Des chutes d'eau extraordinaires au barrage du Chastang

Energie

Hier après-midi s’est déroulé l’essai annuel des deux évacuateurs de crue du barrage du Chastang. Ils ont été testés chacun leur tour et en même temps pendant quelques minutes sous le regard d’une centaine de personnes et d’écoliers venus en prendre plein les mirettes... 

Le spectacle est rare pour être apprécié à sa juste mesure. Celle de deux évacuateurs de crue crachant environ 300m3 d’eau à la seconde. Des cascades de Gimel puissance x sur fond de béton armé et de Dordogne déchaînée mais maîtrisée ! Pour le plus grand plaisir de la centaine de personnes et d’écoliers venus de Servières-le-Château, l’imposant barrage poids-voûte du Chastang, mis en fonction en 1951, avait programmé hier l’essai annuel d’ouverture des vannes d’évacuation de crue.
«Ce sont des essais réglementaires que l’on doit réaliser tous les ans en charge. Ils sont imposés par la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement NDLR) qui est mandatée par l’Etat pour vérifier comment EDF gère ses aménagements» explique Yannick Chabin, responsable EDF du groupement d’usines du Chastang.

Ouverture des vannes

Le processus d’ouverture et de fermeture des vannes s’est déroulée sans problème technique. Une dizaine d’agents étaient mobilisés pour cet essai grandeur nature. Les boudins d’étanchéité ont été dégonflés et les vannes ouvertes d’une cinquantaine de centimètres, soit 10% de la
capacité d’ouverture de la vanne. Les deux vannes ont été testées pendant une dizaine de minutes à   tour de rôle, soit par chaque évacuateur, 150m3 d’eau débités à la seconde.
Moment rare et impressionnant, pendant quelques minutes les deux évacuateurs ont été testés de concert. La puissance des gerbes d’eau glissant de plusieurs dizaines de mètres de haut ont transfiguré le site en un chaudron magique bouillonnant d’écume. Les chutes et les volutes d’eau
ont formé un magma aqueux protéiforme et évanescent. «Cela représente un volume d’eau négligeable quand on mesure l’ouverture maximum de ces vannes qui sont chacune de 2.000 m3 par seconde» tempérait le responsable d’un site qui emploie 27 agents. Une quinzaine d’agents sont dédiés à l’exploitation de l’ouvrage et l’autre partie à la maintenance : mécaniciens, électriciens.
Au cours de la procédure de configuration de crue, sur les trois turbines, deux ont été actionnées. Le risque de crue sur cette partie de la vallée de la Dordogne reste très limité. Les évacuateurs du barrage du Chastang n’ont que rarement servis. En aval, le barrage du Sablier d’Argentat s’est adapté à ce lâcher d’eau : «C’est un barrage de démodulation. Son rôle est de démoduler les quatre grands barrages qu’on a sur la Dordogne en partant de Bort-les-Orgues : Marèges, l’Aigle et Chastang. Le barrage du Sablier doit assurer un débit constant sur la Dordogne. Il est ajusté en fonction du débit de toute la vallée» détaille Yannick Chabin sur cette gestion en synergie de l’eau.
Le barrage répond à des pointes de consommation de manière souple et réactive. La puissance maximale est de 300 MW. La retenue du barrage, longue de près de trente kilomètres, correspond à un volume de 187 millions de m3.

Serge Hulpusch


Infos +  
Les principales caractéristiques du barrage du Chastang sont :  
- hauteur : 85 m
- longueur de crête : 300 m
- largeur de la crête : 6,50 m
- largeur à la base : 23,60 m
- volume du barrage : 275.000 m3. Le barrage peut se visiter en saison. A l’entrée du barrage, un espace d’information EDF est ouvert au public du mois d’avril à octobre.
 

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