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Théâtre : trois demeures pénétrées par un fou

Attirant chaque fois une trentaine de spectateurs, d'abord dans le grenier littéraire du domaine de George Sand, à Nohant, le jeudi 4 octobre, puis dans trois demeures des alentours de La Châtre ouvertes spécialement pour autant de performances artistiques, la pièce de Nicolas Gogol Le Journal d'un fou a été magistralement interprétée par Michel Durantin, de la compagnie théâtrale Le Petit Bastringue de Montluçon (Allier).
Au plus près des observateurs de son jeu, qui exigeait de s'adapter à des lieux sans estrade, sans loges ni coulisses, le comédien a révélé son pouvoir de revêtir les oripeaux d'un autre. En l'occurrence un personnage à la dérive, fonctionnaire quadragénaire, modeste rouage de la machinerie bureaucratique perpétuant l'autocratie russe. Avec les défauts inhérents à ceux admis à ce poste, qui sont de ne pas s'empêcher de se montrer un parfait courtisan pour les supérieurs et d'écraser ceux qui occupent en dessous un emploi subalterne...
Adoptant l'attitude s'aggravant de jour en jour de l'aliéné qui ne peut s'empêcher, en y passant sans cesse ses doigts, de rendre sa chevelure hirsute, de laisser constamment un tremblement agiter ses lèvres, de casser les objets qui l'entourent, de délirer au point de se prendre pour le roi d'Espagne Ferdinand VIII, de déclarer que la terre va bientôt s'asseoir sur une lune où les nez se réfugient, Michel Durantin a rendu crédible, pour ceux dont la santé mentale perdure, un des aspects les plus difficiles à supporter de la vie.
Un passage que l'on arrive ou non à surmonter, qui n'arrive pas qu'aux autres...
Denis Bonnet