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Plus motivés que jamais !

Manif'

Ils étaient 600 à Tulle selon la police, 1.000 selon les syndicats, plus de 200 à Ussel et presque 1.000 à Brive à se mobiliser hier contre les ordonnances Macron. L’appel des organisations syndicales CGT, Solidaires et FO a été bien entendu en Corrèze, au cours d’une rentrée sociale réussie.

Les oiseaux de mauvais augure avaient prédit une faible participation, des cortèges clairsemés et des Français découragés... Mais hier, il n’en fut rien ! L’appel de l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires a été entendu, relayé et suivi notamment par la FSU et l’UNEF. Les salariés du public et du privé, les retraités, les chômeurs ont exprimé leur ras le bol dans la rue. La pause estivale n’a pas démobilisé les troupes. Les manifestants étaient plus motivés que jamais hier en Corrèze.

Tulle en colère

La journée de contestation contre le démantèlement du Code du travail a débuté à Tulle, devant le Tribunal, un lieu symbolique pour ceux qui réclament plus de justice sociale. «Macron traite les salariés de sous-citoyens. Les dommages causés par un patron qui ne respecte pas la loi ne seront pas réparés», s’indigne Sylvain Roch. Le secrétaire départemental de la CGT 19 pointe les ordonnances du Docteur «Macronstein» qui vont organiser la régression sociale avec la remise en cause de la hiérarchie des normes, la suppression du CHSCT, le plafonnement des indemnités prud’homales, la précarisation du contrat de travail.  «Notre classe subit les bas salaires, la destruction du service public, elle voit ses jeunes galérer, et les conditions de vie et de travail se dégrader. Pourtant c’est la plus nombreuse, elle doit reprendre son destin en main», analyse le syndicaliste pour qui «seule la grève pourra faire reculer Macron. Il reste trois mois avant la validation par l’Assemblée, on va mettre la pression, et continuer même après ce délai», promet-il.
Jean-Marie, un retraité, n’aurait raté cette rentrée sociale pour rien au monde, bien décidé à faire entendre sa voix auprès d’Emmanuel Macron. «Moi je ne me compte pas parmi les fainéants. J’aimerais bien qu’à un moment on arrête de se foutre de la gueule des gens !!», s’agace-t-il. «Ma retraite a diminué de 10 euros par mois depuis l’année dernière et ça continue. Je ne suis pas un nanti, je ne touche que 1.000 euros chaque mois. S’entendre traiter de fainéant à 80 ans cela fait un peu mal...», ajoute-t-il, très remonté. Lucien, lui aussi indigné, s’inquiète pour la jeune génération. «Il faut absolument se mobiliser pour eux. A chacun de prendre ses responsabilités», lâche-t-il.

Ussel mécontente

A Ussel, plus deux-cents personnes se sont retrouvées place de la République en début d’après-midi pour ce premier mouvement social. Le mécontentement à l’égard du gouvernement était particulièrement perceptible. L’ensemble des manifestants s’est ensuite dirigé vers la mairie en traversant le centre-ville. La loi Travail n’était pas la seule inquiétude dans les rangs. Beaucoup évoquaient la baisse des APL, la hausse de la CSG, et dans la fonction publique, le blocage des salaires et la baisse des effectifs. Chacun s’attend maintenant à de nouveaux mouvements de contestation tant l’envie de se battre est forte.

Brive très mobilisée

Les couleurs des drapeaux n’étaient pas seulement celles de la CGT sur la place Churchill quand bien même l’appel à manifester dans la cité gaillarde émanait de ce seul syndicat. SUD, FSU étaient au rendez-vous pour faire nombre face au projet de société du président Macron ainsi que le PCF et France Insoumise. Près d’un millier de personnes se sont mobilisées marquant un début de mouvement qui s’annonce suivi pour les prochains rendez-vous d’ores et déjà annoncés. Les trois discours des représentants syndicaux qui ont précédé la marche du cortège ont été unanimes pour dénoncer un projet de société  dédié  «à la classe dominante». Sylvain Roch, secrétaire général de l’UD CGT, n’a pas failli dans son allocution appuyée pour décrire ce  président français issu des hautes sphères de la finance et bien loin de ce monde du travail qu’il entend dézinguer. «Il ne connaît rien du travail ! A-t-il passé des années à ramasser tous les jours des tonnes de déchets qu’il pleuve ou qu’il vente? A-t-il soulevé des parpaings et travaillé le béton à en avoir mal au dos? A-t-il soigné des patients toujours plus vite, toujours avec moins de collègues mais avec toujours la pression de ne pas faire d’erreur médicale? A-t-il travaillé à transporter des voyageurs en sécurité tous les jours, à toutes heures, en se faisant traiter de privilégié?...» a fustigé le militant. Une  énumération de multiples conditions de travail qui souhaitait redonner à chacun la motivation pour alerter son propre entourage quant à la dérive sociétale qui s’opère avec les ordonnances et rappeler aussi que ce président là, a été élu avec seulement 23% des suffrages au premier tour de la présidentielle. Concernant le second tour, on connaît la chanson... Hier, celle des manifestants a été : «Motivés, il faut rester motivés» pour l’appel à la grève du 21 septembre prochain et pour le rassemblement populaire prévu à la capitale le 23 septembre.

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