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Près d'un millier de personnes dans les rues de Brive contre "la logique Macron"

Social

Près d’un millier de personnes ont défilé hier dans les rues de Brive, à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et FSU pour cette première journée d’action interprofessionnelle. Des actions ont également eu lieu à Ussel pour la sauvegarde de l’hôpital et à Tulle devant la gare.

Les salariés du public et du privé, les chômeurs, les étudiants, les retraités se sont mobilisés en Corrèze comme ailleurs ce mardi lors de cette journée d’action nationale. Tous ont exprimé leur ras le bol.
A Tulle, la journée a commencé par une distribution de tracts de la CGT. Les cheminots se sont ensuite rassemblés devant la gare pour protester contre la réduction des horaires* des guichets. La modification annoncée depuis des mois est entrée en vigueur le 1er octobre. «Il n’y a aucune homogénéité sur la semaine», déplore Loïc Coudert délégué CGT. «On ne touche pas les voyageurs qui ont des horaires décalés avec une ouverture qu’à 9 heures le matin en semaine. Or Tulle est une ville administrative». La réduction de l’amplitude est effective aussi les vendredis et samedis jours de grands départs. «On baisse le rideau devant les usagers». La décision de la SNCF est intervenue malgré le moratoire demandé par les élus. Les cheminots CGT ne veulent pas en rester là et prévoient déjà d’autres actions. L’Union Locale de Tulle leur a remis dans la foulée un chèque de solidarité pour soutenir leur lutte.

A Ussel, la défense de l’hôpital public

Au même moment à Ussel, ce sont près de 150 personnes qui se sont rassemblées, à l’appel de la CGT, et suivie par FO, devant le Centre Hospitalier de Haute-Corrèze, lieu hautement symbolique, l’établissement subissant de graves difficultés financières. Défense des services publics de proximité, de l’accès aux soins, de la sécurité sociale, des usagers, des retraités, des salariés : l’hôpital public représente à lui seul un bon nombre de préoccupations énoncées par la CGT. Retraités, agents de la fonction publique hospitalière, territoriale, de l’Energie, cheminots, agents de la fondation Jacques Chirac, quelques jeunes, une demi-poignée d’élus, se sont ensuite rendus devant la mairie et ont exprimé leur ras-le-bol «devant les décisions d’un gouvernement qui s’attache si peu aux besoins de ses citoyens, notamment en milieu rural comme la Haute-Corrèze».
Les problèmes de transport ferroviaire, de concessions des barrages, des retraités qui se voient «pillés par l’Etat», «du mépris des salariés, des chômeurs» mais aussi des jeunes qui pourtant sont «l’Avenir», la perte du pouvoir d’achat... ont été évoqués.
Patrick Courteix, secrétaire  de l’Union Locale CGT Haute-Corrèze, concluait ainsi : «Il faut se battre !!!» avant de partir pour une séance de tractage à la Communauté de communes où les règles, en matière de droit à la formation syndicale, ne seraient pas complètement respectées...

"Contester la politique de Macron"

A Brive, avant le début de la manifestation départementale, un casse croûte était organisé devant la gare. Arborant fièrement un t-shirt portant une étoile rouge estampillée CGT, Geoffrey, un jeune cheminot de 28 ans, travaille depuis trois ans aux ateliers de maintenance de l’EIV Quercy Corrèze.  Ce soudeur déplore la loi Macron : «la disparition des CHSCT et les DP, c’est terrible pour les cheminots. Nous devons contester la politique de Macron qui menace la santé, l’éducation et même l’écologie, lui qui en serait le champion du monde, il serait bon qu’il balaye devant sa porte d’abord !» Comme lui, ils sont une quarantaine à s’être regroupés pour reprendre des forces avant de se lancer dans le cortège. Celui-ci, qui partait de la CCI pour se rendre à l’hôpital, a réuni près d’un miller de manifestants.
Au milieu des drapeaux syndicaux, les militants CGT étaient majoritaires, FO, SUD et FSU constituaient le reste des troupes.  Avec près d’un quart de retraités, force est de constater que la manifestation a été largement dopée par les récentes mesures sur la CSG. Malgré des sourires parfois crispés sur certains visages à l’évocation de «l’épouvantail Macron», l’humour était omniprésent avec des banderoles parfois pleines d’esprit : «Avec Macron, c’est de la thune pour les fortunes, et des millions de soustractions pour les pensions», alors qu’en fond crache un mégaphone «Retraite par point, travail sans fin !». Un petit chien porte sur son dos un écriteau bien inspiré : «Macron emmerde les retraites et mon maître, alors je lui pisse sur les pompes», son maître assume tout à fait : «il en a marre, c’est son droit !». Alors que le cortège est à mi-chemin, un silence inquiétant s’installe, la sono de FO vient de lâcher. Mais quand la musique défaille, les militants s’emparent du micro pour occuper l’espace sonore, au plus grand bonheur de quelques habitants à leur fenêtres qui interpellent les manifestants pour leur témoigner leur soutien.
A l’hôpital, les manifestants investissent le portail d’entrée avant de procéder aux prises de parole. Karine Bielly, secrétaire CGT à  Brive Agglo, ne mache pas ses mots : «Le maire de Brive est notre roi Macron : suppression de postes, départs à la retraites non remplacés, mépris de notre travail, sanctions infligées à certains sans motif pour les faire taire, pressions, intimidations, voilà nos conditions de travail ! Nous, fonctionnaires sommes considérés comme des privilégiés qui coûtent cher à l’état, notre direction se régale sur le personnel. Economie, économie : nous ne représentons que des chiffres. Notre maire qui n’est pas encore roi dit «Je ne veux pas de branleurs à la Ville». Ne laissons pas ces personnes nous mépriser et nous traiter comme ça.»

(*) Du lundi au jeudi de 9h à 12h et de 13h35 à 17h50. Le vendredi de 10h à 12h et de 13h15 à 18h30, le samedi de 9h à 12h et de 13h35 à 17h50, le dimanche de 11h15 à 18h30.