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La montagne ne se résigne pas

Société

La Fête de la Montagne Limousine s’est déroulée ce week-end sur la commune  de Lacelle. Débats, concerts, projections, discussions ont transformé le village le temps d’une agora citoyenne et solidaire. Il fut question entre autres du sort des migrants, ou du projet controversé d’usine à pellets torréfiés de Bugeat-Viam.

La Montagne limousine, terre ancestrale de résistance, continue de fédérer une partie de ces  habitants autour de valeurs et d’idées qui ne vont dans le courant libéral du chacun pour soi.
Exemple avec les deux thèmes qui ont ouvert et clos le programme de la fête :  «la construction d’un commun agricole sur le plateau» et cette question : «Des communes au Syndicat, du Syndicat aux communes : quels moyens pour une véritable «libre-administration  dans la Montagne Limousine ?».
Bref au lieu de subir : agir et réfléchir en commun sur la construction d’un avenir meilleur.
Il en va donc de la solidarité et de l’hospitalité (lire ci-dessous).
Le décryptage de la nouvelle loi asile et immigration avait rassemblé hier matin des dizaines de personnes autour des intervenants de la Cimade. Le cas des «dublinés» a longuement été abordés. Il s’agit  des migrants faisant l'objet d’une procédure de transfert ou «réadmission» vers un autre pays européen, là où ses empreintes ont été enregistrées la première fois.  
L'usine à gaz «dublin»
«La quasi majorité des députés sont largués par «Dublin». C’est une usine à gaz absolue. La formation «Dublin» qu’on fait en interne, il faut une journée et encore elle est dure» constatait l’intervenant de la Cimade.
Il a souligné que la notion de «clandestinité» n’existait pas pour les migrants  : «Si l’optique, c’est le droit d’être là, d’avoir une vie normale, à peu près légale, il faut sortir du bois».
Il a été mentionné le jugement du   tribunal administratif de Limoges    au sujet de la demande d’expulsion en urgence par la Région Nouvelle Aquitaine d’une soixantaine de personnes ayant trouvé refuge dans l’ancien CRDP de Limoges. La demande d’expulsion a été rejetée par le tribunal.
Cette victoire a permis de faire le pendant avec l’expérience «d’Alternativ’hôtel» en cours à Clermont-Ferrand et Béziers et financé par des fonds  publics.
«On peut tirer l’Etat vers le haut sur sa politique migratoire. C’est possible. Pour combien de temps, on ne le sait pas» soulignait une intervenante.
Le projet d’Alternativ’hôtel sur Clermont est effectif depuis 2013. Il est né de la réflexion pragmatique d’associations de soutien aux migrants : «On est le seul département en France qui est allé aussi loin dans l’hébergement des familles déboutées du droit d’asile» explique Emmanuel de l’expérience clermontoise. Il a rappelé que ce projet qui a reçu un 1er prix national de l’innovation sociale  «en vrai ne cassait pas trois pattes à un canard. On  loue des appartements, on met des gens dans les appartements et on réalise un suivi social de proximité. C’est juste du bon sens»...
L’usine à pellets torpillée
Autre temps fort de la fête, la projection de la série «Une usine en question» par Télé Millevaches au sujet du  projet industriel de Pierre-Henri  Gaudriot - validé par la préfecture - d’une usine à pellets torréfiés sur le site de la gare à bois de Bugeat-Viam.
Cette production s'opérera via les sociétés  Lyaudet  Ingen’R  et Carbon  Ingen’R Bugeat-Viam (CIBV). Le passage du reportage sur la réunion ayant abouti à la création d’une association d’élus en faveur du projet n’a pas été goûté : «Pour moi, ce ne sont pas des élus au service du peuple».
«Dans le processus, vous avez des décideurs publics qui doivent prendre une décision dans le cadre de l’intérêt général. Et pour prendre cette décision, vont consulter autour. Ils ont eu en face beaucoup d’opposition à quelque chose qu’ils avaient déjà décidé.  Ils ont monté une association pour créer le message positif qui n’existe pas. Je vais consulter. On me dit que je me trompe alors je vais  créer l’association pour  dire que je ne me trompe pas et c’est moi qui vais la diriger. c’est quelque chose d’assez révélateur d’un problème  de conception de la démocratie et beaucoup d’éducation  des élus locaux sur les particularités des choix environnementaux» constate Antoine Gatet, juriste.
Trois associations  ont déposé un recours devant le tribunal administratif. Elles déplorent un manque de démocratie environnementale dans le cadre de l’enquête publique et dénoncent  la nature du projet : «le dossier présenté n’est pas le dossier autorisé» souligne le juriste.
Plus grave, le  prélèvement en ressource biomasse ne serait pas de 113.000T  mais de «168.000T de produits finis, pellets et plaquettes, qui nécessitent près de 200.000T de ressources forestières. Il y a là un vrai gros problème» assure Antoine Gatet.
Le rôle du PNR Millevaches et sa position favorable ont été abordés.
Gérard Monédiaire a annoncé sa démission du Conseil scientifique  et de prospective du PNR (et ce n’est pas la seule). Il a pointé «le vide  juridique» existant à propos du PNR dans le cadre du renouvellement de sa charte. il a estimé sur ce dossier que le PNR n’est pas «un organe majeur. C’est presque rien».

Serge Hulpusch

Non aux expulsions : rassemblement à Guéret jeudi
Après deux tentatives d’expulsion hors de France de deux jeunes Soudanais accueillis depuis presque un an dans la commune de Faux-la-Montagne en Creuse,  au cours d’une manifestation organisée contre leurs expulsions, un habitant de Faux-la-Montagne a été interpellé par les gendarmes. Il sera jugé ce jeudi 4 octobre au tribunal correctionnel de Guéret pour «violence  sur une personne dépositaire de l’autorité publique» et refus de prélèvement ADN.
À cette occasion, un collectif de soutien invite chacun à venir affirmer son soutien à la personne inculpée et à redire haut et fort : «Non aux expulsions !». Rassemblement devant le tribunal, place Bonnyaud à partir de 11h pour une audience prévue à 15h.

Une marche pour la forêt fait étape en Limousin
Des changements sont à craindre dans la gestion des forêts publiques et de l’ONF. L’intersyndicale des personnels s’inquiète d’une privatisation rampante des forêts au service des lobbies industriels. Elle alerte les citoyens au moyen d’une marche pour la forêt. Elle fera étape en Limousin selon le calendrier suivant :  Laval-de-Cère (46), mairie - Argentat, mairie : le 10 octobre, 23km ; Argentat, mairie - Marcillac-la-Croisille, route des plages : le 11 octobre, 25km ; Marcillac, route des plages - Egletons, mairie : le 12 octobre, 19km ; Egletons, mairie - Meymac, mairie : le 13 octobre, 20km ; Meymac, mairie - Chavanac, mairie : le 14 octobre, 12km ; Chavanac, mairie - Féniers, bourg : le 15 octobre, 17km ; Féniers, bourg - Felletin, mairie :  le 16 octobre, 21km ; Felletin, mairie - Bellegarde-en-Marche, mairie : le 17 octobre, 22km ; Bellegarde-en-Marche, mairie - Mainsat, mairie : le 18 octobre, 18km ; Mainsat, mairie - Evaux-les-Bains, mairie : le 19 octobre, 23km ; Evaux, mairie - Villebret, mairie : le 20 octobre, 20km.
Rens :  https://marche-pour-la-foret.webnode.fr