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Ils entretiennent la flamme jaune

Social

Sans débordement en Corrèze, l’acte 8 de la mobilisation des gilets jaunes a vu plusieurs actions samedi et dimanche. A Brive, un collectif de femmes a mené une opération ville propre et dénoncé les violences policières et à Tulle stand, happening dominical au menu.

L’acte VIII des gilets jaunes s’est déroulé dans le calme en Corrèze.
A l’appel d’un collectif de «femmes gilets jaunes», une cinquantaine de manifestants s’étaient donnés rendez-vous sur la zone ouest de Brive  samedi.  Pour la scène 1 de l’acte VIII briviste l’opération avait pour objectif de nettoyer l’«avenue de Bordeaux». C’est donc muni de sacs poubelles  que le cortège a mené sa mission escargot entre les enseignes Auchan et Carrefour :  «Au lendemain des fêtes, nous souhaitions redorer le blason des gilets jaunes» expliquait une organisatrice de la marche. Mais cette action était tout autant une protestation contre l’évacuation de Cana. Les déchets ramassés ont ensuite été déversés sur ce rond-point : «Nous avons été délogés de ce rond-point qui était notre camp de base. Ce n’est pas normal et c’est un moyen de dire notre colère» précise l’une d’elles.
Cette opération portée par des femmes était aussi un moyen de «soutenir nos hommes gilets jaunes qui sont souvent allés à l’affrontement depuis le début du mouvement»... «Nous sommes une des seules régions à ne pas avoir ce mouvement féministe gilets jaunes. Il s’agit de soutenir nos hommes mais aussi de montrer que nous sommes toutes très concernées. Ce sont nous qui voyons les yeux de nos enfants quand nous ne  pouvons pas leur acheter de jouets pour Noël ou leur offrir un repas de fêtes» explique une femme en recherche d’emploi, qui ajoute «J’ai perdu  mon travail suite à un licenciement économique en Bourgogne en avril dernier. Et quand je vois ce qui se trame avec la réforme de l’assurance  chômage je ne peux qu’être en colère».
Pour Linda, ce collectif féminin «décisionnaire mais ouvert aux hommes» est une façon de souligner les problématiques rencontrées par les  femmes et particulièrement sur la différence de salaire selon le genre : «Je suis une maman qui travaille. Mais on a beau travailler, on ne s’en sort plus» constate-t-elle.
Gérard, lui, a 63 ans et participe au mouvement «depuis ses débuts». Il accompagne sa femme et sa fille : «Ma femme a travaillé toute sa vie et  ne touche que 880€/mois. Elle a commencé à travailler à l’âge de 14 ans et des 188 trimestres cotisés seuls 126 ont été validés. Ce n’est pas normal» peste-t-il. «Depuis, les années 90 nous avons perdu entre 15 et 20% de pouvoir d’achat. Je suis issu d’une famille de 7 enfants. Ma mère ne  travaillait pas et pourtant on arrivait à s’en sortir. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Il est urgent de retrouver une justice sociale» plaide-t-il. Du grand débat national ? «Je crains que nous arrivions avec nos doléances et qu’on nous donne une petite tape amicale dans le dos pour ensuite refermer le dossier. Ce qu’il faut maintenant ce sont des actes ».  
L’après-midi, changement de décors et d’accessoires  pour le collectif féminin. Les sacs poubelles étaient abandonnés au profit de maquillages sanguinolents digne d’Halloween «pour dénoncer les violences policières».  Parti de la Guierle, le cortège a défilé dans le centre-ville jusqu’au commissariat puis devant les locaux de la police municipale.
Enfin, une réunion publique inter régionale était organisée en soirée à la salle Chadourne, réunion toutefois interdite à la presse...
A Tulle, les «Gilets jaunes» avaient installé samedi matin deux stands sur les deux marchés de la ville. Sur leurs étals rien à vendre sinon des jouets à donner aux enfants, et pour leurs parents une pétition à signer, celle réclamant la mise en place du référendum  d’initiative citoyenne : le fameux RIC au centre des priorités du mouvement. «Il y a plusieurs étapes mais à un moment donné il faut pouvoir donner la parole aux gens. Le  référendum  d’initiative citoyenne permet de donner la parole. Mais il faut que ce soit mis en place comme il faut, expliqué et encadré. Il ne faut pas que ce soit fait n’importe comment. Le RIC peut être un outil fonctionnel, de dialogue et d’échange» estime Stéphane  Chaminand, porte parole des Gilets jaunes à Tulle.
Il a confirmé la volonté des Gilets jaunes de faire venir le très controversé Etienne Chouard,  le 19 janvier en Corrèze pour parler du RIC.
Hier après-midi, à Tulle, ils étaient encore une soixantaine de Gilets jaunes  à défiler de la gare jusqu’à la préfecture, drapeaux tricolores au vent et aux cris de «Aux armes» et de «Macron démission».
A mi-chemin, ils ont respecté une minute de silence devant le commissariat, avant de repartir tous azimuts, faire une pause devant le TGI et arriver  devant  la préfecture, lieu d’un dernier happening au sol.

Mathieu Andreau et Serge Hulpusch
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