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Tous debout contre la résignation

Manifs à Brive et Tulle

Samedi matin, environ 700 personnes ont manifesté dans les rues de la cité gaillarde pour dénoncer le projet de loi El Khomri sur la modification du code du travail. En soirée à Tulle, une première «Nuit Debout» a mobilisé plus d’une centaine de personnes...
Les deux manifestations, une traditionnelle avec son cortège de slogans et de banderoles et l’autre nouvelle dans sa forme d’agora citoyenne, sont les signes d’une mobilisation grandissante et plurielle. Ce nouveau round social confirme la fracture d’une partie de la gauche avec le pouvoir en place. A un an de l’élection présidentielle, le pouvoir socialiste semble couper des réalités sociales et du renouveau politique qui s’exprime à travers la multiplication des «Nuit Debout» un peu partout en France.
Ce n’est pas un hasard si la première manifestation de ce type en Corrèze a eu lieu à Tulle, fief du président Hollande et sur la place de la cathédrale qui l’avait sacré au plus haut poste de la République un certain  6 mai 2012. Quatre ans plus tard, le paysage politique est devenu un champ de courses à primaires et à obstacles  déprimants. Les rangs des déçus de la gauche socialiste s’allongent au fil des jours sans que rien ne puisse inverser la courbe du mécontentement.
A Brive samedi matin, l’arrêt du cortège devant la permanence du député socialiste Philippe Nauche était révélateur de ce rejet des élus en place. Les mots et les cris étaient durs pour dénoncer ce pouvoir porteur de régression sociale à travers le projet de loi El Khomri. Le slogan «retrait, retrait, retrait du projet» scandé par Sylvain Roch, secrétaire de l’UL CGT de Tulle et repris par les manifestants  ne laissait pas de doute quant à leur volonté d’aboutir à la seule issue «ni amendable, ni négociable : le retrait!». Le député Nauche s’est engagé à recevoir les syndicats ce jeudi 14 avril. La tâche s’annonce difficile.
Au départ du cortège au niveau de l’Espace des Trois Provinces, Marie-Christine Caquot, secrétaire du syndicat FO 19 a rappelé les raisons de la colère : «Le Gouvernement a manqué de sagesse. Le 31 mars, il aurait dû entendre la détermination des salariés et des jeunes à vouloir  le retrait du projet de loi travail. A l’issue de cette journée, il aurait dû retirer son projet. 1,2M de manifestants dans toute la France, 6.000 en Corrèze, c’était extrêmement important, le gouvernement a minoré cette mobilisation».
A l’appel des syndicats CGT - FO - Solidaires - FSU - FIDL - UNEF - UNL on comptait de nombreux syndiqués CGT Cheminots, Fapt, Energie, Métalo, Jeunes CGT, des enseignants FSU, un gros bataillon de syndiqués FO, de nombreux membres du PCF, une poignée de jeunes lycéens et un jeune anonymous -qui a eu droit à un rappel à la loi au commissariat car le port de masque est interdit sur la voie publique-.
«Pour moi ce n’est pas un gouvernement de gauche. Je ne trouve pas ça normal et juste qu’on change le code du travail dans le sens de la précarité et du patronat» déplorait Gaëlle, lycéenne à Tulle. «La priorité à la jeunesse passe par les politiques éducatives, culturelles mais aussi par celles de l’emploi, du logement, des transports. Une loi sur le travail ne doit pas être en contradiction avec des objectifs éducatifs essentiels» a plaidé Ben Aboubacar, du syndicat FSU 19. La période de vacances de Pâques ne semble pas entamer la détermination des syndicats et un rendez-vous est d’ores et déjà pris pour le 28 avril.
En soirée, à Tulle, la «Nuit Debout» a battu le pavé place de la cathé dans une ambiance festive et ouverte aux échanges. «Vive la commune !!!».
Hier matin, les tullistes et les personnes se rendant à la messe ont découvert la dernière trace de ce rassemblement citoyen qui avait débuté à 18h. Descendus du plateau de Millevaches, les militants de la montagne Limousine ont monté en un rien de temps un chapiteau qui a abrité jusqu’à 2 heures du matin un restaurant et un lieu d’échanges. Plantée à l’endroit exact où François Hollande avait été ovationné et prononcé son premier discours de président de la République, une immense banderole «Une autre fin du monde est possible. La Commune, c’est maintenant». Lui faisant face, un drap blanc tendu sur un fil invite à libérer la parole «page blanche, à vous d’écrire l’histoire».
Posé au pied d’une colonne un petit écriteau «SOS !!! 88-on les a sauvées. 2016-elles nous volent. Nationalisation du système bancaire» traduit le sentiment général des participants.  «On est là parce que la colère gronde et que les gens en ont marre et que cette place de la cathédrale revêt un symbole et pas seulement en Corrèze. 4 ans après le 6 mai 2012 on s'aperçoit que les espoirs qui avaient été mis dans l’élection de François Hollande sont largement déçus !» explique Sylvain Roch, secrétaire de l’UL CGT Tulle.
«Les jeunes ne se mobilisent pas pour rien, c’est une juste cause. Ils se défendent et ils me trouveront toujours à leurs côtés. Je suis ravi de cette mobilisation» assure Jean Mouzat, maire communiste de Chanteix. «C’est le moment de se mobiliser. ça va de mal en pis. Là, il y a des gens qui ont envie de bouger» se réjouit Pascal Brette, une des plumes de «La Trousse corrézienne». «C’est une démarche citoyenne, tout le monde peut parler, on n’est pas bridé par des partis, des syndicats. On met tout dans la marmite et après on regarde ce qu’il en sort» analyse Marie-Jo Royano.
Les prises de paroles et débats se sont poursuivis toute la nuit avant un prochain rendez-vous ?

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Commentaires

J'y étais et j'y serai encore samedi prochain, venez nombreux