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13:42Le surnom de "Poupou" lui a été donné par un journaliste du quotidien communiste du Centre, di… https://t.co/iG6trKRIOz

Le jaune, éclairant ou aveuglant ?

Social

L’acte IX à Brive n’a pas été du goût de tout le monde. Après un départ groupé depuis la Guierle, le cortège de Gilets Jaunes s’est divisé. Au-delà de la couleur, des idéologies s’affrontent. Le débat Européen reste discret.

Le système n’est pas binaire, ni dichotomique, encore moins manichéen. Même si le noir s’oppose au blanc, dans une même teinte, il y a plusieurs tons...  Les marches de Gilets Jaunes organisées à Brive sont d’ordinaire tranquilles, pacifistes voire poétiques, hyper structurées, déclarées en préfecture. Une voiture de police précédant la tête du cortège. Bon côté du gilet affiché et bonne volonté brandie. La couleur est uniforme. On sait jouer dans la cour républicaine au point d’obtenir pignon sur rue chaque samedi matin sur le célèbre marché de la cité.
Ce samedi 12 janvier, avant le défilé de l’après-midi, un stand fut installé pour la première fois parmi les étals de marchandises. On pouvait y inscrire ses desiderata individuels sur un cahier de doléances qui ira «à qui de droit», acheter un porte-clefs en forme de gilet jaune fait maison, à base de produits chinois ou encore se crêper le chignon, comme dans la célèbre chanson, pour cause d’opinions divergentes.

Des grilles de chantier dans la cour du Palais de Justice

Vers 14h30, une marche de quelque 300 personnes venues de plus ou moins loin a démarré. Une voiture attelée d’une remorque dans laquelle s’est jouée une scène macabre douteuse avec guillotine précédait le convoi. Un son de fête foraine flottait dans l’air, entre sirènes et chansons populaires. Certains galvanisés par une situation qui perdure depuis neuf semaines, venus en «terra incognita», ont improvisé un parcours en s’aventurant au centre-ville, ont brûlé un sapin de Noël devant la mairie et le commissariat, face à une police devenue nerveuse et prête à faire usage de ses armes non létales. Ils forceront ensuite l’entrée de la cour du Palais de justice après y avoir jeté des grilles de chantier. Un cordon de police viendra bloquer l’accès de la rue de l’Hôtel de Ville quand d’autres protégeront le bâtiment public, les policiers en civil venant tempérer les ardeurs des plus effrontés.
Pendant ce temps, les autres, les Gilets Jaunes que l’on décrit comme «exemplaires» s’entretenaient au sujet de ces impromptus indésirables. Ces Gilets Jaunes-là dits de La Guierle et quelques autres de Cana, avaient été reçus en salle du Conseil municipal par Monsieur le Maire le mercredi précédant, sous l’œil attentif d’une caméra en mode Facebook Live. 25 citoyens en âge de voter étaient venus, en force réclamer une parcelle de place publique hebdomadaire à Frédéric Soulier. Ces Gilets Jaunes-là rongeaient leur frein, mécontents du comportement de certains. Ils finiront par décider de créer une association loi 1901 en faisant savoir haut et fort, par voie de presse, qu’ils ne sont pas du même bord. Une presse tour à tour invitée, dédaignée ou informée selon que l’on juge sa présence nécessaire ou non. En somme, rien ne change. Orwell revient, sa ferme, ses animaux.
Lors de «l’acte IX» de cette tragi-comédie contemporaine au canevas éternel, dont l’unité de lieu se situe à Brive et ailleurs, le vernis d’un décorum vite bâti a craqué dévoilant les coulisses d’une fragile cohésion. Mais quand on a dit ça, on a rien dit.
De la poudre de perlimpimpin jaune jetée aux yeux de tous, à l’image du grand débat national annoncé, invoqué pour faire durer l’histoire, de l’huile sur le feu.

Et l’europe dans tout ça ?

Absente ou presque. Les dirigeants ont choisi de confiner le débat pendant trois étroites petites semaines du joli mois de mai ponctué de ponts et de jours fériés, décoré de muguets. Cependant que déjà, dans certaines lignes éditoriales des grands médias ou dans des émissions plus intellectuelles que politiques, des voix suaves interrogent leurs invités sur l’idée d’une «Europe des régions» sensée simplifier le labyrinthe complexe de l’organisation européenne dans lequel le citoyen se perd et pour lequel il n’a que peu d’intérêt.
Pourtant, le Comité des régions, créé en 1992 lors du traité de Maastricht, a tendance à prendre le pas sur le cadre étatique. Le Conseil des ministres comme la Commission Européenne devant le consulter dès qu’il s’agit de décisions concernant les collectivités locales. L’Europe se situe bien dans notre quotidien, elle finance nombres d’actions de territoire. Elle se doit d’être dotée d’un parlement qui légiférera sur des lois socialement justes et non à la solde des financiers.
À quatre mois des élections, c’est la même rengaine : on fait monter la sauce brune, on incrimine ou on ignore les défenseurs d’une gauche réellement sociale pour mieux encourager les votes blancs et l’abstention. Les dividendes du CAC40 continueront ainsi de se partager entre actionnaires, aveuglés que nous étions par tant de jaune...

Sabine Parisot

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