu'en vérité, emprisonné d'un étendard, / D'un "bleu-blanc-rouge" au désespoir des pupilles ? »
Les mânes de George Sand ont inspiré un essai biographique versifié dont voici un extrait : « L'encre coule depuis longtemps sur ta grandeur, / Sur tes prises de position très courageuses, / Et tes romans à la campagne bienheureuse / Tombent le masque d'un siècle aux multiples heurts. »  
Mais, tant s'en faut, tout n'est pas mélancolique, ou suscitant la colère, ou passéiste, parmi la cinquantaine de poèmes concoctés par Jean Piet. Par exemple, les jeux de mots parsèment Parisgolade : « Il faut que tu "Louvre" lui dit la pyramide, / Mais la "Conciergerie" veille sur son "Cartier" / Qui restera fermé comme son coeur sacré, / Le "Sacré cœur" d'une vieille fille timide. » Pareils et nombreux calembours se nichent dans Arboricole : « Cyprès de toi Saigneur, je suis un peuplier. / Quel bouleau pour faire d'une vie la synthèse! / Je n'en buis plus, très proche du mélèze, / Alors je frêne un peu avant de me noyer ! »
Denis Bonnet

À pierre fendre. Jean Piet. Editions Stellamaris. Prix : 10 e.

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