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Le droit de manifester à défendre

Social

La Ligue des Droits de l'Homme de la Corrèze, rejointe par la Fédération de Corrèze de la Libre Pensée et plusieurs syndicats, a organisé samedi matin devant la préfecture à Tulle un rassemblement pour la défense de la liberté de manifestation. Une trentaine de personnes y ont participé et une délégation a été reçue.

Cette mobilisation fait suite au vote de la loi dite «anticasseurs» promulguée le 10 avril. La mesure phare (article 3) permettant au préfet d’interdire de manifester, sans recourir à une décision judiciaire, des personnes considérées  comme une «menace d’une particulière gravité pour l’ordre  public» a été censurée par le Conseil constitutionnel saisi sur cette question par  soixante députés et sénateurs, qui l’estimaient «liberticide».
Le président de la République lui-même avait  saisi les sages pour s’assurer de la constitutionnalité du projet de loi.
«On proteste contre cette loi qui finalement s’attaque à la liberté de manifester. Le Conseil constitutionnel a abrogé une partie de la loi, qui était très  grave mais il y a tout le reste : le fait que l’on puisse fouiller les manifestants, le fait qu’on interdise les gens qui se cachent le visage d’aller  manifester... tous ces éléments-là sont contenus dans la loi. C’est extrêmement dangereux car ça peut saper la capacité à revendiquer, manifester.  La Déclaration des Droits de l’Homme dit bien qu’on ne doit pas être inquiété pour ses opinions et qu’on doit pouvoir manifester et pour exprimer ses opinions, il faut qu’on puisse se regrouper» expliquait Ivan Trime président de la La Fédération corrézienne de la Libre Pensée.
Le Conseil constitutionnel a donc  validé la possibilité offerte aux policiers de procéder à des fouilles de bagages et à des visites de véhicules sur les lieux d’une manifestation  ; la création d’un nouveau délit interdisant aux personnes de «dissimuler volontairement tout ou partie de leur visage  sans motif légitime», aux abords immédiats d’une manifestation «au cours de laquelle des troubles sont commis ou risquent de l’être»  ou  la  possibilité d’interdire de manifester sur la voie publique à une personne soumise à un contrôle judiciaire, quelle qu’en soit la cause.
«On veut garder la liberté de manifester et que cesse la répression de l’Etat contre tout ceux qui manifestent leur colère, leur mécontentement, et qui portent des revendications» abondait Marie-Christine Caquot, secrétaire départementale de FO.
«Le but c’est de décourager, voire même d’empêcher les gens de manifester avec cette partie du texte donnant des pouvoirs au préfet. Elle a été  retoquée mais on sent bien qu’ils veulent la remettre sous une autre forme» s’inquiétait Sylvain Roch, secrétaire départemental de l’UD-CGT 19.
Une délégation a été reçue en audience par le préfet.
«Cette loi reste liberticide et surtout ce qui est dangereux, c’est le pouvoir potentiel de cette loi pour le pouvoir exécutif actuel et aussi les futurs»  pointait Carole Da Rocha, présidente de la section de Brive-Corrèze de la LDH.
Serge Hulpusch