Le patrimoine examiné par huit étudiants

Hébergés dans les mobile homes du camping du Val Vert, huit étudiants accompagnés de leur professeur (architecte et urbaniste) Philippe Simon, sont arrivés mercredi matin dans nos murs.
Un jeune homme et sept jeunes femmes, deux d'entre elles étant originaires d'Athènes, capitale de la Grèce, et venues à Paris dans le cadre du programme européen Erasmus, ont choisi d'accomplir un travail d'études important pour leur parcours, dans des conditions réelles, en terrain inconnu et d'autant plus captivant.
Accueillis et guidés par Patrick Judalet, maire, Jean-Claude Pichon, adjoint en charge de la commission de l'urbanisme, Marc Touchet, directeur général des services, Mathieu Monnerie, directeur du service technique, ces jeunes gens auront pu sillonner les rues de la cité, apporter un regard global nouveau et concevoir des projets communs en vue de dynamiser le territoire. En conservant et en valorisant le patrimoine bâti, il est loisible de maintenir une ruralité respectueuse des autochtones.
« Une naïveté
qui nous bouscule »
Le professeur Philippe Simon juge « essentiel que les étudiants qu'[il] dirige quittent souvent Paris pour aller observer de près les maisons et monuments des bourgades et villes moyennes, s'y impliquant concrètement, comprenant les besoins, la vie courante, les lieux tels qu'ils sont, travaillant avec les acteurs locaux. Avec beaucoup d'empathie, tous doivent exercer leurs compétences, définir ce que sont le patrimoine, l'environnement, la mobilité, le stationnement, les commerces, le paysage... Âgés de 23 à 24 ans, ces jeunes affirment leur regard, déploient leur énergie, gardent une naïveté qui nous bouscule, nous, plus âgés donc considérés comme étant plus expérimentés. »
Après avoir évoqué l'immense déception provoquée par  le refus d'une participation de La Châtre à un récent projet de vitalisation des centres-bourgs émis par le sénateur Dauge, Patrick Judalet a transmis son enthousiasme et sa confiance en saluant « ces jeunes futurs architectes, bâtisseurs de demain qui, avec un œil neuf, vont rendre leur fierté aux villes moyennes. Créant un itinéraire sécurisé, favorisant des déplacements agréables pour les piétons, préconisant d'implanter des ateliers d'urbanisme territoriaux, ils rendront leur diagnostic fin juin, résultat d'une pédagogie ouverte et collective. Tenant compte du travail effectué par deux organismes nationaux : Sites et cités remarquables et Sites patrimoniaux remarquables. »
Une lourde
responsabilité
Ce genre de projets qui font imaginer des changements dans un laps de temps de vingt à vingt-cinq ans font peser une lourde responsabilité sur les épaules de leurs promoteurs. Car qui peut savoir aujourd'hui ce que deviendront le commerce, le patrimoine, l'existence quotidienne par ici dans quelques décennies ? Les réflexions attendues serviront de pistes, leur mise en œuvre devant tenir compte du budget communal et des moyens matériels disponibles.
Cette première coopération entre la municipalité et la plus grande école nationale d'architecture, celle de « Paris-Val de Seine », située dans le XIIIe arrondissement (près de 2 000 élèves, trois cents par promotion), ouvre d'excellentes perspectives en ce qui concerne un territoire omis, maltraité, trop souvent perçu comme perdu dans la campagne, sans intérêt.
Nos sympathiques étudiants de quatrième année vont regagner la capitale ce lundi 15 avril. Patrick Judalet leur a conseillé de « n'oublier ni les habitants vivant au milieu d'un patrimoine méconnu, ni les bâtiments typiques largement ignorés, ni le droit de chacun de vivre aussi bien dans un monde rural que dans les métropoles ».
Le professeur Philippe Simon a confié à ses élèves que « le terreau d'une architecture nouvelle étant basée de nos jours sur la mobilité et la protection de l'environnement, ils doivent, en tant que relais, transmettre la mémoire des époques mêmes les plus anciennes ».
Sylvie Bonnet

Air Jordan XIII Melo PE